STABILITÉ DE LA RÉACTION
Nous avons dit qu’une filtration préalable était - nécessaire. Sans doute, afin d’opérer dans des conditions identiques, à chaque nouvel essai, vaut-il mieux prendre un étalon de limpidité et de coloration dont on devra le plus possible se rapprocher. Mais la réaction s’obtient pareillement avec des urines troubles, ainsi que nous l’avons essayé. L’iodo-réaction se manifeste après ou sans défécation par le sous-acétate de plomb. Il suffit de traiter l’urime déféquée par une solution de sulfate de magnésie à saturation; la réaction est alors des plus nettes. Ce résultat, auquel nous sommes parvenus avec M. le pharmacien-major Ebren, nous paraît indiscutable. [l est pourtant nié par le promoteur de la réaction. L’alcalinité ou l’acidité de l’urine ne la modifient point et ne retardent n1 n’empêchent son apparition. Après avoir abandonné pendant vingt-quatre heures à l’air libre des urimes qui, à l'émission, nous donnaient l’iodo-réaction, nous avons pu l’obtenir encore; Petzétakis dit être allé jusqu’à cinq jours avec le même succès. |
La saturation par le chlorure de sodium ne l’em-
; — 28 — pêche point. La couche colorée issue de la réaction, soumise à l’action de la chaleur, ne subit point de modifications. Toutes les réactions de l’iode libre effectuées sur cette couche restent, comme nous l’avons dit, sans résultat. Toutefois, traitée par l’acide azotique, l’eau oxygénée ou le perchlorure de fer, cette couche abandonne de l’iode que l’on peut tenir en dissolution dans l’éther, le chloroforme ou la benzine et révéler par l'immersion d’un fragment de pain azyme qui bleuit aussitôt.
La présence dans l’urine d’urée ou d’acide urique en excès, d’albumine ou de sucre, d’acétone ou d’acide diacétique n'empêche point la réaction qui nous occupe. Il vaut mieux, toutefois, en déféquant l’urine, éviter la présence des pigments biliaires qui donneraient la réaction parasite de Mareschal. Autant vaut-il dire, et de nombreuses fois nous avons pu le contrôler, que l’iodo-réaction est indépendante de ‘la réaction des albumines par la chaleur et l’acide acétique, du glucose par la liqueur de Fehling et des réactions de Gmelin ou de Hay.