CHAPITRE V
Action
Dans ce chapitre, nous nous proposons d'étudier dans ses grandes lignes l’action de l'Insuline chez l'animal et chez l’homme et nous terminerons en disant seulement quelques mots du mode d'action proprement dit de l'insuline, car celui-ci est encore à peu près inconnu.
Expérimentalement sur les animaux, l'Insuline produit des effets excessivement intéressants qu'on peut résumer ainsi:
L’injection sous-cutanée d'insuline abaisse le taux de glycémie du lapin à jeun.
Elle s’oppose aussi à l'apparition de l’hyperglycémie artificiellement provoquée par la piqûre du plancher du quatrième ventricule, par asphyxie mécanique ou par injection d’adrénaline.
Elle relève le taux du glycogène hépatique, augmente le quotient respiratoire et abaisse la teneur en graisses du foie du chien diabétique, qui tombe en deux jours de 12 à 5 0/0.
ur:
Elle active encore la consommation du sucre d’un cœur isolé de lapin.
Mais c'est une substance très active qui produit très vite chez les animaux des accidents graves, des convulsions et la mort.
Voyons maintenant l’action que l'Insuline exerce chez l’homme diabétique.
Elle diminue la glycosurie et abaisse le taux de la glycémie. Cet abaissement commence une heure après l'injection et atteint son maximum quatre à six heures après.
Elle augmente la tolérance de l'organisme pour les hydrates de carbone, sans augmenter parallèlement la glycosurie.
Certains auteurs ont dit (Macleod) que la réserve du foie en glycogène augmentait et que le quotient respiratoire s'élevait.
L'Insuline amène la diminution et quelquefois même la disparition des corps acétoniques à la condition d'emplover des doses moyennes, tandis qu’au contraire, fait paradoxal, les doses fortes peuvent faire apparaitre lacétonurie.
La plupart des auteurs se contentent pour juger de l’atténuation de l’acidose, des réactions colorées concernant l’acidose et l'acide diacétique. Or celles-ci sont tout à fait insuffisantes (Rathery), de même d’ailleurs que le seul dosage de l’acétone et de l’acide diacétique ; or, pour se rendre compte exactement de la diminution de l'acidose, il faut doser encore l'acide cétogène (8 oxybutyrique), dosage difficile et délicat. Il n’est pas dou-
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teux que si un certain nombre d'auteurs avaient pratiqué ces dosages complets, ils auraient émis des conelusions très différentes de celles qu'ils ont apporté.
L’Insuline amène le rétablissement de léquilibre azoté, ce qui n’est qu'un effet de la plus grande tolérance pour les hydrates de carbone.
Elle agit encore sur le parasympathique en injection intraveincuse. Elle amène une hypertonice du vague qui n’est pas influencée par les injections de glucose.
Elle diminue l'hypercholestérinémie des sujets diabétiques gravement atteints.
Enfin, sous l'influence de l'Insuline, on constate une amélioration de l’état général très nette avec augmentation de poids, sensation de bien-être, diminution d'intensité des principaux signes de la maladie (Polyphagie, polydipsie, pelyurie).
Cela tient certainement à un rétablissement de la nutrition. « L'Insuline, dit Blum, rend à l'organisme diabétique, pour un temps limité, la capacité d'utiliser le sucre ».
Fait capital, tous ces effets de l'Insuline sont passagers et cessent rapidement.
On a dit (Chabanier) qu'à la suite de l'interruption du traitement par l'insuline, le taux du sucre sanguin et du sucre urinaire ne remontait pas de plusieurs jours au taux primitif, et il en sérait de même pour la tolérance des hydrocarbonés qui resterait pendant quelque temps supérieure à ce qu’elle était. On à même parlé de guérison, et certains auteurs prétendent qu'à la suite d’un long traitement par l'Insuline le pancréas peut récupérer ses fonctions normales,