INTRODUCTION
En 1858, Bouchut eut l'honneur de mettre l’intubalion au jour; mais trop faible pour lutter contre la trachéotomie alors à son apogée, elle disparut bientôt et pour longtemps.
Reprise en 1881 par l'américain O’Dwyer, elle résista plus vaillamment aux attaques dont elle ne manqua pas d’être l'objet et se perfeclionna dans la lutte.
Mieux outillée, l’intubation entre les mains d'O’Dwyer donna rapidement de bons résultats, et celui-ci d’ailleurs ne resta pas longtemps seul.
Autour de lui se groupèrent de nombreux élèves et de zélés collaborateurs qui travaillèrent au triomphe de sa méthode. Peu à peu les faits s’affirmèrent plus nombreux, indéniables, et les adversaires de l’intubation séduits à leur tour, se firent de jour en jour moins nombreux.
Ému des résullats que donnait le nouveau pro-
ENG TES ; cédé, on voulut aussi, quelques années plus tard, l'essayer en Europe, et en 1888, M. le docteur Jacques, de Marseille, relatait dans sa thèse inaugurale douze cas de croup traités par l’intubation avec deux guérisons. C’élait trop peu pour entraîner là conviction et si quelques essais furent faits à Paris, ils furent de courte durée et pour longtemps la méthode Bouchut-0’Dwyer resta cantonnée à Marseille où elle continua d’ailleurs à guérir les petits malades.
En 1892, M. Ferroud, qui avait déjà pratiqué l’intubation à Saint-Étienne, inaugurait le nouveau procédé à Lyon.et à la même époque M. Bonain essayait le tubage à Brest.
Leur exemple ne fut guère suivi et la trachéotomie conserva en France toutes les faveurs, tandis que dans le reste de l’Europe elle perdait chaque Jour ses défenseurs.
Enfin la sérothérapie vint donner aux esprit chercheurs une nouvelle impulsion et, en diminuant la durée du traitement, elle apporta en faveur de l’intubation un sérieux argument.
Ce fut alors seulement que M. Moizard. à Trousseau, et M. Lebreton, aux Enfants malades, ouvrirent à l’intubation les portes des hôpitaux de la capitale.
Ce furent d’abord des essais timides, et pendant. quelques temps l’intubation et la trachéotomie se partagèrent les cas de croup. Maïs bientôt, enhardi par lesuccès elausstplus habitué à la méthode, on
Les 1; 80 fit de l’intubation. pour ainsi dire, unique intervenlion dans le eroup et la trachéolomie dut se contenter des cas rares que le hasard ou le malheur voulut bien lui accorder.
À Rennes, la nouvelle méthode nous était déjà familière ; car depuis le mois de Juillet 1894 nous avions fait de l’intubation le traitement systématique de tous nos croups, et, pendant notre troisièmeannéed'internat.le procédé Bouchut-0'Dwyer a fait l’objet de nos études de prédilection : de là cette thèse inaugurale.
Laissant de côté la partie historique de la question, très bien étudiée dans les thèses de M. Jacques et dans celle de M. Ferroud, nous nous attacherons à la description des instruments et aux modifications qu'on leur a fait subir, au procédé opératoire, aux accidents et complications de la méthode et, après avoir relalé nos quelques observations et établi les indications et contre-indications de l’intubation, nous terminerons ce modeste travail par un parallèle entre la trachéotomie et l’intubation et par un aperçu de l’intubation dans la clientèle.
En ce faisant, nous espérons contribuer, pour notre faible part au triomphe de l'intubation et, bien heureux serions-nous, s’il nous était donné de faire à la nouvelle méthode quelques adeptes et d’arracher ainsi à la mort des enfants qui ne demandent qu'à vivre.
Mais, avant d’entrer dans notre sujet, qu’il nous
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soit permis d'adresser à nos maitres, MM. les professeurs de l’École de Rennes, nos remerciements et nos hommages. à
Que M. le professeur Delacour, Directeur de l'École dé Rennes, le maître aimé, dont nous avons eu l'honneur d’être l’interne pendant deux semestres, veuille bien croire à notre sincère gratitude. C'est grâce à ses encouragements et à ses conseils que nous avons pu faire triompher à Rennes l’intubation au milieu de l'indifférence
générale : à lui en revient tout l'honneur.
M. le professeur Aubrée, notre maître en chirurgie, n’a pas cessé, pendant les deux semestres que nous avons eu l'honneur de passer dans son service comme interne, de nous témoigner les marques de la plus grande bienveil lance ; aussi sommes-nous heureux de l’assurer de notre profonde reconnaissan:e.
Nous n'avons garde d’oublier M. le professeur Regnault, notre premier maître dans les hôpitaux, et nous ne saurions trop le remercier de l'intérêt qu’il n’a cessé de nous porter.
MM. les docteurs Bertheux, Bruté, H. Dayot, Perrin ont été pour nous, pendant le courant de nos études, des conseillers toujours aimables autant qu'éclairés et notre reconnaissance leur est acquise.
Enfin nos collègues et amis de l’Internat et, en particulier, Chapotin à qui nous devons quelquesunes de nos observations, ont été pour nous des
re collaborateurs infatigables : nous les remercions avec plaisir.
M. le professeur Pinard nous a fait le très grand honneur d'accepter la présidence de cette thèse, nous le prions de vouloir bien agréer lhommage de notre sincère reconnaissance.