‹ Contribution à l'étude de l'iridocyclite et l'iridochoroidite à méningocoqueChapitre 4 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La fréquence incontestablement plus grande, dans ces dernières années, des infections dues au ménin-gocoque nous à permis de recueillir un certain: nombre d'observations d'iridocyclites et d’iridochoroïdites, parmi lesquelles trois cas évoluant chez des: enfants restés définitivement indemnes du côté des méninges. Il s’agissait donc bien là d'’iridocyclocho-roïdites primitives, consécutives à une méningo-coccémie.

Jusqu'à présent tous les auteurs qui se sont occupés de cette localisation du méningocoque, ne l'ont. signalée que comme complication métastatique sur venant au cours d’une méningite cérébro-spinale. Ii n'ya, à notre connaissance, que Radmann (1) qui. ait mentionné, pour la première fois et d’une manière:

z. Radmann, Deuische med. Wochenschr., juin 1905.

irès fortuite, trois cas d’iridocyclite primitive, survenus à la clinique de Lubowsky.

Ces faits méritaient pourtant d'attirer tout particulièrement l’attention des observateurs.

L'importance, tant au point de vue de la difficulté du diagnostic qu’à celui du traitement, que peut avoir la connaissance de la possibilité d'existence d'iridochoroïdites et d’iridocyclites chez des malades qui ne présentent pas et qui ne présenteront pas, d'une manière définitive, au cours de leur infection méningococcique, de symptômes méningés ; ensuite la coexistence de celte affection avec des arthrites aiguës multiples et des éruptions purpuriques, pouvant faire penser à une péliose rhumatismale et une ‘Iridocyclite de même nature; enfin la gravité pronostic de l'affection au point de vue fonctionnel et les résultats très encourageants qu’a donnés la nouvelle méthode de traitement par les injections de sérum dans l’œil, sont autant de raisons qui nous “ont incité à en faire le sujet de cette étude.

Les investigations modernes de laboratoire, pratiquées d’une manière systématique dans nos services hospitaliers, nous ont depuis longtemps permis de constater la présence du méningocoque dans le sang des malades quelles qu’en aient.été les localisations (Netter, Portret, Achard, Rist, etc.). Nous ne serons donc pas surpris si notre étude nous conduit à consicérer l'infection des membranes internes de l'œil comme une traduction locale de la méningococcémie, dont elle n’est qu’un épisode, au même titre que

toutes les autres déterminations que peut provoquer cet agent y compris la méningite cérébro-spinale qu'elle complique si fréquemment.

Le chapitre de la pathogénie nous semble également y gagner en clarté, en clôturant définitivement la controverse qui s’était élevée entre les partisans de la propagation du méningocoque le long des gaines du nerf optique et ceux de la propagation par voie sanguine. L'origine hématogène de l'affection une fois admise, elle rentre dans le cadre normal des diverses septicémies médicales.

Il nous semblait de même utile de nous arrêter un peu plus longtemps sur le chapitre du traitement de l'affection par le sérum antiméningococcique et d'attirer l’attention non seulement sur la nécessité d'instituer un traitement précoce, mais aussi sur la nécessité de porter cette action thérapeutique jusque dans les milieux de l’œil, seule manière de faire qui semble avoir quelques chances de donner des bons

résultats.

DU

Les premiers auteurs qui eurent à s'occuper de la méningite cérébro-spinale signalèrent déjà la coexistence fréquente de localisations oculaires et leur caractère irrémédiable lorsqu'elles concernaïient les membranes internes ; mais ce n’est qu’en 1865 que Jacobi, de Dantzig, insista pour la première fois avec quelques précisions, sur cette affection.

« Liridochoroïdite suppurée, dit-il en substance, survient parfois au cours des processus pyohémiques de suppurations profuses et dans certaines maladies infectieuses en tête desquelles il faut placer la méningite cérébro-spinale, » |

En 186 Wilson, de Dublin, la mentionne à propos de la méningite épidermique dans le Quaterly Journal.

Au cours des différentes épidémies qui eurent lieu en Amérique en 1873, Ch. Bull put recueillir 3 cas nouveaux survenus au cours de méningite.

Ce n'est qu’en 1879 qu'Oeller publia 1 cas ou l’examen de l'œil put être fait pos! mortem et nous trouvons dans es Arch. fur Augenheilkunde, t. VII, p. 357,le compte rendu de‘son examen microscopique.

L'agent pathogène de la méningite cérébro-spinale et de sa complication était encore inconnu à cette époque. La découverte du diplococcus méningitis intracellularis par Weichselbaum ne rallia pas tout de suite les suffrages de tous les pathologistes et bon nombre d’entre eux continuèrent à considérer la méningite comme une pneumococcie. Ce n’est qu’en 1896 que l’accord se fit sur cette question et que l’on admit définitivement l'existence d’un agent spécifique.

La méningite à méningocoque devint une entité morbide bien définie.

Les différentes épidémies qui éclatèreni depuis, permirent d’étudier plus attentivement les diverses manifestations méningococciques.

L’ophitalmie métastatique méningococcique a donné lieu à un certain nombre de travaux, parmi lesquels nous citerons ceux de Uhthoff (Société allemande d’Ophtalmologie, XXX° Session, Ifeidelberg 2-5 août 1905);Zeitschrift fur Augenheilkunde 1904); Heïine (Berl. klin Woch. 19 juin 1905); Ballantyme (Brit med Journ Archive., 21 juillet 1907). La dernière épidémie de Paris a donné lieu à une statistique de Terrien et Bourdier publiée dans les Archives d'Ophtalmologie de mai 1909.

Dans la Clinique,g septembre 1910, Terrien insiste sur l’évolution rapide, au milieu de phénomènes pen intenses, vers l’atrophie du globe oculaire.

Axenfeld lui donnele nom d’ ophtalmie méningitique et en fait un type clinique spécial à marche

rapide vers l’hypopyon et la phtisie oculaire. (Græfes Arch. fur Ohtalm, 1. XL).

Netter attire l'attention sur les résultats encourageants de la sérothérapie et cite 2 cas de choroïdite suppurée à méningocoque guéris par les injections de sérum antiméningococcique dans le corps vitré.

A la lumière de tous ces travaux, l’idée d’une infection sanguine, d’une méningococcémie, point de départ de toutes les localisations méningococciques, se dégage de plus en plus. Comme nous le verrons dans le chapitre de la Pathogénie, cette idée n'est pas nouvelle. Bon nombre d'auteurs, surtout les auteurs français considéraient la voie sanguine comme voie de propagation de l'infection à l’exclusion de la voie séreuse.

L'analyse de nos observations nous montrera que l’iridochoroïdite peut exister en abscence de tout syndrome méningé et l'indépendance de l'infection des membranes internes de l'œil vis-à-vis de la méningite cérébro-spinale sera ainsi justifiée.

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