PREMIÈRE CONSULTATION
Le malade inscrit, ayant son numéro d'inscription, interrogé, pesé, mensuré s’il s’agit d’un enfant, se présente devant le médecin, nu, en règle générale, jusqu’à la ceinture.
Les malades sont introduits un à un dans le cabinet du médecin. Seuls, peuvent les y accompagner leurs parents immédiats.
Souvent, du premier coup d’œil, le médecin se fait déjà une opinion : il sait qu’elle peut être erronée; aussi, avant d’interroger le malade, il consultera la fiche médicale établie par la visiteuse et les premiers éléments du dossier social. C’est là un moment délicat : il en est beaucoup d’autres, devant lesquels se trouve le médecin du dispensaire prophylactique.
Il lui faut, en effet, savoir lire, apprécier, toujours contrôler et bien souvent rectifier. Lire correctement une fiche bien établie, en retirer tous les renseignements utiles est une nécessité qui s'impose; elle facilitera singulièrement l’examen du malade et mettra dans chaque cas particulier sur la voie des conseils à donner. Nous y insisterons encore ultérieurement.
Le médecin ne s’en tiendra pas là, et il posera au malade toutes les questions que lui suggèrera son examen clinique, en vue d'arriver à un diagnostic précis.
Une fois en possession de ces divers renseignements, le médecin procède à l’examen clinique du malade que nous exposerons ultérieurement.
Cet examen va provoquer un certain nombre de conclusions médico-sociales. Sérions les cas; c’est encore la façon la plus simple d’être, non pas complet, mais au moins dans la vérité du travail journalier du dispensaire.
a) Il s’agit de tuberculeux avérés. Ils sont signalés par le fichier central, l'infirmière sociale des hôpitaux, le médecin traitant, envoyés par un autre malade, venus d'eux-mêmes, grâce aux efforts de la propagande, ou conseillés par les personnes au courant du travail du dispensaire et plus souvent
encore dépistés par la visiteuse.
Ils viennent presque toujours trop tard, souvent après avoir
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quitté l'hôpital parce qu’ils s’y ennuyaient, ou avoir abandonne leur médecin qui aurait dû, à leur avis, les guérir avec une potion, des pilules ou des cachets.
Combien de fois, hélas ! sachant ou non leur état de santé, mais presque toujours mal conseillés, ils arrivent pour demander leur placement qu’ils exigent immédiat, alors que le placement qu’ils réclament ne saurait les recevoir.
1° S'il s’agit de malades en pleine poussée évolutive active (pulmonaire, pleurale, articulaire, osseuse, ganglionnaire, etc.) ou présentant une maladie aigüe, infectieuse ou non, le recours à leur médecin privé et, à défaut, l’entrée à l'hôpital s’impose et, bien souvent, d'urgence par ambulance. Les infirmières font alors immédiatement les démarches nécessaires.
C’est le devoir du médecin de persuader ces malades de Purgence qui s’impose et de faire disparaître toutes les objections, en expliquant qu’il s’agit d’un séjour probablement temporaire. Si leurs moyens leur permettent de se soigner chez eux, on leur conseille toujours de se faire suivre régulièrement par leur inédecin. Dans les deux cas, on engagera les malades. dès la fièvre tombée, à revenir au dispensaire et on leur assurera la visite régulière de l’infirmière-visiteuse.
2° Pour les autres malades, quand il n’y a pas urgence, voici la règle générale suivie au dispensaire Marcadet : examen clinique minutieux, examens complémentaires : bactériologique, radiologique, laryngologique, etc.
Toute décision est remise à la deuxième consultation, aussi rapprochée que possible.
b) Le médecin se trouve en présence d’un malade suspect. Ces malades sont en général signalés par les mêmes voies que dans les cas précédents, sauf lorsqu'il s’agit d’un malade soupçonné contagieux par le médecin du dispensaire et convoqué par lui, en raison de la connaissance de l’état de santé des membres de sa famille.
Les règles d'examen que nous venons d’exposer s'imposent naturellement, toutefois sans demander la même hâte.
c) Pour les membres d’une même famille, où il y a, ou bien, où il y a eu un contagieux avéré, ils sont convoqués par le médecin et la visiteuse doit s’efforcer de les faire venir au dispensaire. Là encore, les mêmes règles s'imposent avec autant de rigueur, mais aussi avec autant de mesure et de circonspection. -
d) D’autres fois, il s’agit d'individus, plus nombreux qu'on pourrait le penser à priori, qui ont peur de la tuberculose. Ils sont anxieux à l’idée d’une tuberculose possible, parce qu'ils toussent, parce qu’ils maigrissent, éprouvent des douleurs
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