‹ Contribution à l'Étude de l'Influence du Moral sur le PhysiqueChapitre 3 sur 38 · CT · texte numérisé non relu

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espère ci du mal qu'il redoute. Les sentiments les plus contraires s'entremèêlent, pour ainsi dire, dans son économie morale ; et tous les accidents heureux et malheur reux viennent successivement imprimer leur teinte sur les mouvements de son âme.

L'espérance en la guérison est d'eutant plus grande chez les malades que le médecin leur imprime plus de confiance et d'encouragement.

Ainsi voyons-nous tous les jours des affections graves et rebelles qui doivent en grande partie leur terminaison heureuse à l'espoir qu'on a habilement fait maître, car l'espérance crée l'idée fixe, la concentration mentale.

L'imagination influe sur les espérances. Les hommes les plus grossiers et les plus crédules parlent eux-mêmes des effets de l'imagination sur les divers organes et sur les diverses fonctions du corps vivant, s'ils en sont plus souvent que d’autres les jouets et les victimes, ils savent du moins parfois les observer et les reconnaître chez d'autres.

L'imagination, en effet, ne se borne pas comme la mémoire à tenir registre des impressions reçues, elle les reproduit en les colorant, elle les combine à l'infini, et pour peu que son développement soit hors de proportion avec cclui des autres facultés intellectuelles, elle nous trompe sur la valeur réelle des choses, fausse tout à fait notre jugement, jette notre esprit dans le vaguc et, nous abusant par des craintes ou des espérances chimériques, nous pousse aux actes les plus déraisonnables.

C’est en grossissant, en dénaturant les objets que l’ima-

ep

gination enfante ces terreurs, ces paniques, ou qu'elle fait apparaitre l’effroi dans les esprits faibles et crédules. Ainsi, sous l'influence d'une imagination trop active et qu'on n'aurait pas le soin de régler. les individus se montreraient fort exaltés dans leurs sentiments. Pour des esprits inquiets et méfiants, elle est le plus grand des maux, elle les mine.

L'imagination est souvent la cause des mouvements désordonnés de l’âme, qui sont aussi funestes que ceux du corps.

Mille faits prouvent tous les jours le rôle de l'imaginalion dans nos passions Comme dans nos maladies, car elle influe particulièrement sur les craintes et sur Îes espérances, en augmentant les probabilités des biens et des maux de la vie.

Chez un malade son effet est d'autant plus grand qu'il a plus de, calme dans l'âme, qu'il fait plus d'efforts de la volonté tendue vers l’idée de la guérison suggérée par des impressions psychiques. En orientant les forces intérieures vers la représentation du bien être on facilitera et hâtera le retour à l'état normal, car toute imagination renferme en elle-même un commencement de réalisa-

lion, elie est un commencement d'action.

Après ces remarques, on ne doit pas être surpris que les passions, les émotions et la volonté aient une très

grande influence sur le physique. Elles réunissent toutes

les conditions pour que cette action soit la plus puissante et la plus étendue de toutes. Or, c’est là ce que nous devons entendre par Pinfluence du moral sur le physique.

Nous nous sommes efflorcés de traiter de notre mieux possible un sujet qui par bien des points n’en reste pas moins obscur.

Sa première partie parle des passions en général et se icriniie par quelques passions particulièrement intéressantes.

Dans sa deuxième partie c’est un bref exposé des émotions.

Dans sa troisième partie on trouvera quelques mots sur la volonté.

En terminant ce sujet nous en viendrons à conclure que la médecine morale joue un grand rôle dans les modifications de nos passions, de nos émotions et dans cerlains états maladifs ; ct nous ajouterons que le médecin ae doit pas se contenter d'être un artiste sans âme, habile à faire laire la douleur physique mais qu'il doit

être capable de guérir les souffrances morales.

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