‹ Contribution à l'étude de l'ionisation atmosphériqueChapitre 9 sur 31 · ER D · texte numérisé non relu

ER D

Plus peut-être que lionisation totale, en biologie c’est le rapport :

ions positifs

ions négatifs

qui semble avoir une importance : or, nous avons vu que ies différents facteurs atmosphériques sont tantôt la source d’ions négatifs ou positifs, il est donc intéressant de donner maintenant un schéma d’ensemble de l’état électrique de l’air, considéré sous

l'angle des rapports :

ions négatifs petits ions ions positifs gros ions

Dans les couches basses de l’atmosphère, le rapport :

nombre d’ions positifs

— 1 en général 1,24 nombre d’ions négatifs

(MAURAIN')

Cette prédominance s’expliquerait par la moindre mobilité des ions positifs ; les ions négatifs plus mobiles auraient une absorption plus facile.

PETITS IONS NÉGATIFS EN EXCÈS. — Le brisement des gouttes d’eau pure, la pulvérisation d’une masse d’eau pure produit dans l’air des petits iions négatifs en excès (exemple de BAD GASTEIN), de même le brisement des gouttes de pluie à leur contact avec le sol, le bouillonnement de certains gaz s’échappant de la terre à travers des nappes d’eau, les décharges ‘électricité négative au sol par les pointes des végé-

pente LV

taux, par les aspérités des roches, lorsque ce dégagement atteint par temps d’orage le stade de laigrette, répandent dans l’air des ions négatifs. Donc, dans certaines circonstances, il peut exister de véritables nuages de petits ions négatifs. Les mouvements de latmosphère peuvent dissoudre ce nuage ; les petits ions peuvent être captés par les particules de latmosphère et tomber sur le sol, mais dans certains cas de temps calme, pur, on peut avoir une ionisation négative en excès. Cela s’observe souvent au bord de la mer, et ScHULZ l’a constaté dans l’île de Forn à Wick, comme CONSTANTIN à Biarritz, surtout lorsque ie vent souffle de la mer. À PETITS IONS POSITIFS EN EXCÈS. — Rapport — supé- U

rieur à 1,24. Le déferlement de la houle au large, le brisement des vagues sur les rochers, le brisement des gouttes d’eau chargées de sel, donnent, au contraire, des petits positifs. SCHULTZ qui a fait des travaux intéressants sur les eaux de Kreuznach, donne les résultats suivants : tandis qu’à la chute I, où la concentration en sel était de 0,97 % les rapports

petits ions positifs ——— — 1,01 petits ions négatifs

à la chute VII, où la concentration était supérieure

à 4v/, le rapport était de : —— — 1,56 20S 7

Les aigrettes produites à la surface du sol lorsqu'il est chargé positivement, donnent des petits ions posi-

ñifs. En temps d’orage où les aigrettes s’observent, l'électricité du sol est le plus souvent positif; il y a donc, en ce moment, départ d’ions positifs, et ce phénomène suffirait pour certains physiciens à expliquer la charge négative du sol en temps normal.

À En montagne, le rapport — (petits ions) dépasse n fréquemment 1,24 et atteint fréquemment 1,5.

GROS IONS EN EXCÈS. — Les gros ions sont formés par la fixation des petits ions sur les poussières sèches et les poussières liquides de l’air, toutes les matières ultra-microscopiques en suspension dans Pair, parmi lesquelles on peut ranger les gouttelettes microbiennes qui, par le fait de cette charge, pourraient avoir un pouvoir de pénétration dans l'organisme plus grand. Les gros ions sont donc très nombreux là où ies poussières, les fumées, les impuretés de l’air sont abondantes, en un mot, dans les villes.

MaAURAIN et SALLES donnent les chiffres suivants, Paris :

Gros ions 33.400 Petits ions 156

Ces chiffres s'opposent à ceux obtenus par les mêmes auteurs en pleine campagne, au Val Joyeux (30 kms de Paris).

Gros ions 3.200 Petits ions 630

Le gaz d'échappement des automobiles est une cause énergique de production de gros ions (20 à 106 > d'augmentation de leur nombre au passage d’une voiture). Sur ces produits gazeux se condense

ni) ee

de la vapeur d'eau, formant ainsi des noyaux de condensation sur lesquels se fixent des ions légers. Les gaz, les fumées s’échappant des cheminées d’usine agissent dans le même sens. En un point donné d’une ville, si on mesure quotidiennement le nombre des gros ions, on aperçoit des variations très importantes, suivant les directions du vent, surtout d’un vent faible. On peut arriver à déceler ainsi la partie de la ville, source d’impuretés. Les relations du nombre des gros ions avec la pureté de l'air sont donc nettes, si bien que LANGEVIN a pu dire :

« Le nombre spécifique des gros ions est une indication du degré d’impureté de Pair ».

C’est peut-être le moyen de contrôle de demain de sa viciation de l’atmosphère.

Poussières, gaz, facteurs de pollution des atmosphères des villes sont les sources des gros ions. Mais nous avons déjà vu que la brume, le brouillard, ia pluie, bref tout ce qui augmente l’état hygrométrique de Pair, amènent la formation de noyaux de “ondensation, et partant, de gros ions. Quant au rap-

gros ions positifs port , il subit en général les mêmes gros ions négatifs

petits ions positifs influences que le rapport ; petits ions négatifs

L'état électrique de l'air est donc différent au bord

de la mer, en montagne, en ville. Il subit, à tous les moments, de perpétuels changements. MiIGNorT et MoLLARD ont proposé de classer les climats d’après

RTE

ieur état ionique. C’est là, il me semble, une tentalive un peu audacieuse, car, peut-être, plus que lionisation totale, ce sont les variations de cette ionisation qui ont une importance en pathologie. Le Docteur RENAUDIN, qui a étudié comparativement les climats de Berck, Abbeville et Paris, aboutit à cette conclusion que les différences entre ces trois climats sont très faibles. Mais il a constaté qu’à Berck, la courbe de l’ionisation était plus accidentée, avec des passages rapides de l’ionisation positive au-dessus et au-dessous de l’ionisation négative et il semblerait que la caractéristique d’un climat actif et stimulant

serait cette variation.

Cependant, CATTIER propose cette classification ; il s’agit ici de climats non régionaux, mais locaux, de micro-climats.

1° Micro-climats de campagne, reposant, sédatifs : avec prédominance d’ions négatifs légers.

2° Micro-climats de plaine, de grandes étendues et des terrains découverts, avec prédominance d’ionisation positive; l’être y voit croître son élasticité musculaire, mais les pulmonaires doivent s’en méfier. .

3° Micro-climats de forêt is a) Peut présenter sous les arbres une ionisation nulle, due à l'effet protecteur des feuilles contre le bombardement ionique.

b) Prédominance négative dans la clairière.

ER Pas

4° Micro-climats d'altitude, chargés intensément d'ions négatifs ; sédatifs et toniques à la fois ; quand l'air est par trop sec,peuvent surgir des ions positifs ; à l’époque des brouillards, lionisation se modifie également.

0° Micro-climats marins. — En général, dans une atmosphère très humide, prédominent les ions négatifs, mais, au bord de la mer, le sel détermine une ionisation légèrement positive; c’est pour cela que l’air marin salé serait stimulant. En outre, s’exerce l’action des marées changeant lionisation.

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