‹ Contribution à l'étude de l'Iodo-Réaction UrinaireChapitre 11 sur 29 · LOUE · texte numérisé non relu

LOUE

Dans un tube à essai ou dans une éprouvette graduée de 30 centimètres cubes, l’on prélève de 15 à 20 centimètres cubes de l’urine à examiner. Si cette urine est trouble, elle doit être filtrée ; si elle est haute en couleur, elle doit être additionnée d’eau distillée jusqu’à obtention d’une teinte jaune pâle. C’est là unecoloration type à obtenir; il faut, autant qu’il est possible, n’opérer que sur des urines diluées jusqu’à réalisation de la couleur ordinaire des urines nerveuses. Au compte-gouttes ou à la pipette, l’on verse avec précaution à la surface de l'urine, I, IT ou II gouttes de réactif. L’on peut ainsi faire ruisseler ces IIT gouttes le long des parois du tube, ainsi que nous le faisions généralement en usant du flacon sülligoutte de laboratoire. On attend quelques secondes et, pour parfaire le mélange, on imprime au tube de petites secousses de faible amplitude afin d’obtenir la pénétration et la dilution du réactif dans l'urine sur une colonne d’environ 2 centimètres de hauteur. Après un temps de une à deux minutes, l’on constate, en cas de réaction positive, une coloration différente dans la couche où s’est effectué le mélange. Cette coloration dite jaune d’or est, et doit être, très pure, d’une belle luminosité, sans le moindre trouble, louche ou précipité. La teinte en est, dit M. Petzétakis, variable suivant l’intensité de la réaction. Seule, à : notre avis, varie l'intensité de coloration et non la teinte.

Il faut se défier des colorations rougeâtres ou acajou, du nuage floconneux que produit au début le réactif insuffisamment mélangé de l’excès d’iode.

Toute réaction négative est caractérisée par l'ab-

sence de coloration nouvelle. Dans tous les cas a lieu la neutralisation généralement immédiate de l’iode, dont la coloration propre n’est plus perceptible et dont la combinaison à l'urine peut être démontrée par l'immersion dans la couche de mélange d’un fragment de pain azyme qui bleuirait s’il existait de l’iode libre.

Si la dose de réactif n’excède pas X gouttes, tant dans les réactions positives que dans les essais négatifs, l’iode libre n’est jamais décelable. Cela montre bien qu'il y a là à proprement parler une réaction et non un artifice d'opération. Ainsi donc, l’iodo-réaction est considérée comme négative, lorsqu’aucun changement de coloration n’est perceptible entre la zone de mélange et la couche non réactionnée de l’urine. L’on peut, d’ailleurs, comme le conseille M. Petzétakis, user de deux tubes renfermant chacun 5 centimètres cubes d'urine. Dans l’un, on effectue la réaction; l’autre sert de témomm. Il y a là un procédé de comparaison plus sûr que celui du tube unique.

Nous conseillerons encore, afin de souligner une réaction incertaine ou douteuse de mettre le tube à essai sur un fond blanc. Le jaune foncé de l’iodo-réaction se détache énergiquement sur la colonne d’urine non modifiée.

Une fois la réaction perçue, 1l est préférable pendant quelques minutes, et même s’il est possible quelques heures, de garder le tube à essai. Toute réaction positive s’accentue au bout de peu de temps, et l’intensité de la coloration ne fait que croître pour demeurer stable à son maximum qui est atteint environ deux heures après. Cette accentuation de la coloration, dans

EE) un les deux heures qui suivent son apparition, nous parait des plus caractéristiques.

Petzétakis définit ainsi les divers degrés d'intensité de la réaction. Il appelle faiblement positive ou douteuse (E) toute réaction qui disparaît à une dilution de 1 : 1 à 2; franchement positive (+) toute réaction qui persiste à une dilution de 1 : 1 à 3; très positive, (++) ou (+ + +), toute réaction qui persiste à une une dilution de 1 volume d’urine par 4 où 6 volumes d’eau.

D’ailleurs, 1l n’est pas rare, et nous l’avons observé dans les cas de gangrène sèche ou de septicémie, de voir persister la coloration caractéristique malgré la dilution de 12 et 15 volumes d’eau.

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