OBSERVATIONS
Les malades opérés suivant cette méthode sont peu nombreux, puisque depuis la thèse de Lenormant, qui relate une dizaine de cas, nous n'avons pu trouver dans la littérature médicale que cinq observations s’y rapportant, 2 de Vignard (Nantes), et 3 de Rotter.
OBSERVATION Î (Due à l'obligeance de M. le professeur agrégé Leriche.)
Prolapsus du rectum. Résction de la muqueuse (procédé de Delorme). Guérison datant de trois ans.
T... Jean, 17 ans 1/2, employé de banque. Il entre le 15 février 1908, dans le service de M. le professeur Poncet, pour un prolapsus du rectum. Ce prolapsus date de la première enfance, C'était un prolapsus muqueux qui aurait disparu momentanément sous l'influence d’un traitement dont il ne connaît pas le détail.
Depuis cette époque, il n’a eu ni entérite, ni hémorroïde, il est un peu constipé depuis plusieurs mois.
Il s’est aperçu, il y a un an et demi, d’un léger prolapsus non douloureux pendant la défécation. L'éversion du rectum est allée en s’accusant de plus en plus, insensiblement, sans douleur, et ce prolapsus devient de moins en moins réducti-
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Eros
À l'examen, on trouve un sphincter encore résistant ; le périnée est bon. Dans les efforts, 1l sort un assez grand cylindre muqueux, qui, au repos, fait un léger bourrelet dans le rectum.
Le 18 février, sous anesthésie à l’éther, le prolapsus paraît beaucoup plus considérable. On peut attirer 8 à 10 centimètres au moins de muqueuse au dehors. Cette constatation donne à M. Leriche l’idée d'appliquer ici le procédé de Delorme.
Il attire donc au dehors toute la partie du rectum qui peut s’extérioriser, et il fait une incision circulaire de la muqueuse à ce niveau, Le cylindre muqueux supérieur est immédiatement repéré avec des pinces, puis le cylindre inférieur est disséqué de haut en bas après avoir été fendu en deux valves. Cette dissection provoque une hémorragie en nappe, assez abondante et difficile à arrêter. Cet incident constitue le gros ennui de cette opération qui pourrait, de ce chef, être dangereuse chez les personnes affaiblies ou âgées. Dix bonnes minutes suffisent à peine pour faire l’hémostase. On termine par la suture cutanéo-muqueuse assez exacte, sauf en avant où l’on place, par prudence, une petite mèche de gaze. On fait un pansement intra-rectal autour du drain.
Les suites de cette intervention sont très simples et la réumon s’est faite par première intention.
Le 29 février 1908, la malade quitte la clinique. Au toucher, on perçoit un gros bourrelet faisant tampon à hauteur de la prostate. La muqueuse tend peut-être à glisser. M. Leriche note à ce moment : « Récidive peut-être, mais pour l'instant, le résultat est satisfaisant. »
Le 30 mars 1911, le jeune homme vient spontanément se l'aire examiner : 1] ne souffre pas, n’a pas de prolapsus, mais quand il fait des efforts, bien que rien ne sorte, il a l’impression que quelque chose va sortir.
D'autre part, les matières marquent un temps d'arrêt dans l’ampoule et, à ce moment, effectivement il a besoin d’uriner. Au loucher, on perçoit loujours le bourrelet précédemment signalé.
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Le résultat général est donc bon, mais ne va pas sans de petits inconvénients.
Nous ferons remarquer que ce malade fut opéré suivant la première méthode proposée par M. Delorme, qui consiste à faire l’excision simple et large de la muqueuse rectale, et de pratiquer ensuite la suture du bord inférieur du cylindre muqueux restant à la peau de la marge de l’anus.
OBsEnvaTION II
(Présentée par M. DeLoRME à la Société dé chirurgie, le 9 mai 1900.)
À... B..., 22 ans, profession de tailleur. Il entre le 3 octobre 1894, au camp de Châlons, pour un prolapsus du rectum.
Cette aflection aurait débuté lorsque le malade avait 3 ans, mais jusqu’à l’âge de 9 ans, il ne l’a vu apparaître qu’à intervalles éloignés,
À l’âge de 9 ans, à la suite d’un coup de pied dans la région anale, le prolapsus réapparut, et à partir de cette époque, jusqu’à l’âge de 21 ans, il s’extériorise tous les huit ou quinze jours.
Etat actuel : la tumeur est globuleuse, longue de 8 à 10 centimètres de diamètre ; plus saillante en avant, elle est revêtue d’une muqueuse violacée, boursouflée, sécrétantc, non ulcérée ; elle sort au moindre effort que fait lé malade, toutefois elle ést facilement réductible.
Le malade éprouve des douleurs dans les reins, les cuisses, la vessie, 1] a de l’incontinence intermittente d'urine.
Le périnée est solide et le plancher assez résistant.
Le malade est opéré le 19 octobre 1898, suivant la technique décrite par Delorme. La dissection de la muqueuse est assez délicate, surtout au niveau du pli d’invagination. Quand celui-ci est franchi la tumeur se montre plus grosse qu’une tête de fatus. La dissection est poursuivie jusqu’à ce que la muqueuse ne se laisse plus attirer qu'avec un léger effort. Le manchon muqueux, isolé et récéqué, atteint 30 centimètres.
Quatre fils -en U sont placés comme fixateurs.
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Les suites sont normales ; au onzième Jour, on enlève les fils : la cicatrice est linéaire et complète.
On administre alors au malade des lavements ets et vaselinés.
Le malade peut se lever le vingtième jour. Il est présenté à la Société de chirurgie de Paris, à la séance du 14 février
OBsERvATION III
(Exposée à la Société de chirurgie de Paris, à la séance du 9 mai 1899, par M. DELoRME.)
Prolapsus volumineux datant de l'âge de 8 ans. Excision d'un manchon muqueux de 80 centimètres. Désunion des sutures. Mort de péritonile.
X..., soldat, entre le 18 novembre 1898 à QU du camp de Chälons.
Depuis l’âge de 8 ans, le rectum sort à chaque défécation, de la longueur de l'index et rentre très facilement ; depuis cette époque, le malade présente également de l'incortinnce d'urine.
A son entrée, il présente un prolapsus total sortant au moin- -dre effort : le sphincter est encore assez énergique. Le périnée est solide et résistant. à
Le malade est opéré le 24 novembre 1898. M. Delorme fait lexcision de la muqueuse suivant la tachnique habituelle, sans dilatation préalable de l'anus qui est perméable au passage de deux doigts.
La dissection est difficile au niveau de la demi-circonférence antérieure, en raison de l'hémorragie abondante (anesthésie au chloroforme difficile) et de la friabilité de la muqueuse, qui ne redevient résistante qu’à la limite du deuxième ceylindre. On place quatre ou cinq pinces sur les artérioles qui salgnent.
Après la dissection, la tumeur présente un énorme volume (12 centimètres de hauteur sur 10 centimètres de Jargeur).