ALIMENTATION. — DURÉE DE L'INTUBATION
Etat de l'intubé. — L'enfant intubé, le calme succède pour ainsi dire instantanément à l'orage. C’est le bien-être qu'on constate chez le trachéotomisé, aussi intense, aussi rapide.
La respiration, d'angoissée qu'elle était, devient douceet facile ; l’air pénètre à flot dans les poumons avides, l’hématose se fait et la cyanose du visage et des lèvres disparait comme par enchantement.
L'enfant soulagé s'endort presque aussitôt et rien, si ce n'étaient les ràles laryngés produits par les mucosités bronchiques en passant dans le tube et que chasse une petite quinte de toux métallique,
— 29 — rien ne distinguerait l’intubé de l'enfant à l’état normal.
Les choses continuent ainsi si le croup est bénin et si l'enfant doit guérir. L'enfant joue, s'amuse, cause à voix basse sans plus songer à son tube que s’il n'existait pas.
Dans les croups graves la scène change; l’enfant n’éprouve plus le même bien-être; il reste pâle, triste, indifférent. L’infection déjà avancée fait encore des progrès et les complications pulmos’ajoutant trop souvent, le petit malade estemporté en quelques jours par la dyspnée bronchique sinon par l'infection. |
Mais même dans ces cas infectieux le tube ne cesse pas de remplir son rôle et maintient à l’air une voie toujours ouverle au niveau du larynx.
Soins consécutifs. — Comparés à ceux qu'exige un enfant trachéotomisé, ils sont pour ainsi dire nuls. Non seulement l'intubé ne demande pas la présence assidue d’un médecin, mais une personne moindrement intelligente peut satisfaire à ses besoins. L'enfant intubé rentre aussitôt dans la catégorie des autres malades et n’exige ni plus ni moins de soins.
La sérothérapie, pas n’est besoin de le dire, sera rigoureusement appliquée. Les complications autant que possible seront prévues et soignées.
On se trouvera bien aussi de faire dans la chambre du petit malade des vaporisations fré-
— 30 — ; quentes afin de prévenir les encrassements problématiques du tube par dessèchement des mucosités.
De grands lavages de la boucheet du nez,en débarrassant ceux-ci des mucosités et des fausses membranes à moitié détachées, rendront de véritables services, nous en dirons autant des grogs administrès de temps en temps, surtout le premier jour de l’intubation.
Alimentation. — Pour alimenter l'enfant on tiendra compte de son âge et de son appétit. Lui donner ce qu'il accepte le mieux, telle doit être la règle de conduite. Nul aliment n’est prohibé ; mais le lait doit cependant rester l'aliment préféré, comme introduisant le moins de toxine dans un organisme déjà par trop infecté et dont les reins peuvent être touchés.
Les œufs, les légumes, les Ho GiLeé les panades, les crèmes, etc., rendront lour à tour des services. C'est au médecin traitant à savoir s’en servir suivant les milieux et suivant les circonstances pour le plus grand bien de son petit malade.
Durée de l'intubation. — Elle n’a rien de fixe et varie avec chaque enfant. Cependant le sérum a abrégé considérablement le temps de l'intubation qui, de cinq et six jours, est tombé àtdeux.et trois Jours.
En se basant sur ce fait que chez les ‘enfants
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traités par le sérum, les fausses membranes tombent en dériquescence au bout de 48 heures, on pourrait penser que le larynx est devenu perméable après ce laps de temps. La chose est peutêtre vraie mais cependant il vaut mieux attendre que la température soit en défervescence ou même tombée.
Ordinairement on essayera d’eniever le tube vers le quatrième jour et autant que possible on le fera le matin afin de pouvoir surveiller l'enfant plus facilement.
Il peut se faire que l'enfant aussitôt privé de son tube soit pris de spasme laryngé et qu’une intervention d'urgence soit nécessaire. Il faut s’y attendre et être toujours prêt à remettre le tube.
Chez quelques enfants, ces spasmes se renouvellent à chaque tentative de désintubation; c’est là un inconvénient sans trop de gravité et qu'on fait cesser par l’administration d’un peu de bromure.