RESULTATS
Depuis 1921, beaucoup de chirurgiens ont pratiqué l’opération de Hartmann. La plupart ont consigné leurs observations et leurs résultats dans les diverses revues chirurgicales. C’est ainsi que nous Avons pu recueillir une quarantaine de cas. Nous les avons groupés de façon à fournir quelques statistiques dont la valeur ne sera pas très grande, car cette Dpsraon est encore bien récente.
Les suites opératoires sont, en général, bonnes. La mortalité opératoire oscille cependant autour de 17 p. 100, car sept opérés sont morts dans les premiers jours qui ont suivi l'opération. Les chirurgiens attribuent cette mortalité à des fautes de technique : erreurs de drainage, gangrène de la partie terminale du côlon fixée à la peau, Suppuration, propagation au péritoine et mort par péritonite, sphacèle de la partie haute du segment rectal laissé en place.
Dans les observations, nous avons remarqué que nos maîtres n’ont pas toujours suivi la technique de Hartmann. Ils y ont apporté quelques modifications et ont obtenu, en général, de meilleurs résultats. Nous avons précédemment essayé d'attirer l'attention à ce sujet. Nous pensons que cette opération légè- . rement remaniée, bien apprise, doit donner de très bons résultats. Cependant elle sera toujours plus grave « qu'une appendicite à froid », mais, en face de l’abdomino-périnéale, elle s’affirmera néanmoins d’une incontestable bénignité.
Les bons résultats éloignés, c’est-à-dire après trois ans, comprennent 13 cas sur 34. En établissant la même proportion chez les 15 malades non revus ou dont l'opération est encore
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trop récente, nous arrivons environ à un taux de 52 à 54 p. 100 de bons résultats éloignés.
Malheureusement, nous avons pu réunir six cas de mort avant trois ans, soit par suite de récidive locale, le plus souvent par métastases hépatiques et péritonéales. D 25 p. 100 de mauvais résultats éloignés.
Nous voyons donc que la méthode idéale d’exérèse des cancers du rectum est encore à l'étude. Cependant les résultats sont susceptibles de s'améliorer, car la plupart des chirurgiens ont employé cette méthode surtout chez des malades âgés qui n'auraient pas supporté une abdomino-périnéale, chez des malades justiciables tout au plus d’une opération pal: liative. ï
Donc, en somme, quand le chirurgien apportera à l’opération de Hartmann les quelques modifications de technique nécessaires et s’astreindra à n'opérer que les cas vraiment opérables, nous ne doutons pas que les résultats opératoires et éloignés seront meilleurs.
De plus, quand le médecin fera un toucher rectal ou une rectoscopie systématique chez tout malade présentant des signes d’entérite (ténesme, fausses envies et expulsion de mucus et de sang); quand le malade, pour venir consulter son médecin, n’attendra pas que le néoplasme ait franchi les limites de l'opérabilité; quand l’un comprendra, quand l’autre fera-un diagnostic précoce, ils contribueront peut-être, dans une certaine mesure, à assurer le triomphe de cette chirurgie si intéressante du rectum.