‹ Contribution à l'étude de l'iridocyclite et l'iridochoroidite à méningocoqueChapitre 7 sur 18 · DJ · texte numérisé non relu

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. Dans les vingt-quatre heures, apparaît dans la chambre antérieure un hypopion très abondant à forme de croissant qui se continue par un pédicule à travers la pupille. L'exudat augmente, masque parfois totalement le champ pupillaire. Il se forme des synéchies postérieures.

L'infection se propage aux parties profondes de la choroïde et du vitré qui se liquéfie. L’hypopion se résorbe lentement, mais le fond de l’œil reste trouble et opaque. La cécité est complète, l'œil devient hypotone et s’atrophie.

La durée de l’évolution est extrêmement variable. Cros a publié un cas (7rans. Oph. Society, v. XX, p. 115) où l’évolution totale n’a pas dépassé vingtquatre heures.

Brewerton en a publié un autre où l’évolution se fit en huit jours.

Cette forme, si grave, est exceptionnelle et celle que l’on rencontre le plus fréquemment au cours de la méningite et des septicémies méningococciques,

est la forme subaigué.

Forme subaiguë

Elle survient généralement au cours de la première semaine de l'infection et diffère de la forme précédente par l’atténuation des symptômes et par sa tendance spontanée, qu’elle a parfois de s’arrêter

dans son évolution. Cet arrêt est-il dû au traitement que subissent

se

généralement les malades, ou est-il dû à une atténuation de la virulence du microbe ? On ne saurait le dire.

C'est toujours la diminution de l’acuité visuelle qui attire l’attention du malade.

L’œil est injecté au niveau du segment antérieur et particulièrement au niveau du limbe ; le larmoiement est fréquent. On a signalé quelquefois de la photophobie.

Au bout de deux à trois jours apparaît un hypopion léger à forme de croissant. Sile malade est couché sur le côté, il est placé latéralement et se déplace lorsque le malade se met dans une position différente. :

On constate parfois du chemosis el du gonflement de la paupière.

La pupille est moyennement dilatée, réagit mal.

L'examen du fond de l’œil ne montre rien de particulier.

Le processus inflammatoire peut s’arrêter là. Les exudats se resorbent, laissant quelques adhérences pupillaires et les malades conservent une bonne acuité visuelle. |

Mais il n’en est pas toujours ainsi.

Le plus souvent, l’irido-cyclite évolue vers une forme plastique, les exsudats augmentent et envahissent les parties profondes derrière le cristallin. La cécité est complète.

La rétraction des exsudats produit le décollement de la rétine.

Les synéchies sont multiples pouvant ailer jusqu’à la séclusion pupillaire complète.

La chambre antérieure s’efface et l'œil devient hypotone et s’atrophie.

Choroïdite primitive

Elle aussi débute par une diminution de l’acuité visuelle et la cécité devient parfois totale en moins de vingt-quatre heures. Cependant, les signes réactionnels sont presque nuls, la douleur fait complètement défaut.

A l'examen ophialmoscopique, on constate que les milieux sont troubles ; on y décèle des reflets jaunâtres derrière le cristallin, indiquant la purulence du vitré.

L'iris se soude par sa face postérieure au cristallin et la chambre antérieure s’aplatit. La pupille est à moitié dilatée et laisse apercevoir le fond de l’œil d’un brillant jaune verdâtre et constituant ce que Beer a décrit sous le nom d’(Æùl de chat amaurotique.

Dans cette forme, encore les phénomènes inflammatoires peuvent tourner court et se résumer à de simples foyers de rétinochoroïdite susceptible de ‘régresser.

Les signes réactionnels sont parfois tellement frustes, qu’ils passent parfois complètement inaperçus, surtout lorsqu'il s’agit d'enfants incapables de se plaindre du trouble visuel.

L’attention est généralement attirée par le reflet

particulier de l’œil malade. C’est cette variété que l’on a décrit sous le nom de pseudogliome.

Heine s'était même demandé si on ne pouvait attribuer étiologiquement tout pseudogliome à une méningite cérébro-spinale à forme insidieuse.

Maintenant que nous savons que l'infection de l’œil peut avoir lieu au cours d’une méningococcémie n’ayant déterminé aucune réaclion méningée,on peut supposer que cette hypothèse renferme une certaine part de vérité.

Comme on vient de voir, l’iridocyclochoroïdite est susceptible de prendre un certain nombre de modalités qui peuvent rendre le diagnostic très délicat. lorsqu'elle survient en dehors d’une méningite.

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