‹ Contribution à l'étude de l'opération de BaldwinChapitre 46 sur 46 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'absence congénitale du vagin n’est pas une malformation exceptionnelle.

Provoquée par un arrêt de développement frappant les canaux de Müller, elle s'accompagne presque toujours d’une atrophie de’ l'utérus et des trompes. Les ovaires existent présentant souvent des dégénérescences kystiques.

Les organes génitaux externes sont normaux.

L'absence du vagin constitue une infirmité d'autant plus pénible que les femmes qui en sont atteintes, par ailleurs bien constituées, ont une sensibilité sexuelle normale.

Il en résulte un état psychique marqué qui légitime et commande l'intervention. Celle-ci d’ailleurs ne choque pas les lois morales.

Le chirurgien devra cependant mettre, sans ménagements, la malade au courant des dangers de la correction opératoire. :

Les divers procédés proposés pour créer un néo-vagin n’ont permis d'obtenir que des résultats précaires et imparfaits: L'opération de Schubert très employée en Allemagne crée souvent une infirmité nouvelle (fistules, parésies sphinctériennes) qui se substitue à la première.

La mortalité opératoire du procédé de Baldwin-Mori est notable (17 %).

L'incision du mésentère de l’anse exclue est la cause la plus importante de cette mortalité. La section fréquente de vaisseaux mésentériques importants provoque, eñ

effet, l'apparition de zones de sphacèle siégeant, soit au niveau de l’anse abaïssée, soit dans le voisinage de l’entéro-anastomose.

La taille du coin mésentérique est d'autre part inutile. Elle ne permet pas un abaissement plus grand de l’anse ExGIUe:

L'opération de Baldwin peut donc être réalisée en lais- sant le méso iléal absolument intact.

Son pronostic immédiat est de ce fait amélioré ‘et on peut espérer réduire considérablement la mortalité de

NS

Les résultats éloignés sont très satisfaisants et supérieurs à ceux obtenus par les autres méthodes. Le malaise existant au cours des premiers rapports ainsi que la sécrétion désagréable du néo-vagin disparaissent complètement avec le temps.

On devra commencer l'opération par le décollement de l'espace inter vésico-rectal. Au cours d’un deuxième temps on isole l’anse iléale la plus abaissable. Le mésentère doit être respecté. La continuité intestinale est rétablie par une anastomose latéro-latérale en canon de fusil. On termine l'opération par la suture à la vulve de la partie convexe de l’anse qui se laisse le plus facilement attirer vers le bas. Quinze jours après l'intervention, on commencera les séances de dilatation aux bougies de Hégar.

Si un éperon gênant persiste, on le fait disparaître par écrasement ou incision.

La technique de Mori ne paraît pas rationnelle. Elle est d’une exécution délicate et exige des tiraillements du

mésentère qui peuvent compromettre le résultat final.

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