CONCLUSIONS
1° L'indication d'intervenir d'urgence dans les cas d'inondation péritonéale vraie par rupture de grossesse tubaire est encore très discutée. Deux théories s'opposent et préconisent :
a) L'intervention d'urgence, très précoce, sinon immédiate.
b) L'intervention retardée.
2° Ces divergences de vues sur la conduite à tenir s'expliquent par les raisons suivantes
a) Les discussions semblent avoir porté sur des cas fort dissemblables et les auteurs paraissent avoir confondu fréquemment l'inondation péritonéale vraie, c’est-à-dire lhémorragie « cataclysmique » avec la rupture tubaire devant aboutir à l’hématocèle. Dès le début des accidents de rupture le tableau clinique est cependant différent. L'hématocèle ressemble plus à du shock péritonéal, l'inondation péritonéale réalise avant tout le syndrome d'hémorragie interne grave
b) D'autre part la thérapeutique mise en œuvre varie avec la tendance individuelle des opérateurs. Chaque chi. rurgien fort « des séries » de cas heureux où malheureux qu'il a observées, base d’après elles sa règle habi-
tuelle de conduite.
ps
3° Les accidents aigüs d'inondation péritonéale vraie (relativement rares) doivent se juger en deux ou trois heures au plus d'observation attentive et une décision opératoire doit être prise dans ce délai. L'étude soigneuse et renouvelée du pouls est un élément essentiel d'appré-
ciation.
4° L'inondation péritonéale est justiciable tout d'abord, et en toutes circonstances, d’un traitement médical strict, « d’attente » mais de très courte durée, puis de l’intervention non précipitée mais très précoce dans les heures et non dans les jours qui suivent le début des accidents.
5° Cette indication opératoire est justifiée par les raisons suivantes :
a) L’hémorragie est massive, sans tendance à l'arrêt spontané.
b) L'état de shock tient surtout dans ce cas à la perte sanguine elle-même plus qu'à un mécanisme réflexe et ne contre-indique pas l'intervention.
c) Les résultats opératoires favorables de malades opérées à la phase aiguë d'un ictus abdominal démontrent que la crainte d'ajouter un shock opératoire au c.Ilapsus
déjà existant ne justifie pas l’abstention.
6° La théorie de l'intervention retardée est donc inapplicable aux accidents aigüs de rupture tubaire. Les cas qui permettent d'attendre plusieurs jours sont dûs à des hématocèles et non à des inondations péritonéales. La quantité de sang trouvée lors de l'intervention est relativement faible. Le début dramatique tient plus au shock