OBSERVATION XVII
Enfant de 3 ans entré le 2 avril 1895.
Malade depuis 8 jours, cet enfant est assez vigoureux. Quelquesp oints blanchâtres sur l'amygdale gauche. Toux croupale, voix éteinte.
Dyspnée légère.
Injection de 20 centimètres cubes de sérum Roux. Température de 38 monte à 38° 5 après l'injection.
3 avril. Dyspnée a légèrement augmenté. Température 38° 2 | Nouvelle te de 15centimtères bot de sérum.
Dans la soirée le tirage apparaît et devient bientôt intense au point de nécessiter de l’intubation.
Soulagement immédiat.
Légère éruption scarlatiniforme. Température 38° 7
4 avril. Enfant expulse son tube dans la matinée et la respiration reste suffisante pour ne pas nécessiter de nouvelle intubation. Température 37° 5.
5 avril. Eruption a pli beaucoup. Etat satisfaisant, Fausses membranes ont disparu de l'amygdale.
6 avril. Amélioration continue et le 9 awril l'enfant sort en bonne santé.
Dix-sept observations, tel est le bilan de notre observation personnelle que nous eussions voulu plus longue. Sur ces dix-sept enfants cinq ont été traités par le sérum Berhing où Roux, et ont donné trois guérisons, ce qui fait 60 0/0. — Douze ont été
ie traités simplement par l’inlubation et ont donné quatre guérisons, 33 0/0.
Ces chiffres rentrent dans la moyenne des statistiques publiées et nous avons été bien heureux de . les atteindre vu les défeetuosités de notre organisation. |
Nous n’avions,eneffet, à notre disposilion qu'une toute petite salle de quatre lits où nous étions obligé de mettre pêle-mêle les diphléries simples et associées, les enfants avec ou sans complications pulmonaires.
Tout isolement élant impossible nous sommes intimement persuadé que plusieurs de nos enfants ont succombé à des complications pulmonaires contractées dans le service.
Nous ajouterons à cela que nous avons eu affaire à des diphtéries graves: et quelques-uns de nos. enfants ont même succombé en moins de 24 heures après leur entrée dans le service.
En lisant nos observations, ce qui frappe tout d’abord c’est le grand nombre des expulsions du tube et le petit nombre d'accidents qui en sont résultés. Nous n'avons eu qu’une seule mort à déplorer chez un enfant alteint de paralysie des cordes vocales. |
L'expulsion fréquente du tube est due à ce que n’ayant qu'une série de tube nous avons élé souvent obligé de mettre à des enfants des tubes qui ne convenaient ni à leur âge ni à leur degré de développement. — Il faut dire aussi que nos tubes,
quoique étant ceux d'O’Dwyer, n'étaient bas du dernier modèle.
On remarquera aussi que chez plusieurs enfants nous avons trouvé, à l’autopsie, des iubes de fausses membranes épaisses qui, partant du larynx, tapissaient toute la trachée et jamais nous n'avons constalé de refoulement, et pourtant le tube a été mis et remis plusieurs fois chez quelques-uns de ces enfants. C'est là un fait-très intéressant et très rassurant tout à la fois.
Nous ajoulerons à ces quelques remarques que nous n'avons pas rencontré de difficultés extraordinaires d'alimentation : tous nos enfants se sont nourris d’une manière satisfaisante.
Nous n'avons pas constaté non plus d’obstruction du tube par les fausses membranes, el à chaque fois que celui-ci a été retiré ou expulsé nous avons trouvé sa lumière libre. Une fois seulement nous avons trouvé, chez l'enfant qui fait l’objet de l’observation XI, des mucosités visqueuses qui rétrécissaient la lumière du tube sans l’obstruer.
- 1] nous est arrivé quelque fois de voir l’inlubation ne pas donner d'amélioration sensible ou la dyspnée survenir chez un enfant intubé, mais alors nous avions affaire à des dyspnées bronchiques plus qu’à un obstacle laryngé et, dans ces cas, la trachéotomie a élé aussi impuissante, comme le prouvent les observations IH et IE.