‹ Contribution à l'Étude de l'Influence du Moral sur le PhysiqueChapitre 2 sur 38 · REMARQUES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

REMARQUES PRÉLIMINAIRES

L'homme possède seul une âme faite pour commander à ses organes : il a reçu une capacité d'intelligence qui lui permet de rapprocher ses idées, de les comparer entre elles et d'en tirer des conséquences qui, ellesmêmes, peuvent servir de base à d’autres raisonnements capables de l’élever.

La puissance des opérations intellectuelles et des passions sur les divers organes et sur les diverses fonctions du corps humain est incontestable.

« C’est une chose certaine que le corps s’altère et se change quand l'âme s'émeut et que celle-ci ne fait presque l’action qu'elle ne lui imprime les marques. »

L'influence du calme de l’âme sur le physique est un fait général. Les exemples le confirment chaque jour et tout homme qui sait s’observer en retrouve les preuves en soimême.

Le calme considéré sous le double point de vue physio-

logique et philosophique est l'équilibre résultant des

forces morales et physiques. Il est un balancement doux et harmonieux qui contribue au bonheur de l'homme. « Pour le corps c'est la santé, pour l'âme c'est la vertu, pour l'esprit c'est la raison. » Au-dessus et au-dessous du calme commencent la maladie, la passion, la role. »

Procurer le calme moral c’est déjà quelque chose, c'est la première condition pour rassurer la foi, l'espérance.

La nature semble en effet avoir attaché un sentiment délectable aux émotions qui résultent des vœux que nous formons quand un grand espoir les accompagne.

L'homme, en effet, est le seul des êtres vivants qui soit heureux par ses espérances, qui les pleure quend il les a perdues, il est le seul qui s énivre de joie en songeant aux causes que pourraient réaliser la possession d'un objet désiré. Il suffit qu'il soit probable qu'un bien lui arrive pour que son esprit s'attache à ce bien, pour que son imagination se plaise à embellir tous les avantages qui en proviennent.

Ainsi donc notre àme se complait dans la poursuite du bien. C'est toujours dans l'avenir que nous posons le but de nos jouissances.

L'espérance met en jeu tous les ressorts du système sensible, elle entretient dans le sang une douce et vivifiante chaleur. C'est l'affection la plus favorable à l’équiäbre, À l'harmonie des fonctions humaines.

Elle donne des émotions dont le cœur est avide, parce que l'âme chérit tout ce qui la met agréablement en action. -

L'homme est presque toujours en face du bien quil

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