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Il est indiscutable que la nécrose de l’anse intestinale isolée est due à une circulation insuffisante qui compromet sa vitalité. Nous avons vu, au début de ce chapitre que l’incision du segment iléal était continuée sur le mésentère. Les auteurs qui ont écrit sur la technique de ta méthode de Baldwin insistent sur le fait qu'il faut éviter soigneusement la section des vaisseaux mésentériques. Mais, malgré toutes les précautions, il est parfois difficile de ne pas léser une ou plusieurs branches artérielles indispensables. Il en résulte la production d’un sphacèle plus ou moins étendu, de l’anse abaissée et de son mésentère. C'est également à la section des vaisseaux du mésointestinal qu'il faut attribuer les zones de gangrène apparues au voisinage de l’entéro-anastomose. Cette explication est plus logique que celle de Zweifel qui invoque la trombose d’une artère mésentérique. Mais, dans ce cas, l'artère lésée allait irriguer non plus l’anse exclue mais la région intestinale située dans le voisinage immédiat de cette anse. Nous voyons donc que sur douze cas malheureux, dont les causes de la mort sont connues avec précision, nous pouvons incriminer neuf fois l'incision mésentérique. C’est elle qui est le facteur le plus important de la mortalité dans l'opération de Baldwin- Mori.
Dans un cas opéré par A. Schwartz c’est encore la taille du mésentère qui a provoqué un insuccès complet. Il s'est produit, en effet, un sphacèle total de l’anse abaissée, accompagné de symptômes inquiétants. Néanmoins la malade eut la vie sauve, mais l'opération échoua complètement. Schwar?z insiste sur le fait que sa malade était grasse et qu'il était impossible de distinguer les vaisseaux du mésentère et par conséquent de les ménager.
C'est devant les dangers de l’incision mésentérique
que notre Maître, Monsieur le Professeur agrégé Costantini (Obs. XXXVIH), à opéré sa malade en laissant absolument intact le méso-intestinal. L’anse exclue put être abaissée et suturée à la vulve sans aucune difficulté. Rosenthal (Obs. xxx), également pratiqua dans un cas, l'opération de Baldwin sans inciser le mésentère.
Mais on pouvait supposer que, seule, une longueur exceptionnelle du mésentère, avait permis dans ces deux cas particuliers d'agir ainsi. Nous avons alors été amené à réchercher sur des cadavres si la section du méso-iléal permettait un abaissement plus grand de l’anse isolée. Après avoir examiné dix-huit sujets, nous sommes en mesure d'affirmer que, dans tous les cas, le niveau d’abaïssement maximum du segment intestinal est rigoureusement le même, avant et après la taille du coin mésentérique. Nous avons également mesuré la longueur du mésentère de l’anse la plus abaiïssable,