PRONOSTIC
L'opération est grave, puisque chez une malade saignée à blanc et déjà affaiblie par le développement d’une tumeur, on devra pratiquer, au lieu de la simple ablation d’une trompe, une hystérectomie; on ne s’étonnera pas que les décès au cours de l’intervention soient fréquents. De plus, l’opération étant menée avec succès, on pourra toujours voir se développer une récidive ou une métastase pulmonaire ou vulvo-vaginale. Le pronostic, tant immédiat qu’éloigné, est donc assez sombre. C’est ainsi que Creyssel, sur 14 cas, donne 6 morts au cours de l’intervention ou immédiatement après; 5 cas où la mort est survenue en quelques mois, et un seul cas de guérison persistant après plusieurs années, et encore après une récidive guérie par la radiothérapie ; deux opérées avaient été perdues de vue.
Il semble cependant que l’on revienne un peu sur le mauvais pronostic de l’opération du chorio-épithéliome en général. Le professeur Vignes conseille
l'opération dans tous les cas, même s’il existe des
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métastases, car dans plusieurs cas, on aurait constaté le régression de ces dernières après extirpation du foyer initial : « Les guérisons définitives sont assez fréquentes, et ce résultat contraste avec la gravité inexorable du chorio-épithéliome non opéré ».
Or nous avons vu que la perforation pouvait se voir au début du développement de la tumeur et n’était pas spécialement le fait de son extension. D'autre part, il semble qu'il y ait des cas où, comme dans nos deux observations, le noyau néoplasique se développe d'emblée sous-péritonéal. Dans ces cas, l’inondation péritonéale révèlera une tumeur qui, sans sa production, aurait pu évoluer encore longtemps d’une façon silencieuse, et provoquera une intervention immédiate. L'accident dramatique pourra ainsi devenir quelquefois une circonstance relativement favorable en provoquant une opération précoce
du chorio-épithéliome.