‹ Contribution à l'Étude de l'Insuline dans le traitement du Coma et du Précoma diabétiquesChapitre 16 sur 50 · NE LE · texte numérisé non relu

NE LE

sécrétion interne du pancréas est détruite par les ferments digestifs (pepsine et trypsine).

On l’a encore employée en injection rectale et en suppositoires (M. Labbé) mais on à eu bien peu de résultats.

Au point de vue des doses à employer, nous distinguerons les deux cas qui nous intéressent et dont les doses varient pour chacun d’eux.

Dans le précoma, on injectera d'emblée 20 à 40 unités, puis on administrera toutes les 3 heures de 10 à 20 unités en se guidant bien entendu sur l’évolution des signes «cliniques et les résultats des analyses répétées.

Le traitement du coma, naturellement, doit être encore plus énergique, puisque l’intoxication de lorganisme est encore plus complète.

Plusieurs méthodes sont préconisées dans ce cas : JosLix conseille d'injecter 10 unités par heure pendant 4 heures et, dans certains €as, il convient de renouveler la même dose pendant les 4 heures suivantes ; mais à partir de 60 unités cet auteur recommande une grande prudence.

ALLEN préconise l'injection immédiate de 25 unités intraveineuses et de 25 à 50 unités sous cutanées. Puis toutes les 2 ou 3 heures, on fait des doses variables suivant les cas, en se basant toujours sur le taux de la glycémie et de la glycosurie.

Allen conseille d’ailleurs de ne jamais faire moins de 100 unités le premier jour. Il est même monté jusqu'à 485 unités.

IR ee

CHEINISSE recommande d'injecter dans les veines 40 à 60 unités et de faire aussitôt après une injection de solution glucosée (40 à 60 gr. de glucose pour 120 à 300 ce. d’eau distillée), injection qui doit être pratiquée très doucement, le débit ne dépassant pas 10 ce. par minute. La même dose ou, s’il y à amélioration, une dose moindre d'Insuline et de glucose, doit être injectée au bout de 3 ou # heures et le traitement est ainsi continué jusqu’à disparition de l’état comateux.

Tous les chiffres que nous venons d'indiquer sont bien entendu des chiffres moyens. En réalité, la dose optima qu’il faut injecter ne peut être fixée d'avance. Elle dépend surtout du degré de la glycosurie, de la glycémie et de l’acétonurie, constaté avant tout traitement et après quelques piqûres. Si, dès les premières injections, la chute de la glycémie, de lacétonurie et de la glycosurie est forte et si l’état général est meilleur, on pourra se contenter dutiliser des doses moindres. Si la chute est au contraire faible, les doses seront encore augmentées jusqu’à ce qu’on obtienne une chute satisfaisante. C’est dire que le traitement par l’Insuline doit être minutieusement contrôlé et ne saurait rien avoir de mécanique.

Pour éviter les accidents d'hypoglycémie brusque, qui peuvent se produire quelquefois après l’administration de l’'Insuline, il est recommandé de donner au malade en ingestion ou en piqûre du glucose, sous forme de jus d'orange ou de sérum glucosé. On donne habituellement au moins 10 gr. de jus d'orange chez les malades qui peuvent boire ou 1 gr. de glucose en injection par unité d’Insuline. Ainsi, il y a toujours dans l'organisme une provision suffisante d’hydrates

Crop

de carbone pour combattre la chute de glycemie éventuelle.

Cette addition automatique d'hydrates de carbone, comme mesure de précaution contre les accidents possibles, marque la preuve de lincertitude de la posologie.

Or, dans les cas très graves, cette addition d’'Hydrocarbonés constitue une surcharge fonctionnelle inutile et même nuisible pour l’organisme très déficient du malade (Blum). Aussi les injections de sérum glucosé deviennent d’une indication discutable dans le coma. Leur action peut du reste très bien s’expliquer comme celle des injections de sérum physiologique ou de solution phosphatée, qui agissent seulement sur le tonus de l'appareil circulatoire souvent défaillant chez de tels malades.

L'emploi des fortes doses de bicarbonate de soude, au contraire, ne mérite pas le discrédit dans lequel ce médicament est tombé actuellement, et c’est une excellente association que d'employer les deux thérapeutiques alcaline et opothérapique simultanément,

Il suffit d’atténuer l’action du sodium par l’addition de sels de potassium et de calcium pour supprimer certains inconvénients des sels de soude. On donnera done 20 à 30 gr. de bicarbonate par la bouche.

Le contrôle du traitement peut se faire uniquement par l’examen des urines recueillies par fractionnements. La détermination de la glycémie n’est nécessaire qu'au début du traitement pour éliminer l’hypothèse d’un diabète rénal ou de certaines formes de diabète

af Pl

mixte avec glycémie normale ou peu élevée et acidose forte.

Enfin, il ne faut pas se borner à donner aux malades précomateux ou comateux de l’Insuline, du sucre et du bicarbonate de soude ; mais encore il faut employer le traitement concomitant qui garde toute son importance.

Il faut donner des boissons chaudes et des lavements ; il faut faire des lavages d’estomac, il faut donner des tonicardiaques (digitale, caféine, huile camphrée etc...) pour éviter au maximum que le malade sorti de son coma ne succombe à des accidents cardiaques.

Il faut enfin mettre le malade au régime dès qu’on recommence à l’alimenter en équilibrant soigneusement l’Insuline et les aliments.

Page 1