‹ Contribution à l'étude de l'opération de Hartmann et Mummery dans les cancers du rectum haut situésChapitre 22 sur 22 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

En résumé, nous pouvons conclure que :

EL — Le cancer du rectum doit toujours nécessiter une laparotomie pour juger de son opérabilité. Celle-ci permet de poser d’une façon plus certaine les indications de l'opération radicale qui doit être secondairement, exécutée.

I. — Le chirurgien, en présence d’un néoplasme du rectum opérable, devra pratiquer soit une opération abdomino-périnéale, soit l'opération de Hartmann et Mummery. Si celles-ci sont contre-indiquées, il aura recours à une opération pal- liative.

HI. — L'opération abdomino-périnéale sera réservée généralement aux cancers du rectum bas situés, sous-péritonéaux. Pour abaisser la mortalité opératoire, il faudra renoncer, dans Ja plupart des cas, à l’abaissement du côlon, à la conservation du sphincter, done pratiquer une amputation abdomino-périnéale avec anus iliaque gauche définitif, la rendre plus bénigne en la. morcelant, en séparant le temps abdominal du temps périnéal, en créant, dans certains cas, quelques jours auparavant, une colostomie de dérivation.

IV. -— L'opération de Hartmann et Mummery sera pratiquée généralement en présence d'un cancer du rectum haut situé, recto-sigmoïdien ou ampullaire supérieur, de façon à éviter, autant que possible, la récidive locale.

. — Cette opération devra être perfectionnée et subir quelques modifications de technique indiquées. précédemment et que nous rappelons succine tement :

a) Pour éviter la gangrène au niveau du cul-de-sac rectal abandonné dans le pelvis par suite de la ligature de la mésen- térique inférieure, il faut libérer l'intestin sur toute sa circon-

férence et L attirer vers le haut; on le sectionnera ainsi à | quel ques centimètres de l'anus et, de ce fait, l’on supprimera toute la portion rectale irriguée par cette artère et ses branches, |

b) Pour éviter les risques d'infection, 1l faut reporter le temps septique, c'est-à-dire l'ouverture de l'intestin, à la fin de l'opération et assurer le drainage de l’espace sous- péritonéal soit par une incision latéro-rectale avec effondrement des releveurs, soit peut-être mieux en utilisant le bout rectal inférieur s'il est dépourvu de péritoine sur une partie ou sur la totalité de sa circonférence.

Si, pendant l'opération, la zone opératoire à Bté largement souillée, on peut établir un drainage par voie abdominale ou, de préférence, le Mikuliez. e

VI — Ainsi comprise, ainsi perfectionnée, l'opération de Hartmann donnera peut-être de bons résultats opératoires et éloignés. Nous n’osons croire cependant qu'elle sera un jour le procédé de choix d’exérèse des cancers du rectum. L'infirmité qu'elle crée, nous voulons parler de l’anus iliaque gauche définitif, fera toujours réfléchir le chirurgien et le malade. Cependant, il semble inutile de vouloir à tout prix pratiquer une Opé- . ration esthétique, c’est-à-dire le rétablissement de la continuité intestinale la plupart du temps chez des gens âgés, procédé opératoire qui présente le grave inconvénient de tuer presque un malade sur deux. Le mieux est d'essayer de guérir son malade par un procédé simple, une amputation subtotale du rectum telle que la préconise Hartmann, d'autant plus que la colostomie iliaque pourra être rendue moins gênante par le port d’un bon bandage et que, d'une façon progressive, il pourra se faire une sphinctérisation de cet anus artificiel.

15e - Vu, BON À IMPRIMER :

Vu: Le Doyen, 1] Le Président,

sr Go: SIGATAS, J. GUYOT,

Vu ET PERMIS D'IMPRIMER:

Bordeaux, le 18 novembre 1927.

Le Recteur de l’Académie,

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