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La suture de l’utérus faite sur le segment inférieur offre également de gros avantages sur la suture du corps. Sans doute nous n'avons pas sur le segment inférieur les plans épais d’affrontement de la section du corps utérin, mais, au moins, la suture a l’avan-
tage de porter sur une zone non soumise aux contractions muscu-
laires : d’où moindre tiraillement des points de suture, moindre chance d’hémorragie intersticielle et de suintement sous-périto-
‘néal.
Du reste la cicatrice est parfaite : au cours de plusieurs césariennes basses itératives, pratiquées par M. le professeur Grosse, il nous fut permis de constater de visu qu'aucune trace apparente de ou des interventions antérieures ne subsistait. Le segment inférieur avait gardé son aspect normal et le péritoine sa mobilité, sans adhérences avec le muscle sous jacent. Une seule fois, chez une femme, césarotomisée pour la quatrième fois et qui avait subi une césarienne haute et deux supra symphysaires, nous avons trouvé des adhérences utéro pariétales au niveau du segment inférieur. Il est à noter qu'aux deux césariennes basses itératives précédentes, il n’y avait pas d’adhérences péritonéales au niveau du segment
inférieur et que l'opération itérative avait été exécutée dans les
mêmes conditions que sur un sujet jusque-là non opéré.
Bonne péritonisation, barrière contre l’infection. — Cette absence de réaction péritonéale s'explique parfaitement quand on songe
à cette barrière infranchissable que crée la péritonisation en
redingote contre l'infection utérine : plusieurs observations vien-
dront prouver ce résultat, particulièrement les observations : I, IX, IV.
Pour la première observation il s’agissait d’une femme amenée à la maternité trois jours après la rupture des membranes et le début du travail. Température à 38°3 à son arrivée : aucune réaction
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.péritonéale n’a été observée après l’opération ; les suites opératoires
ont été normales de ce côté malgré une phlébite survenue au dixseptième jour.
Das le cas cité à l’observation IX, il s’agissait d’une femme qui fut opérée en pleine septicemie et fit dans ses suites de couches une parotidite double sans rien présenter d’anormal du côté de l'abdomen.
Mais l’observation IV semble la plus typique : femme opérée alors qu’elle présentait une infection intestinale d’allure typhique : Température à 38°. Dans les jours qui suivent l’intervention, la femme qui a une diarrhée opiniâtre infecte ses voies génitales, si bien qu’elle expulse au milieu de lochies abondantes et fétides des débris de catgut provenant de la suture utérine. Il y eut néanmoins des suites opératoires très satisfaisantes du côté abdominal sans la moindre réaction péritonéale : au cours d’une césarienne itérative ultérieure on a pu vérifier l'intégrité anatomique du segment inférieur et du péritoine, Grosse, Société d’obstétrique et de gynécologie 1928-59.)
Nous pouvons donc dire que l'opération césarienne basse donne au point de vue infection une sécurité et une protection bien supérieure à l’opération césarienne haute corporéale.
Absence de choc opératoire, — Mais nous ne devons pas omettre un autre avantage que nous avons pu constater chez nos opérées : l'absence de choc opératoire. Ceci nous a de suite et constamment frappé.
Généralement une femme opérée de césarienne haute est aussi choquée qu'après une ovariectomie ou une hystérectomie pour fibrome. Rien de semblable après l'opération césarienne basse. Dès le lendemain l’état général est excellent, le ventre est souple, non douloureux, sans ballonnement ; on n’observe pas non plus cette
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atomie intestinale si fréquente chez l’opérée du ventre. L'état est comparable à celui d’une femme accouchée par les voies naturelles et même meilleur qu'après certains accouchements dystociques. Au cours des observations que nous apportons à l’appui de notre thèse nous relevons cette absence de choc même chez quelques opérées fébriles.
Nous croyons pouvoir. attribuer cette absence de choc à.çe fail que l'opération est pratiquée en dehors de la grande cavité, sans extériorisation de l'utérus ni éviscération dés anses intestinales que l’on ne voit même pas au cours de l'opération grâce aux champs opératoires et aux grandes compresses qui les protègent.
En résumé :
— Bonne suture de l'utérus et de la paroi ;
— Bonne péritonisation barrière contre l'infection
— Absence de choc opératoire.
Tels sont les grands avantages que nous devons reconnaître au procédé d'opération césarienne par voie supra symphysaire.