CHAPITRE II
L'IONISATION ARTIFICIELLE
L’ionisation de l’atmosphère est done constamment rariable, changeant à tout instant dans un milieu donné, en dehors même des variations diurnes et nocturnes, saisonnières. De plus les variations du rapport
nombre d’ions positifs sont toujours voisines de I.
nombre d’ions négatifs
Or en thérapeutique on peut chercher à avoir un rapport constant, et surtout à avoir la prédominance de tel ou tel signe, presque totale. Il ne s’agit pas seulement d’ioniser lalmosphère, maïs d'obtenir un courant d’air ionisé unipolairement : c’est le but de l’ionisation artificielle.
C’est à Steffens, médecin de Hambourg, en 1910, que revient l’honeur du premier essai d’ionisation artificielle. I fut suivi par de nombreux auteurs. Farkas, Grobley qui construisirent un électro-émanatorium, Picard qui produisait des ions par des rayons U. V. La lumière U. V., les rayons X, les émanations de corps radio-actifs (radium, polonium) les flammes, les sels et métaux incandescents, les effluves de courant à haute tension des pointes, les machines statiques,
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furent les uns après les autres, mis à contribution mais aujourd’hui c’est aux métaux incandescents, aux corps radio-actifs qeu l’on fait appel.
Les principaux appareils producteurs d’ions, clas-
siques sont ceux de :
Dessauer.
Tchyewsky.
Mercier et Joyet.
Koller.
Denier.
Walter.
Appareils producteurs d'ions,
Dans l’appareil de Dessauer c’est à des blocs d’oxyde de magnésium, chauffés à haute température qu’on fait appel comme source d’ions. On fait passer un courant d’air qui entraîne les ions produits, à travers une grille portée à un potentiel élevé et dont on peut faire varier le signe à volonté. Les ions obtenus sont de signe opposé à celui de la grille.
Mercier et Joyet emploie un milligramme de radium élément. L'intérêt de cette méthode est d’obtenir des ions à peu près semblables à ceux qu’on observe dans les basses altitudes (les ions des couches basses de l’atmosphère proviennent des matières radioactives, tandis que ceux des couches élevées sont produits par les rayons U. V. et cosmiques). On a ainsi une source continue à débit important. Comme appa-
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rerl de sélection, on dispose deux grilles planes, parallèles, portées à un certain potentiel : ces grilles créent entre elles un champ électrique. Les ions obtenus sont positifs si le champ électrique et le courant d’air sont de même sens ; négatifs s’ils sont de sens opposé.
Le seul inconvénient c’est qu’en même temps les rayons 7, 8 qui sont les sources d’ions, le radium émet un rayonnement y qui par son pouvoir pénétrant pourrait nuire aux animaux traités ; on y remédie par une épaisse protection de plomb.
Koller utilise un fil de tungstène porté à un potentiel de 7.000 volts : ce fil est contenu dans un cylindre relié à la terre, dans lequel passe un courant d’air qui débité 6 litres par seconde. Les ions produits sont du signe du fil.
Quant à Tchijewsky il emploie un courant à haute tension de 50.000 volts à 80.000 volts, produit par une machine statique, un inducteur ou un transformateur. Ce courant est transmis à un réseau métallique suspendu au plafond sur des isolateurs, et munis de pointes (200 par m?). Pour obtenir un courant unipolaire, on intercale un redresseur (Kénotron). L'autre pôle de la génératrice est à la terre : le sujet biologique est placé à distance de 1 mètre des pointes. Il n’y a pas dans cet appareil de production d’ozone, ni de produits azotés. Le champ électrique est excité, mais d’après Tchijewsky il est sans action biologique.
Denier emploie une machine statique à 12 plateaux; une bobine avec interrupteur à mercure sert à amor-
cer le statique; le négatif est redressé par un Kénotron, le positif est à la terre par l'intermédiaire d’un condensateur.
Dans l’appareil de Walter, il existe une série de pointes dépassant un plateau à polarité différente. La différence de potentiel est obtenue par un Kénoiron. On peut produire les ions du signe qu’on veut, Un courant d’air de 4 m. sec. entraîne les ions produits. Dans ce dispositif les tensions employées ne sont que de l’ordre de 25.000 ou 30.000 volts, donc peu dangereuses.
Il existe d’autres dispositifs faisant appel à d’autres métaux (on tend à délaisser les cathodes formées d’oxydes alcalins terreux (0OMg, ytO) qui s’altèrent apidement) ou au pouvoir ionisant de la pulvérisation des liquides.
Les ions obtenus par ces différents appareillages sont variables, nous avons déjà vu que la mobilité des ions connus variait environ entre 10.000, 10-4 cm. sec./v à 25,10 cms /v.
On est presque arrivé à combler cet intervalle, et à avoir une série de gammes d’ions. Les ions produits par les pointes sont en général les plus rapides, donc les plus petits : ceux de Koller ont une mobilité de 0,48, 10.009 10-: cms. AZ
Ceux de Dessauer de 0,7, 100, 10-4 cms/v à 9,18, 100, à 10-* cms./v.
La constitution des ions est différente suivant le métal employé : si on admet avec Mercier et Joyet que les ions négatifs légers sont constitués par des molécu-
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ies d'oxygène et d’eau, on admet également aujourd’hui, que les ions lourds produits contiennent des éléments de la source productive. On voit tout l’intérêt de cette question en thérapeutique : Pinspiration des ions pourrait être le mode d'introduction dans l’orgauisme de différents produits, or, calcium dans la tuberculose, iode dans la sclérose, chlore, anhydride sulfureux dans la grippe, des résines dans les suppuralions bronchiques et pulmonaires.
Dessauer, Janitzky, Happel, Volodkewitsch, admettent aussi que les ions produits par leur appareil, ions de grandeur de 100 à 190 A° et de mobilité 0,7, 100 10-! cms./v à 0,18, 100, 10- cms./v sont formés simplement d'oxyde de magnésium.
La densité des ions obtenus par les appareils précédents est importante : Celui de Tchijewsky donne un flux de 105 à 10° ions par seconde et par cm? ; celui de Dessauer donne 107.
On comprend alors, que les réactions de l’organisme sont plus importantes et plus rapides sous l'effet d’ions si nombreux et que l’étude de l’action biologique de l’iomisation artificielle va être plus facile que celle de
Vionisation atmosphérique.