HISTORIQUE
L'absence congénitale du vagin est loin d’être exceptionnelle, D’après Paucot, de Lille (Thèse 1903), 360 cas de cette malformation ont été publiés en l'espace de deux siècles. Et au cours'de nos recherches, malgré tout incomplètes, nous avons pu recueillir, dans la ittérature médicale de ces vingt dernières années, 179 observations: chiffres qui sont certainement au-dessous de la vérité, car tous les cas ne sont pas connus ou publiés.
Aussi depuis longtemps, les chirurgiens ont-ils essayé de corriger cette infirmité en créant un néo-vagin. Les méthodes imaginées pour arriver à ce résultat sont nombreuses. Le procédé le plus ancien est « l’incision ». Après avoir ‘introduit une sonde dans l'urètre, le chirurgien, l'index gauche dans le rectum, pratiquait une incision vulvaire transversale et pénétrait prudemment dans la profondeur des tissus entre l'urètre et le rectum. Cette méthode, employée par Haen, Macfarlane, Maisonneuve, ne donna pas de bons résultats. La récidive étaït la règle.
Dupuytren créa en 1817 une, méthode mixte : l’incision suivie du décollement de l'espace inter vésico-rectal. Sarvey en 1912 employa ce procédé avec un résultat se maintenant favorable une année après l'opération, grâce à une dilatation continue du néo-vagin.
Amussat (1) en 1832 imagina « le refoulement mécanique progressif » de la région vulvaire à l’aide d'une sonde rigide : procédé long, pénible, peu satisfaisant.
On essaya ensuite de creuser un vagin à l’aide de caustiques chimiques (Pâte de Cauquoin).
Le Fort en 1876 utilisa l’électrolyse.
Les méthodes plus récentes ont pour but de créer une cavité vaginale et d'en maintenir la béance par des greffes diverses.
MM. les Professeurs Quenu et Schwartz ont divisé ces méthodes en trois groupes (Revue de Chirurgie, 1913).