‹ Contribution à l'Étude de l'Occlusion Intestinale au cours de la Période Gravido-PuerpéraleChapitre 16 sur 42 · CT ES · texte numérisé non relu

CT ES

Tête engagée à la partie moyenne de l’excavation. Col entr’ouvert.

Ce qui frappe dès l’abord, c’est un énorme météorisme intestinal prédominant à la région épigastrique et à l’hypochondre droit et dissimulant, en partie, le fond utérin. Les vomissements se succèdent sans interruption; ils ont une teinte brunâtre et dégagent une odeur franchement fécaloïde.

Toutes les 3 ou 4 minutes environ, apparaissent des coliques violentes irradiant dans tout l’abdomen en même temps que l’on voit se dessiner sous la paroi une reptation d’anses intestinales qui semblent s'arrêter vers la fosse iliaque droite; à la fin de chaque colique, on perçoit un gargouillement.

On pratique une injection de morphine pour permettre quelques heures d'observation. Malgré tout, les contractions persistent à peine atténuées. Elles reprennent plus intenses vers 18 heures. Un lavement de sérum hypersalé ne ramène rien. Il n’y a plus de gaz depuis la veille au soir. On pratique un lavage d’estomac; maïs au moment de l’introduction du tube, la malade rejette spontanément deux litres d’un liquide brun chocolat très fétide, fécaloïde, à la suite de quoi, les vomissements s’arrêtent et le météorisme diminue considérablement permettant d’observer plus nettement les mouvements péristaltiques qui se succèdent à intervalle régulier.

L'état d’occlusion intestinale aiguë est évident. Il reste impossible d’en déterminer la cause : étranglement interne, bride intestinale, invagination ? On peut redouter de laisser passer l’heure favorable en présence d’un obstacle siégeant sur le grêle.

D’autre part, il n’y a actuellement aucun phénomène péritonéal. Le pouls est revenu à 80, la température est à 37°6. L'état général est relativement bon. On décide donc d'intervenir.

À 22 h. 30, anesthésie générale au Schleich.

Laparotomie médiane et sous-ombilicale. On tombe sur

des anses grêles violacées et fortement dilatées recouvrant le fond utérin. L’épiploon est rétracté et réduit à une mince bande appendue au transverse. On remarque sur les anses la présense de quelques fausses membranes: un peu de liquide séreux dans la cavité péritonéale. Le péritoine viscéral est extrêmement friable, et s’éraille facilement au cours des manipulations.

En suivant méthodiquement les anses, on aboutit au niveau du flane droit et la fosse iliaque droite à un paquet d’anses fortement agglutinées et recouvertes d'une membrane assez régulière et lisse rappelant plutôt une formation congénitale qu’une lésion inflammatoire récente: le bord droit de l’utérus vient comprimer l’ensemble et contribue à compléter l’obstacle. La libération des anses est très difficile en raison de la rétraction du mésentère, de la solidité des adhérences et de la gêne apportée par la présence de l’utérus. Après 30 cm. environ, on parvient au cœcum plaqué contre la fosse iliaque, mais les anses libérées restent rétractées et l’on craint d’avoir à pratiquer une anastomose; néanmoins on fait passer les liquides intestinaux dans le cœcum. L’appendice et les annexes droites sont normaux.

On ferme la paroi en un plan à la soie.

On songe alors à supprimer l'obstacle constitué par l’utérus gravide en provoquant le travail déjà amorcé. On met alors en place une sonde semi-rigide. La tête est à la partie

moyenne, le col est entr’ouvert; on perçoit à côté de la tête une petite main.

La nuit est calme. L'état de la femme le lendemain matin est satisfaisant. Pouls bien frappé à 110. Le travail a franchement débuté. Contractions toutes les 5 minutes.

On pratique régulièrement des injections intraveineuses de sérum hypertonique.

La journée est bonne et se passe sans incident.

À 20 heures, la dilatation est complète. On extrait au

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forceps un enfant de 1.830 grammes vivant. Aucun incident de délivrance.

À 24 heures, l’état de la femme s’altère brusquement. Le faciès est grippé, le pouls filant, dyspnée intense et la mort survient très rapidement à 3 h. 30. |

L'examen anatomo-pathologique a montré le rétablissement du transit intestinal sans trace de péritonite. L’intestin était partout perméable. On trouvait de très nombreux ganglions dans le mésentère épaissi et rétracé vers sa racine; le cœeum était plaqué contre la fosse iliaque par une membrane épaisse et irrégulière. L’utérus et les annexes étaient normaux. Îl existait des adhérences pleurales des deux côtés et surtout dans la région diaphragmatique droite; pas de lésions pulmonaires.

Occlusion intestinale au cours du 5° mois de la grossesse

Opération - Guérison par MM. Vermelin, Rothan et Richon.

Cette femme a été réglée à 13 ans, toujours régulièrement. Elle entre, au cours de l’année 1936, au service du Professeur Hamant pour appendicite aiguë. Opération d’urgence, drainage, et après quelques jours inquétants, la situation s'améliore et la femme quitte le service au bout de trois semaines en bon état.

Cette femme se marie le 1° février 1937, voit ses dernières règles du 5 au 10 avril.

La grossesse se développe normalement sans incident.

Le 4 octobre, à minuit, la femme est saisie brusquement de violentes douleurs abdominales avec vomissements ali-

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mentaires. Un médecin appelé pense à un début d’avortement, fait une piqûre de morphine.

Revue le lendemain par son médecin et les douleurs abdominales persistant, la femme est dirigée sur la Maternité dans l’après-midi.

Le 4 octobre, à 18 heures, à l’entrée, on constate une orossesse de 5 mois, normale, avec fœtus vivant. Le col est fermé, la femme ne perd pas de sang. Le ventre est souple, point douloureux dans la région épigastrique, et au niveau de l’ancienne cicatrice appendiculaire. Les douleurs se calment, la femme a une selle normale dans la nuit et ne souffre plus.

Le 5 octobre, au matin, la femme est calme, reposée, le ventre est souple, non douloureux.

Dans l’après-midi, nouvelle crise douloureuse, qui dure 1 à 2 heures et qui s’amende dans la soirée. La femme a des gaz, va à la selle et urine normalement.

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, vers trois heures du matin, nouvelle crise douloureuse beaucoup plus intense à tendance syncopale accompagnée de nausées et de vomissements.

Au matin, le ventre est ballonné, très douloureux, des contractions péristaltiques sont visibles sur la paroï. Vomissements continuels aqueux et bilieux, nez pincé, faciès angoissé. On pose le diagnostic d’occlusion intestinale et on décide d’intervenir immédiatement.

À 11 heures, intervention. Opérateur : Docteur Rothan. Laparotomie médiane sus et sous-ombilicale.

On libère dans la région du cæcum de multiples adhérences et on sectionne plusieurs brides épaisses au centre d’un gâteau d’anses intestinales agglutinées tout autour du Cæcum.

L’intestin grêle est distendu à partir d’une zone située environ à 50 cm. du cæcum, mais garde une coloration rose normale.

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On remarque que le grand épiploon est ramassé en un cordon épais qui adhère à la paroi au niveau de l’ancienne cicatrice appendiculaire et forme une véritable corde autour de laquelle est venu s’enrouler une fois et demi l'intestin grêle.

Détorsion du volvulus, les gaz passent de nouveau. Péri-

tonisation à deux endroits sur une anse du grêle. Sérum chaud sur l'intestin. Fermetüre de la paroi en deux plans.

On fait une piqûre de morphine immédiatement. Dans l’après-midi, contractions douloureuses que l’on craint être des contractions ultérines.

Spasmalgine toutes les 2 heures.

On refait un centigramme de morphine dans la soirée. Au cours de la nuit, agitation très grande qui cède au matin.. Quelques gaz dans la matinée du 7 octobre et dans

l'après-midi du 8 octobre.

L'état général va en s’améliorant et la femme quitte la Maternité au 15 jour, en très bon état.

Volvulus d’un mégacolon au 8° mois de la grossesse

Intervention - Mort par MM. Hamant et Vermelin.

Mme M.., 30 ans, jumelle d’un frère, ne présente rien dans ses antécédents héréditaires qui soit digne d'intérêt. Toujours en bonne santé, elle a été réglée à 14 ans, sans

douleur, mais chaque 21 jours : règles assez abondantes, non douloureuses.

Mariée en 1935, elle voit ses dernières règles du 20 au

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25 février 1937, toutefois, le 12 avril, elle perd un peu de

sans durant deux jours et c’est cela même qui la fait consulter.

L'examen général de cette femme grande, mince, à sys-

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tème pileux assez développé, démontre l'existence d’une

augmentation notable du corps thyroïde. Elle a toujours

été d’une constipation opiniâtre et considérée comme aéro-

phagique, en raison d’une distension permanente de son

intestin.

Le 17 avril, on porte le diagnostic de grossesse utérine de cinq semaines environ, bien en accord par conséquent avec les règles de février. La gestation évolue sans incident jusqu’au 4 mois et l'intestin fonctionne relativement bien à l’aide de laxatifs légers. Vers cette époque, on constate que l’utérus est plus développé que normalement et l’on se demande, en raison des antécédents s’il ne s’agit pas d’une grossesse gémellaire.

Au début d'août, alors que cette jeune femme est en vacances en Alsace, elle est prise de douleurs abdominales qui, à ce moment, furent rattachées à une menace d’avortement, douleurs ayant cédé à la spasmalgine. En septembre, de passage à Paris, son médecin de famille la fait radiographier en raison de l'excès de volume de l’utérus et cette radiographie confirme l'hypothèse de grossesse gémellaire.

De retour à Nancy, au début d'octobre, on note l'existence d’un excès de liquide paraissant localisé à l’un des œufs. Le premier fœtus est en présentation du sommet amorcé, le second est en présentation longitudinale avec siège dans la fosse iliaque gauche. On recommande le repos le plus grand possibie, une alimentation lacto-végétarienne. L'intestin se libère à peu près régulièrement soit par laxatifs légers, soit plus généralement par lavement chaque deux jours.

Le 6 novembre, vers 11 heures, un examen obstétrical est

pratiqué, la hauteur utérine est de 33 em. au-dessus du pubis; l'utérus assez large est fortement rejeté vers la droite;

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