‹ Contribution à l'Etude de l'Organisation de la Lutte Antituberculeuse. Un Dispensaire Parisien de l'Office Public d'Hygiène Sociale en action. Statistiques de six années de fonctionnementChapitre 14 sur 98 · STATUT LEGAL · texte numérisé non relu

STATUT LEGAL

« La loi du 15 avril 1916, dûe à l'initiative de M. Léon Bourgeois a créé les dispensaires dans le but de répandre la prophylaxie et l'éducation antituberculeuses (1). Fe

«Le dispensaire, qui doit avoir pour clientèle aussi bien les non-indigents que les indigents, n’est pas un établissement qui héberge les malades. Il doit organiser les services sulvants : assistance au dispensaire, assistance à domicile et désinfection.

a) Service d’assistance au dispensaire «Le personnel médical, composé d’un ou plusieurs médecins suivant l’importance du dispensaire, examine les malades qui se présentent à la consultation et détermine autant que faire se peut, le caractère contagieux ou non de leur état; à cet effet, l'examen bactériologique des crachats est absolument indispensable et devra être fait au dispensaire même. Le personnel médical devra examiner également la famille du malade.

« Lorsque les malades inscrits au dispensaire seront reconnus indigents, ils y recevront gratuitement «a) des prescriptions, et suivant les circonstances des médicaments; | « b) des bons d’aliments, des bons de vêtements, des bons de loyer. Pour ces distributions, le dispensaire sera en liaison avec les diverses œuvres privées ou institutions publiques, notamment avec les bureaux de bienfaisance, ce qui permettra d'ajouter pour les nécessiteux les secours en argent dont ils pourraient avoir besoin.

«Tous jies malades, indigents ou non, pourront recevoir :

<a) les conseils d'hygiène et l'indication de la direction d'existence appropriés à l’état de chacun d’eux; |

«<b) des crachoirs et du liquide antiseptique, dont on leur indiquera l’usage et l'utilité.

b) Service. d’assistance à domicile «Le dispensaire devra suivre les malades chez eux, voir comment ils ont compris et appliquent les conseils reçus à la consultation, vérifier, en plus des conditions d'habitation qui leur sont imposées, les habitudes d’existence auxquelles ils sont soumis et le milieu familial dans lequel ils vivent,

(1) Circulaire du Ministre de l'Intérieur en date du 31 Juillet 1917,

au Sujet de l’application de la loi du 15 Avril 1916 créant des dispensaires d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse.

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« modifier autant que possible les défections constatées, don- «ner des leçons de choses aux malades et des indications au «< médecin sur leurs véritables besoins et sur leur docilité à sui- « vre ses avis. Ce rôle sera révolu à un personnel spécialisé, de « préférence des infirmières-visiteuses qui se rendront chez les «malades; l'infirmière, par ses visites répétées, par sa fré- «quentation familière avec le malade et son entourage sera «à même de puiser bien des renseignements utiles au méde- «cin, de dépister d’autres foyers de tuberculose qu'elle devra « signaler au dispensaire.

« Une coordination étroite devra d’ailleurs toujours régner «entre la consultation médicale et le service d'enquête. Pour «l’obtenir, on constituera et on conservera les fiches concer- «nant chaque malade, sur lesquelles seront portés les rensei- « gnements recueillis au cours des enquêtes médicale, fami- « liale et sociale.

c) Service de désinfection

«Le dispensaire devra présider à la désinfection puisque «c’est par lui que peuvent être fournis les renseignements les « plus complets sur l’existence et le caractère contagieux des « malades, sur les conditions hygiéniques dans lesquelles ils «se trouvent.

« Suivant les circonstances et ses ressources, le dispensaire «sera pourvu d’une buanderie et d’un matériel de désinfec- «tion où il sera en rapport avec les services départementaux « intéressés.

« L'existence d’une buanderie sur place pour le lavage du « linge est préférable, et, chaque fois que cela sera possible, « l’adjonction d’une étuve pour la désinfection des vêtements «et de la literie devra être réalisée.

«Il appartient aux visiteuses de surveiller lexacte appli- «cation des règles d'hygiène en ce qui concerne la désinfec- <tion du linge et des effets ainsi que le nettoyage du logis ».

Le dispensaire Marcadet a à sa tête un médecin-chef qui est en même temps directeur. Celui-ci est assisté d’un médecin-adjoint et d’un service d’infirmiéres-visiteuses.

Le médecin-directeur est responsable du travail de tous.

A la tête des infirmières-visiteuses se trouve déléguée une infirmière-visiteuse chef qui s'occupe également du fonctionnement administratif du dispensaire.

Quant au service de désinfection, il est confié à l’organisation municipale qui doit aviser le dispensaire.

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D. - Le TRAVAIL INTÉRIEUR DU DISPENSAIRE ET LA STATISTIQUE

Après avoir étudié le secteur où le dispensaire doit exercer son action, après la description du dispensaire lui-même, après l’exposé très succint et sur lequel nous aurons À revenir longuement du rôle des médecins et des infirmières, il nous faut connaître et expliquer les «moyens de travail >.

Ces movens étant communs à tous les dispensaires, nous n’en donnerons qu'un exposé aussi court que possible. sur bien des points, nous ne pourrons mieux faire que d’en réfé- ‘rer aux articles de Georges Guinon, Inspecteur des Services médicaux de l'O. P.H.S. ().

Le plus qualifié pour les écrire, il les a conçus avec une precision, une netteté, une clarté telles, que nous y puiserons largement les renseignements sommaires que nous allons donner, en insistant sur la nécessité pour ceux qui veulent connaître exactement le fonctionnement de lO.P.H.S. de se reporter au mémoire original.

Ces moyens de travail, ce sont les fiches, les livres, les bulletins de statistique, longuement étudiés par les spécialistes les plus qualifiés en la matière, hygiénistes et phtisiologues * avérés. Les enseignements fournis par la mise en œuvre des mesures adoptées ainsi ont plus d’une fois démontré l'utilité ou la nécessité de les modifier sur certains points. L’O. P. HS. s’est empressé chaque fois d’accepter les revisions dont la pratique avait révélé le besoin.

Les fiches sont établies dans leurs grandes lignes d’après celles de la mission Rockefeller, mais adaptées après expérience aux conditions particulières du fonctionnement de l’œuvre sociale de préservation antituberculeuse en France

Ces fiches sont maintenant demandées non seulement par les dispensaires de province, mais aussi par les organisations qui à l’étranger poursuivent le même but.

Nous croyons qu’il est inutile d’insister sur les avantages de l’unité de front dans la lutte entreprise contre le fléau humain que représente la tuberculose.

Parmi ces fiches, un certain nombre sont d’une grande importance : ce sont celles qui constituent «le dossier médi- ‘al >, propre à chaque malade et celles qui forment «le ‘dossier social» propre à chaque famille. Ces deux dossiers forment la base de l’organisation du dispensaire.

(4) G. Guinon., -— Le travail intérieur et la statistique des dispensaires de l'O. P. H. $ de la Seine. Bull. du Comité national de défense contre la Tuberculose, t. III, N° 3, Mai-Juin 1922, p. 129-154, t. III, N° 4,

Juillet-Août 1922, pp. 193-235. h $| Es #> 11

Dossier MÉDICAL

Il comprend une fiche de premier examen, une fiche de radiologie, de laboratoire et d'examens ultérieurs n° 1, une fiche d'examens ultérieurs, une fiche de laryngologie, une fiche de liaison.

Toutes ces fiches sont insérées dans une enveloppe de papier très fort. à

Sur cette enveloppe, on marque les dates d’entrée et de sortie et le numéro, enfin, la mention du résultat positif et négatif de l’examen des crachats (B ou H) (4) (au crayon rouge ou bleu). |

1° Fiche de premier examen. — Elle est de différentes couleurs suivant l’âge et le sexe : rouge pour les hommes, jaune pour les femmes, bleu pour les enfants, ce qui facilite beaucoup le maniement et le classement de ces fiches.

Les fiches de premier examen d’adultes portent les indications suivantes remplies par la visiteuse avant la consultation : nom et état-civil, domicile, n°, date d'admission, nombre et âge des enfants vivant dans son logement, lieu de naissance, nationalité, profession, etc. renseignements extrêmement précieux, comment il a été amené à se présenter au dispensaire : médecin traitant, dépistage de l’infirmière, fichier central, propagande, autres malades, etc... Puis au verso les antécédents familiaux et personnels, le début et la marche de la maladie, Pétat actuel et surtout la raison qui a déterminé le malade à s'adresser au dispensaire. Pour terminer, on place le nom de l'infirmière et la date de la prochaine consultation.

La partie inférieure du recto est réservée à l’examen médical et au diagnostic. Nous y reviendrons ultérieurement.

La fiche de premier examen d’enfants (2) donne des renseignements un peu différents de ceux de l’adulte (croissance, adénopathies, végétations adénoïdes). Ici, les renseignements médicaux sont mis au verso.

2° On utilise pour les adultes et les enfants, lors des premiers examens ultérieurs, une fiche blanche dite de radiologie, de laboratoire, et d'examens ultérieurs N° 1. Elle comporte au recto une série de colonnes : date, poids, température, pouls, état symptomatique, signes d’auscultation, continuation, cessation ou changement de travail et traitement. Au verso, on trouve deux schémas pour la radioscopie et deux cases pour les examens de crachats et les examens divers. Cette fiche a

(1) B — examen direct des crachats; H — examen après homogénéisation. Le crayon rouge indique la présence de bacilles. (2) Les malades sont classés adultes à partir de l’âge de 15 ans.

LEE 7 MR pour but d'économie de multiples fiches si le malade ne doit pas revenir au dispensaire.

3° Lorsque la fiche précédente est remplie ont la remplace par une fiche d'examens ultérieurs. Elle est de couleur ivoire pour les adultes et porte au recto un nouveau schéma et au verso les différentes colonnes d’examens ultérieurs dont les indications sont destinées à suivre la marche de la maladie à chaque consultation ultérieure.

Pour les enfants, on utilise une fiche verte semblable à la fiche d’adulte, mais en plus on note l’accroissement semestriel de la taille, du poids et du périmètre thoracique.

Les schémas d’auscultation de ces fiches ne seront remplis qu’en cas de changement manifeste des signes; ils devront

toujours être datés.

= 4° Fiche d’examens : nez, gorge et larynx. — Cette fiche, de couleur violette, porte deux schémas du nez et du larynx. Au verso se mettent les observations faites aux consultations ulté- ‘rieures. |

5° Fiche de liaison. — C’est un simple carton blanc qui sert au médecin à noter les prescriptions hygiéniques, prophylactiques et dans certains cas médicamenteuses et à la visiteuse à marquer à leur date les principaux évènements de la vie du malade recueillis à la consultation.

DossiErR SOCIAL

Le dossier social à la création duquel restera attaché le nom de M. Fuster, Professeur au Collège de France, est un des. rouages les plus importants de la vie du dispensaire.

Les fiches sociales sont contenues dans une enveloppe spéciale. Sur celle-ci sont marqués « à la suite en commençant par «le chef de famille, les noms et prénoms des membres de « cette famille ou les commensaux vivant avec elle. En face de «chaque nom, on note la parenté, le diagnostic, l’état de santé « apparent, la profession et le gain habituel ou le chômage ».

On marque par des majuscules (A. B. C. D.) les membres de la famille au fur et à mesure de leur inscription au dispensaire. Au bas de l'enveloppe, on note l’adresse des patrons. et la désignation de l’école pour les enfants. Cette enveloppe porte au verso comme au recto un très grand nombre de lignes; en cas de modification dans l’état social de la famille, on barre les premières indications et on reproduit au-dessous. le nouveau tableau de la famille. Sur cette enveloppe un B rouge indique un bacillifère, un B encerclé de rouge un bacillifère décédé, un B bleu un suspect de tuberculose.

L’enveloppe renferme : une fiche d'enquête sociale de la fa-

AVS PR

mille, une fiche complémentaire familiale et une fiche de secours (cette dernière pour les indigents seulement).

1° Fiche d’enquête sociale de la famille. — Elle est de couleur rose. Le recto comporte, avec le nom, le numéro, la nationalité et la date, la description du logement : ses caractéristiques, pièce par pièce et depuis combien de temps la famille J'habite, ainsi que les diverses résidences depuis deux ans. Au verso sont portées les conditions économiques et hygiéniques de la famille. Lorsqu'un plan du logement est jugé utile on le rajoute à l’aide d’une feuille volante.

2° La fiche complémentaire familiale, de couleur jaune, sert à l’infirmière-visiteuse pour inscrire au jour le jour les consta-

tations faites au cours de ses visites successives, les résultats

obtenus et enfin les demandes de la famille.

Il est essentiel pour le médecin, désireux de s’assurer des résultats obtenus et de contrôler le travail de ses infirmièresvisiteuses, d'examiner cette fiche à chaque consultation.

3° La fiche de secours, blanche, renseigne sur les secours distribués par le dispensaire, l’association agréée, le bureau de bienfaisance, et tout autres œuvres.

Les dossiers médicaux sont rangés dans des fichiers par numéro d'inscription et par année, lorsque les malades sont en charge. Lorsqu'ils sont sortants, (c’est-à-dire restés trois mois sans venir au dispensaire), ils sont mis dans d’autres fichiers par numéro, sans tenir compte de l’année.

Les dossiers sociaux sont rangés par secteur d’infirmière et par ordre alphabétique dans des fichiers. Les familles avec bacillifère sont placées en avant, puis les autres.

Lorsque les familles sont sorties, les dossiers sociaux sont mis dans des fichiers par ordre alphabétique sans distinction de secteur.

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