‹ Contribution à l'étude de l'opération de Delorme-Juvara: Pour prolapsus rectauxChapitre 13 sur 19 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Présentée par M. DELORME, à la Société de chirurgie de Paris, séance du 26 juin 1901.)

Prolapsus datant de l’enjance. Echec du traitement antérieur. Excision d’un manchon muqueux de 15 centimètres. Guérison.

X..;, malade du service de M. Revmier. Il est porteur, depuis l'enfance, d’un prolapsus de 5 à 6 centimètres.

Antérieurement, 1] avait subi, pour de prétendues hémorroïdes, plusieurs opérations, et 1] lui en restait, outre de l’incontinence fécale, une cicatrice rectale qui, de la demi-circonlérence antérieure de l’anus, se prolongeait en avant sur le périnée, dans l'étendue de plusieurs centimètres, ainsi que dans le rectum.

Une ligne cicatricielle se prolonge en arrière, et les deux liers au moins du sphincter externe ont été sacrifiés,

Malgré ces conditions déplorables. l'opér ation est faite en 1900 par Delorme.

Élle est rendue difficile par la présence du tissu cicatricie et par la destruction partielle du sphincter interne et externe ; on fait l’excision d’un manchon muqueux de 15 centimètres, et l’on suture comme d'habitude ; toutefois, en avant, la muqueuse est réunie à du tissu cicatriciel fibroïde.

Les suites opératoires sont bonnes. Le malade est déconstipé le quatorzième jour ; il y a réunion complèle, sauf en avant.

La guérison semble donc parfaite : l’incontinence fécale à disparu.

OBsERvVATION VII

(Présentée par M. DELORME à la Société de chirurgie de Paris le 2 juillet 1902.)

Prolapsus du rectum. Excision de 12 centimètres de mugueuse. Guérison de deux mois et demi.

X.., militaire, atteint de prolapsus rectal datant de longues années et qui s'est accusé surtout depuis deux ans.

M. Delorme l’opère en avril 1902 suivant sa technique habituelle.

Il excise un manchon muqueux long de 12 centimètres. I] ne se produit aucun incident pendant l'intervention.

Le 2 juillet 1902, c’est-à-dire deux mois et demi après avoir été opéré, le malade est présenté à la Sociélé de chirurgie dans un état très satisfaisant. La cicalrice est invisible. L’anus est dilatable et continent comme à l’état normal.

Pendant l'effort, l’orifice anal est refoulé, mais la muqueuse rectale ne fait pas la moindre saillie.

Le malade a été examiné par différents membres de la Société de chirurgie qui tous ont confirmé la valeur du résultat obtenu.

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OBsErvaTIoN VIII

(Présentée par M. Poirier à la Société de chirurgie de Paris le 4 juillet 4900.)

Prolapsus total, excision de la muqueuse de 18 centimètres. Désunion de la suture. Mort par perforalion.

X..., 65 ans. Il est porteur, depuis un an et demi, d’un prolapsus rectal long de 12 centimètres. Depuis quatre ou cinq ans il présente des symptômes graves de rectite hémorroïdaire, s’accompagnant de pertes sanguines et glaireuses, fréquentes et abondantes.

Le prolapsus sort plusieurs fois par jour, mais il'est d’ordinaire facilement réductible. La muqueuse rectale présente deux ulcérations, iongues de 6 à 8 centimètres, larges de 4 à 5, dont les bords et le fond sont hypertrophiés et indurés Pas d’hédrocèle.

Le malade est opéré le 14 janvier 1900, suivant la technique décrite par Delorme.

La dissection de la muqueuse rectale se fait sans difficulté, sauf au niveau de la zone hémorroïdaire qui remonte à 6 ou 8 centimètres ; dans cette zone, l’hémorragie est abondante.

L'opérateur s'arrête dans son décollement dès qu’il a dépassé la limite des ulcérations. Le manchon muqueux excisé a une longueur de 18 centimètres.

Au cours de l’opération on constate que les sphincters sont très hypertrophiés ; on retient l’anneau sphinctérien par trois points de suture. On fixe la muqueuse à la peau par des points profonds et superficiels. On place deux drains.

Le cul-de-sac péritonéal a été vu, mais refoulé sans être ouvert.

Les résultats immédiats paraissent d’abord excellents ; il n’y a pas de lension de la muqueuse ; mais, au bout de quarante-huit heures, le malade présente une température de 88°6, son pouls est à 120. On refait le pansement.

Pendant les quatre jours suivants, la température oscille entre 37°8 et 38°6 Le malade a du ballonnement du ventre, mais il n’a pas de vomissements.

Au septième jour, la température monte à 39°4 et la mort survient au matin du huitième jour.

L'autopsie ne révèle pas trace de péritonite, mais, sous le

péritoine pariéfal, on trouve des ganglions iliaques ramollis et baignant dans le pus ; mêmes lésions dans le mésentère de l’anse colique.

. Poirier, pour expliquer ce phénomène, admet que ces lésions sont dues aux ulcérations qui préexistaient ; l'opération n’a fait que donner un coup de fouet à l'infection. De plus, les sutures ont lâché et le cylindre muqueux est remonté à 10 centimètres.

OBsERvATION IX

(Recueillie par M. Louer, interne des hôpitaux de Paris, et publiée dans la thèse de Lenormant, de mème que les observations de DELORME et PoIRIER.

Prolapsus ano-rectal. Excision de 15 centimètres de muqueuse. Guérison. Rétrécissement.

X..., 60 ans. Entre à Lariboisière, dans le service de M. Tuffier, pour prolapsus du rectum.

Le début de l'affection remonte à deux ans. Le prolapsus, à cette époque, n'apparaissait que dans les efforts considérables que faisait le malade pour aller à la selle ; il se réduisait ensuite, soit spontanément, soit par pressions peu énergiques.

Depuis trois mois, il occasionne de vives douleurs ; son volume est devenu plus considérable, la réduction n’est plus possible ; anssi, la malade est gênée, même pour marcher.

Actuellement, de l'anus sort une tumeur globuleuse, longue de 5 à 6 centimètres, revêtue d’une muqueuse intestinale boursouflée, violacée, ulcérée en quelques points.

Sous l'influence d’un pansement humide appliqué pendant quelques jours, les ulcérations disparaissent, la masse dimi-

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nue et se laisse facilement réduire, mais elle ressort au moindre effort. L'opération est faite le 10 juillet par M. Loubet, interne du service.

On pratique l’anesthésie par rachi-cocaïnisation. On fail une large dilatation anale avec le spéculum de Trélat, puis la muqueuse reclale est tendue par des pinces à greffes.

On trace au bistouri d’abord unc incision demi-circulaire postérieure, puis une incision demi-circulaire antérieure, la complétant à l’incision de li muqueuse ct de la peau.

On décolle au doigt la muqueuse de tout le péritoine du cylindre, de façon à bien dégager le sphincter, et cela le plus haut possible. Des pinces sont alors placées sur cette muqueuse, au-dessus du point où doit porter l’excision.

On résèque un machon muqueux de 13 centimètres environ.

Quatre points au crin de Florence sont placés aux quatre points cardinaux du manchon et prennent la peau. L’abaissement de la muqueuse se fait d’ailleurs sans grande traction : on fait l’affronfement exact par des crinis intermédiaires.

Les suites opératoires sont normales.

La malade sort au dixième jour de sa propre volonté, et elle finit de guérir chez elle.

Elle a de l’incontinence pendant les deux ou trois premiers mois, puis tout rentre en ordre.

En juillet 1901, c’est-à-dire un an après l’opéralion, le prolansus n'a pas récidivé et la malade n’a plus d’incontinence.

Toutefois l’orifice anal est rétréci sur sa demi-circonférence postérieure, qui est constituée par un tissu cicatriciel, dur, extensible, mais l'extrémité de l’index peut à peine v être introduite.

L'état général est bon.

Ro rer

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