OBSERVATION XIV
Coma complet : Mort
(P. MaurraAc, F. PrÉCHAUD, AUBERTIN et SERVANTIE)
Mme X.., femme de 55 ans. Entre à l'hôpital Saint- André, le 4 septembre 1923, avec une gangrène humide du pied droit. Dans la journée, peu à peu, s’installe un coma qui devient complet vers 10 heures du soir, avec grosse dyspnée et refroidissement progressif. On tente à ce moment un traitement intensif par l'insuline.
A 11 heures du soir, glycémie de 3 gr. 72; glycosurie de 39 gr. et grosse acétonurie.
On injecte 3 ec. d'insuline dans les veines et 3 cc. sous la peau. On injecte en même temps 50 gr. de glucose dans la circulation.
A 2 heures du matin, glycémie: 3 gr. 63; glycosurie: 32 gr. 50; acétonurie nettement diminuée.
La malade est toujours dans le coma complet. On injecte alors 4 ce. d'insuline dans les veines et 4 cc. sous la peau. Glycose intraveineuse 50 gr.
A 6 heures du matin, le coma est toujours aussi profond.
Glycémie: 3 gr. 62; glycosurie: 39 gr.; acétonurie revenue au taux primitif.
On injecte à nouveau 4 cc. d'insuline intraveineuse et 4 ce. sous la peau. Glycose intraveineuse : 50 gr.
Os
À 9 heures du matin, la malade paraît s’éveiller un peu. Le coma paraît moins profond. Cependant:
Glycémie: 3 gr. 55; glycosurie: 39 gr.; acétonurie toujours considérable. On fait alors 4 ce. d'insuline dont 2 sous-cutanés et 2 intraveineux et on injecte en même temps 50 gr. de glycose.
A midi, la malade meurt. On lui avait fait, depuis 11 heures du soir, soit en treize heures, 26 ce. d'insuline dont 13 par voie intraveineuse et 13 par voie sous-cutanée; en même temps, on avait injecté dans la circulation, en 4 fois, 200 gr. de glucose.