‹ Contribution à l'Etude de l'Organisation de la Lutte Antituberculeuse. Un Dispensaire Parisien de l'Office Public d'Hygiène Sociale en action. Statistiques de six années de fonctionnementChapitre 8 sur 98 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L’effort réalisé par la création des Offices Publics d'Hygiène Sociale dans la lutte contre la tuberculose ne peut être estimé à sa valeur que par l’étude attentive des statistiques de chacun de ces dispensaires.

La France, pays de faible natalité, cruellement amputée de ses meilleurs enfants par la Guerre Mondiale, est une des contrées du Monde la plus atteinte par la tuberculose : 38 décès par tuberculose pour 10.000 habitants, alors que les chiffres sont de 20 pour l'Allemagne, 19 pour l'Angleterre, 14 pour la Belgique.

De toutes les villes d'Europe, Paris, y compris sa banlieue, est celle où la mortalité par tuberculose est la plus élevée et de toutes les villes de France, Paris est celle où la mortalité tuberculeuse présente les plus gros chiffres.

Mortalité par tuberculose pulmonaire en 1912, 1913 pa 1.000 habitants :

Paris : 3.18 — Lyon : 2.14 — Rome: 1.71 — Berlin : 161 — ‘Londres : 1.39 — Anvers : 1.04.

I est bien certain qu'avant l’époque contemporaine des es prits instruits, avisés ou simplement charitables ont tent d'organiser systématiquement la lutte contre la tuberculose’ e surtout contre la «phtisie », ce cauchemar qui pèse depuis s longtemps sur notre pauvre humanité.

Le terrain de lutte était à ce moment à peine exploré; auss

0] , . [2 n r . LA LA 4 La l’effort mal dirigé, fatalement hésitant et éphémère, ne répon dit pas aux espérances.

À la base de l’organisation manquaient les faits, les données précises, certaines, définitives. Il a fallu les découvertes bactériologiques modernes montrant qu’il s’agissait non d’une déchéance banale mais d’un parasitisme spécial, spécifique, pour apporter à ceux qui cherchaient à lutter contre le. fléau une

base, un point de départ solide, nécessaire, indispensable.

Auparavant, et ce n’est pas au contraire une raison de diminuer leurs mérites, tous ceux qui avaient pris à cœur la lutte contre la tuberculose ne connaissaient que les facteurs secondaires favorisant sa propagation et hâtant son évolution.

Cette lutte indirecte, la lutte contre le taudis, contre le sur-

peuplement, contre l’alcoolisme, contre le surmenage, contre la sous-alimentation, etc. n’a certes pas été inutile. Elle n’est plus aujourd’hui le centre de l’action qui est la défense contre : le crachat. Mais elle doit être poursuivie, parce qu’elle est et restera indispensable aussi longtemps que nous ne pourrons lutter contre le bacille qu’en évitant la contagion et en fortifiant l’organisme menacé ou déjà atteint.

La tuberculose se prend à la maison, au lit, à l’usine, à l’ate-

‘ lier d’autant plus facilement que l’organisme est en état de moindre résistance, elle évolue ensuite d’autant plus souvent et d'autant plus rapidement que les causes secondaires interviennent plus activement.

C’est cette conception scientifique de la tuberculose basée sur la double notion de son origine contagieuse et des conditions de son évolution qui a fourni les idées directrices, fondamentales de toute l’organisation actuelle de la lutte contre la tuberculose.

«La tuberculose est le type des maladies sociales c’est-à- « dire des maladies dont le développement est lié aux condi- «tions mêmes de la vie sociale et qui tendent à envahir pour «cette raison l’ensemble de la collectivité sociale. Il en résulte - «que ces maladies réalisent de véritables endémies perma- «nentes, infiniment plus redoutables que les endémies acci- « dentelles et qu’elles constituent un péril constant pour toute la partie de l'humanité vivant en société ». (Professeur Léon Bernard).

A telle maladie, il est vain de vouloir opposer des efforts individuels, dispersés, impuissanis malgré toutes les bonnes volontés, malgré tous les sacrifices, malgré tous les dévouements. Il faut organiser une unité de front, une organisation sociale. L'expérience, pour ne pas remonter très loin, a déjà démontré l’heureuse influence de cette lutte établie méthodiquement et permet d’espérer pour un avenir prochain des résultats de plus en plus encourageants.

Si la tuberculose peut avoir dans certains cas une origine

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