‹ Contribution à l'étude de l'opération de Delorme-Juvara: Pour prolapsus rectauxChapitre 9 sur 19 · SOINS CONSÉCUTIFS · texte numérisé non relu

SOINS CONSÉCUTIFS

Ils sont nombreux, délicats et de première importance. C'est en partie d'eux que dépend le succès de l'opération qui peut être compromis par des négligences.

L'immobilisation du malade doit être rigoureuse pendant quinze à vingt jours.

L'opéré doit être constipé, et à cet effet on lui administre de l'opium jusqu'au premier pansement, c'est-à-dire pendant dix à douze jours. Il est naturellement soumis à la diète sévère : celle-ci est absolue pendant les deux premiers jours, qui suivent l'opération; on évite aussi les efforts, les nausées, les vomissements que provoque souvent le chloroforme ou l’éther.

Jusqu'au huitième jour on soutient le malade au moyen d'un peu de bouillon, quelques jaunes d'œufs, quelques cuillerées de lait. À partir de ce moment, on donne une nourriture composée d'œufs, de viande, laissant peu de déchet, très peu de légumes, et ii ne faut pas donner de pain.

2 pu

SRE

L'alimentation ordinaire est reprise le quinzième ou le vingtième Jour.

Le premier pansement est fait au dixième jour, avec infiniment de précautions, les genoux du malade restent attachés.

On enlève les fils en U. Quant aux autres, ils sont déjà tombés pour la plupart.

Au douzième jour, on procède à la déconstipation du malade au moyen de lavements glycérinés, de vaseline horiquée; l'immobilisation du patient doit être encore rigoureuse.

Au vingtième jour, le malade peut se lever.

Et M. Delorme ajoute : « Certaines de ces précautions pourront paraître exagérées, elles n'ont rien d'excessif, leur oubli pourrait compromettre à tout jamais les résultats de l'opération la mieux conduite, en permettant la distension ou l'ascension d'une cicatrice qui doit rester linéaire et anale. »

B. — Procédés opératoires similaires.

Au premier rang se place l'opération de Juvara, qui est superposahle, dans ses temps principaux, à l'opéraüon de Delorme. Delbet en fait la description dans un rapport qu'il lut à la Société de chirurgie de Paris le 19 Juin 1901.

Le temps principal, c'est la résection de la muqueuse rectale, faite comme dans l'opération de Delorme. Le deuxième temps comprend le plissement transversal de la tunique musculaire de la portion prolabée, et sa translormation en un anneau épais qui est réduit et fixé dans l'épaisseur du périnée, au-dessous du sphincter externe.

ne JO Juvara l’exécute ainsi : « À la base du cône nfusculire, on commence par placer une série de catguts movens. Chaque fil, condut par une aiguille courbe, traverse d’abord la couche musculaire sur une largeur de 1 centimètre, soit par un trajet de 3 à 4 millimètres, pour y pénétrer de nouveau et ressortir à L centimètre plus haut. On place aussi une couronne de fils distants de 1 cent. 1/2 à 2 centimètres. Les fils, serrés et croisés, ramassent les faisceaux, en plissant transversalement la tunique musculeuse et en la raccourcissant d'autant. ne deuxième rangée, placée au-dessus de la précédente, amasse de nouveaux faisceaux musculaires, et plissent une nouvelle portion de la tunique. Les fils alternent avec ceux de la première rangée. Une troisième rangée, plus superficielle, réunit l'une à l’autre les plicatures déterminées par les deux séries de fils précédentes. « Par ce procédé, dit Juvara, on crée de l'étoffe même de la portion prolabée de l'intestin, un canal anal, c'est-àdire une filière étroite et longue, qui embrasse l'extrémité inférieure de l'intestin et s'oppose d’une manière cfficace à sa chute. Cet anneau musculaire est repoussé dans l’épaisseur du périnée au-dessus du sphincter, où il est fixé par une nouvelle série de fils. Ce deuxième temps correspond, en somme, à la suture de soutien musculo-musculeuse de Delorme, avec la différence que cette dernière se compose de quatre fils perdus, seulement. Dans un troisième temps. Juvara procède au rétrécissement de l'orifice en passant deux ou trois fils en U transversal ou profond.

C'est, comme le fait remarquer Delbet, une anorraphie sans perte de substance.

LMD

Dans un quatrième temps, on suture la muqueuse à la peau, suivant le procédé de Witeheard.

Rôtter, en 1998, présenta à la Société libre des chirurgiens de Berlin trois malades opérés suivant la technique de Rehn-Delorme-Juvara, l'un d'eux aurait tendance à faire une récidive. Aussi, pour éviter le retour d'un pareil accident, il conseille de combiner cette méthode à l'une des opérations qui rétrécissent les dimensicns du sphincter, et il propose soit l'excision d'un coin de la muqueuse rectale et du sphincter, que l'on suture ensemble, suivant le procédé d'Helperich, soit la suture des bords avivés des releveurs, à la partie postérieure du sphincter, suivant la méthode d'Hoffmann. La première combinaison a d’ailleurs été employée par Bier, qui s'en déclare très satisfait. Le procédé d'Hoffmann consiste à faire une incision rétro-rectale en semi-circulaire : on met à nu la partie postérieure du sphincter et les fibres postérieures du releveur de l'anus. Le sphincter étant tiré en avant par une pince, on plisse au moyen de quelques fils transversaux le plan des releveurs; par cette manœuvre, le plancher pelvien est relevé et l'orifice anal porté en avant, ce qui diminue d'autant les chances de récidives. ve

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