RÉFLEXIONS — US HIS ES
Ce qui frappe dans cette bone au c'est tout d’abord
la quantité de gens alcooliques que l’on rencontre du côté
Fire A peine, du côté de la mère, trouve +-on quelques
crises nerveuses, et chez deux cousins des attaques d’épi-
lepsie. Ici, c’est l’alcool qui a fait tout le mal; mais si l’on,
joint à cela la conception pendant l'ivresse, on pourra quand
même trouver suffisamment chargé le bilan héréditaire de
notre malade. Or, comment s’est traduit chez lui l'influence
morbide : par une instabilité mentale des plus nettes, des
plus précises. Ses fugues, ses courses vagabondes se sont
succédées d’une façon presque continue, sans rime ni rai-
son, À l’école, son occupation favorite est d'inventer toutes
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sortes de trucs pour escalader les bancs et battre ses Cana &
rades. En apprentissage, il se montre querelleur, violent, ae
et quitte sa place sans plus se soucier de l'avenir:
Conduit plusieurs fois à la Roquette, il ne s’y est ire SE) mént amende: il est vrai que son séjour à Bicètre. n’a guère Rs
fait mieux, mais il aura du moins Rue de laisser fusil- #
ler un déséquilibré. 4
-Pendant qu'il est à bee on | le voit se livrer à toutes ve sortes d'excès dans l’unique but de ne pas rester à Fe en CRU
et à se faire conduire en cellule. PERS Il vole du tabac, du vin; se grise ; essaie tous les procédés Fe d'évasion; s'amuse à détériorer les conduites de gaz ; parle de faire sauter tout. un bâtiment pour se venger d'un surveillant. Grandi, mür pour entrer dans la vie utile, Altr. est pourtant incapable de se diriger seul dans la bonne voie. Menuisier, terrassier, garçon marchand de vin, infirmier, tout semble Jui plaire, et rien ne peut le fixer. C'est un instable, mais aussi un ‘instable pervers, Car, au régiment, si sa vie antérieure n avait été bien connue, il eut presque | certainement été fusillé. - È ; De cette observation il résulte qu’on ne saurait jamais trop prendre de renseignements sur les antécédents’ héré- FR
ditaires et personnels de certains sujets qui, au premier
abord, ne présentent rien de particulier, qu’en toute conscience on croit devoir proclamer entiérement responsables ‘et qui, tout bien examinés, épluchés pour ainsi dire, se trouvent être des irresponsables au plus haut titre. Que faire de ces gens, me direz-vous? Mais ne pas les délaisser : et, sans se décourager, tächer toujours de les ramener dans la bonne voie; la loi doit les prendre sous sa protection et ne pas les abandonner, pour n’avoir pas bientôt à les punir.
- Grand’ l'Hêre paternelle rhumatisante. EN ; USE Pate oran — Un oncle absinthique. — ; ee pare ne à , rer — Une tante maternelle avec. ae sr à — Pas: de > ee THE se pe . uin PAU Rel
VE Atnene au lait de chèvre. — Début de FA Lit : deux ans PORT . DE trois mois. — Parole difficile. — - Accidents serofuleux. - — Variole PRET
7 1869, ost entré à Bicétré le 2 mars 1881 (service de M. le
| docteur Bourneville). tt s
Te “Les renseignements qui Peu rent ont été fournis par 1 Se père du malade le 21 mars 1881. | :
| Antécédents héréditaires : Le père a 35 ans, son aspect | ve d’un tuberculeux. Il exerce le métier de tourneur
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sur métaux, C’est un médiocre fumeur, n'ayant jamais fait
d’excès de boissons. Il a parfois dés douleurs de tête, mais
pas de migraines, de dermatoses, d’antécédents vénériens.
Pas non plus d'accidents nerveux.
La grand'mère paternelle est rhumatisante, impotente.
Des deux frères du père, l’un est bien portant, l’autre est. est mort absinthique. Cinq sœurs sont toutes mortes. Pas d'épileptiques, pas de paralytiques, pas de difformes, pas
de suicidés, pas de criminels dans la famille du père. LA
La mère est morte en 1875, à 85 ans, de la phtisie. Ja-
mais elle n’eut d'attaques de nerfs ni de migraines. La famille de la mère ne présente rien de particulier, à part une sœur qui a les pieds bots, mais dont les enfants ne sont pas
atteints par cette infirmité, Il faut dire qu'on ne connaît .
cette famille qu'imparfaitement. Le
Pas de consanguinité entre le père etla mère de notre malade. Trois enfants sont issus de leur mariage : 1° notre malade ; 2° un garçon mort à un an d’une fluxion de poitrine ; 8° un garçon né avant terme, à huit mois, bien conformé, mais mort aussitôt.
Antécédents personnels : L'accouchement fut facile lorsque notre malade vint au monde. La grossesse avait été bonne en tous points. L'enfant était bien portant, L’allaitement se fit au lait de chèvre coupé d’eau. Vers dix-huit mois seulement l'enfant commença à zézayer, et il ne commença à marcher qu'à deux ans ct trois mois. Longtempsilurinaaulitetsouilla ses culottes, On le mit à l’école en Belgique, mais il n'allait là que par intermittences, passant tous ses étés à garder des vaches. Il eut des croûtes abondantes dans la tête, une légère ophtalmie, des engelures fréquentes aux mains. Non
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vacciné, il eut à 18 mois une variole grave, mais n'eut pas pas d’autres fiêvres, ni de convulsions.
Amené à Paris, en septembre 1880, on l'envoie à l’école : il s’en évade très fréquemment ct perd ses livres à tous moments. Dans les premiers temps, il disait qu'il voulait re- ‘tourner en Belgique d’où on avait été pourtant obligé de le
renvoyer à cause de ses habitudes de vagabondages. Le
maire de sa commune menaçait de le faire enfermer, Les instituteurs congréganistes et laiques n’en voulurent bientôt plus entendre parler, prétextant qu'il était un élément
— de désordre incorrigible. Alors il resta chez son père qui
“essaya en vain de lui apprendre à lire. Non content d’être
indocile et désobéissant, il recommença la série de ses cscapades. Plusieurs fois il fut arrêté et conduit au dépôt.
. Deux fois de suite il vola le porte-monnaie de ses parents ; une autre fois il s’ empara de celui d’un homme qui était
ivre. À la préfecture où on le ména, il déclara qu'il n'avait : plus de parents, si bien que lorsque son père vint pour le
réclamer, on le prit pour un imposteur. Une autre fois il vola le porte- monnaie de sa grand’mère alors qu'elle était au lit, Comme celle- ci appelait à à Faide, il se mit à la frapper en lui criant qu il était inutile d'appeler puisque per-
sonne ne pouvait l'entendre. On l'enferma pendant de
jours à la petite Roquette pour le punir.
Il s’est un jour donné une indigestion avec du chocolat qu il était allé demandé à crédit au nom de sa belle-mère ; on le ramena à la maison croyant qu’il avait eu un accès : mais jamais il n’a eu de crises nerveuses, Un autre jour il met le feu chez lui à de l’ouate, et se sauve.
Insolent, grossier, gourmand, il avalait volontiers de vin
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pur. Jamais il ne e jouait. avec les te enfants ; 1l préférait | la solitude; on n’a cependant pas constaté d’ onanisme, Plus (2. Œ une fois il simula les accès d’épilepsie. : re
‘ Son sommeil est bon, sans cauchemars. Il fait le ee À le soir; mais cela ne l’a pas empêché d'aller parfois coucher | dans des caves. Un soir on l’a trouvé dans une cave, vêtu de loques, et couché à côté de deux marchands d’éponges : : légèrement en ribotte. Mars Re
Après toutes ces fredaines, on allait le caser dans une Êe maison de correction, lorsque M. le docteur Sandras inter À vint, disant que c'était Bicètre qu'il lui fallait.
Il paraît qu’un jour, en 1880, il est tombé sur la tête, d'un grenier, situé au-dessus du rez de-chaussée. |
A peine entré à Bicôtre, l'enfant tombe malade. Il est isolé le 22 mars 1881 pour. une ‘angine diphtérique dont il n’est complètement remis que vers le 5 avril. Pendant les mois de juin et juillet il va à l’école avec quelque profit. Le 7 septembre il entre à l’infirmerie pour la scarlatine et en sort au bout de sept semaines. En décembre il reprend ses cours et obtient de bonnes notes,
Le 13 mars 188£, on le traite pour une pen ciliaire ancienne et une kérato: conjonctivite. En juin nous relevons sur ses notes d'école qu’il est grossier et gourmand, qu'il a gardé ses habitudes de kleptomanie et qu’il vole sans cesse de menus objets.
Le 30 juin il entre à l’infirmerie, se plaignant d’un point de côté violent sous l'omoplate droite. On constata au bout de quelques jours les symptômes classiques d’une pneumonie. Il ne sort de l’infirmerie que le 21 août, mais complètepen guéri,
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En 1883, il suit régulièrement les exercices de sa classe et est considéré comme un assez bon élève.
"ù Le 11 août, il vole 2 francs à un camarade ; à tous mo- | ments on trouve sur lui du tabac.
Le 13 décembre, on commet un vol de 27 francs au préjudice d’une veilleuse : c’est encore Yg..., le coupable. - En 1884, la puberté commence à s'établir chez notre malade. On est content de lui aussi bien aux ateliers qu’à l'école ; les progrès s’accentuent. M:
En 1885. Même état. Pas d'inconduite. Bonnes notes de See et d'ateliers. |
En 1886, un fin duvet commence à dessiner ses mous- - hu: ; au menton on voit une dizaine de longs poils. Les poils sont noirs et assez abondants à la partie inférieure du pénis et à la racine des bourses. Les bourses sont glabres
demi-pendantes. Les testicules sont égaux et de la grosseur
d’un œuf de pigeon. La verge est bien développée; longueur, 93 millimètres; circonférence, 88 millimètres. Les poils sont abondants sous les aisselles et dans le sillon interfessier. | à Pendant le courant de juillet, Yg... s’évade de Bicêtre : avec un camarade et vient se présenter à un commissariat de police, demandant à se faire examiner. « Ils sont, disent: ils, enfermés comme fous à Bicêtre et c’est là un abus dont ils ont beaucoup à souffrir. »
La préfecture de police les fait reconduire aussitôt à l’hospice. |
A la fin de 1886, nous relevons la note suivante venant du maître menuisier : « Bon ouvrier, rend de grands ser-
vices à l’atelier en enseignant ses camarades. »