‹ Contribution à l'Étude de l'Opération Césarienne Supra-Symphy­saireChapitre 4 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La thérapeutique obstétricale en mialière de dyslocie s’est beaucoup modifiée depuis quarante ans. Elle tend de plus en plus à substituer aux anciennes méthodes obstétricales, des procédés chirurgicaux.

Pour apprécier l’évolution qui s’est ainsi opérée et qui continue chaque jour, il faut remonter à l’époque antérieure, à l’antisepsie et à l’asepsie, et comparer les méthodes d'alors et celles d'aujourd’hui. Quelle règle générale semble en effet avoir été suivie autrefois, sinon celle d’extraire toujours et coûte que coûte l'enfant au travers du bassin, par des interventions purement obstétricales (forceps, version, craniotomies) ? :

Cette nécessité de toujours procéder à l'extraction de l'enfant par la voie naturelle et sans agrandissement du bassin, si elle était la source de grosses difficultés que nous évitons aujourd’hui en tournant l'obstacle et en agissant par voie abdominale, a eu du moins le double mérite de faire approfondir l'étude du mécanisme de l'accouchement et de la dystocie. Citons en particulier les noms de Farabeuf et Varnier, Pinard et Varnier, Brindeau, Dermielin, pour l'anatomie de l'utérus et du bassin ; ceux de Budin, Ribemont-Dessaiques pour le fœtus ; ceux de Farabeuf et Varnier, Pinard et Var- : nier, sur le mécanisme de l’accouchement.

Mais nous laisserons de côté, systématiquement, toute étude anatomique et toute physiologie normale de l'accouchement. Nous tracerons. une rapide esquisse des cas de dystocie osseuse utlérine et para-utérine, causes de la chirurgie obstétricale, pour nous arrêter à l'intervention sanglante, faite sur le segment inférieur de l'utérus, dans l'accouchement par voie abdominale, intervention qui, par ses

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avantages, ses indications propres et ses résultats heureux, est appelée à se vulgariser de plus en plus.

La dystocie osseuse semble la plus fréquente et la plus redoutable des dystocies : c’est sur elle qu'ont convergé les plus grands efforts des accoucheurs ; citons, pour l'étude des diverses catégories des bassins viciés et des modes d'engagement et d'expulsion des parties fœtales, les travaux de Tarnier, Bonnaire, Pinard, Farabeuf et Varnier. Nous signalerons au-passage, parce qu'un grand nombre de nos observations s’y rapportent, les études approfondies faites par Pinard sur les bassins rachitiques, avec les deux grandes variétés de bassin annelé où l'obstacle est limité au détroit supérieur et de bassin canaliculé ou l’excavation palvienne est transformée en un étroit défilé osseux.

La dystocie des parties molles, plus rare que la dyslocie osseuse, doit être signalée car là encore nous y retrouvons des indications de chirurgie obstétricale, qu'il s'agisse de la rétroversion irréductible d’un utérus gravide, de la présence d’un kyste de l'ovaire limilant la lumière du détroit Supérieur, d’un fibrome génant l'harmonie des contractions utérines ou créant un obstacle insurmontable au possage de la tête, d’un placenta prœvia, tous justiciables d’une intervention abdominale.

La conduite des accoucheurs modernes ne fait que confirmer celte opinion : l'accouchement provoqué dans les bassins rétrécis esl presque unanimement délaissé ; le forceps au détroit supérieur, la version hasardée dans un bassin vicié, ne sont plus guère employés que commie un pis aller dans quelques cas de nécessité où la vitalité du fœtus est fortement compromise et toute intervention chirurgicale contre indiquée. La Basiotripsie et l’embryotomie sur l'enfant vivant ont heureusement disparu.

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