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animale, c’est surtout le bacille d’origine humaine qui constitue le grand danger pour l’homme, surtout pour l’homme jeune. C’est la défense contre les semeurs de bacilles, c’est la lutte impitoyable contre le crachat, son véhicule, qu'il faut instituer, expliquer et réaliser. Cependant, nous devons faire remarquer que le crachat lui-même exposé à l’air et au soleil, même pendant peu de temps, réduit en poussière, mélangé à d’autres poussières, ne peut vraisemblablement guère produire, à la condition de rester ainsi, qu’une source pauvre, lointaine, «intermittente, que des contagions occultes pauci-bacillaires, « provocatrices des formes bénignes ou latentes de la maladie, «tandis que les bacilles issus en abondance (gouttelettes de « Flugge projetées par la toux) de sources riches, proches ou « constantes, sont les agents de ces contagions avérées où mas- «sives, productrices des formes réellement pathologiques de «la maladie». (Professeur Léon Bernard).
Ces notions fondamentales devaient obligatoirement être rappelées aux premières pages de cette thèse car elles conditionnent et précisent le domaine d'action du dispensaire. Elles . lui permettent d'organiser efficacement la lutte contre la contagion de la tuberculose qui n’est ni ubiquitaire, ni inévitable.
Si toute infection tuberculeuse, quelque minime qu’elle ait été, fut-elle unique même, entrainait comme c’est le cas pour beaucoup de malades une évolution morbide, définie et limitée : dans le temps, les conditions de la lutte antituberculeuse seraient singulièrement simplifiées.
Mais autant le bacille tuberculeux constitue un type spécial parmi le nombre et la diversité des autres agents microbiens, autant sont spéciales les conditions qui règlent sa nocivité.
Il lui faut des assauts massifs, répélés, prolongés « sauf « l'exception des bébés, nés depuis peu de jours, où un contact «éphémère peut suffire une inoculation unique à moins qu’elle «ne soit massive et ne réalise les conditions de l’inoculation «expérimentale, ne suffit pas à engendrer la maladie. Et c’est «là, au point de vüe social, le nœud de la question ». (Professeur Léon Bernard).
Cette notion fondamentale implique, outre le devoir d’éviter toute contagion, ce qui n’est pas toujours permis, puisque la contagion peut se faire dès les premiers jours de la vie, le second devoir pour le médecin consulté trop tard, d'empêcher les contagions proches ou réitérées et enfin l'obligation d’imposer de dures règles. d'hygiène allant souvent jusqu’à l’éloignement du semeur de bacilles. |
Ces notions qui sont à la base de toute l’organisation de la lutte conduite par les dispensaires de l'O. P.H.S. reposent surtout sur l’expérimentation animale. Il semble bien qu’elles
soient valables pour l’enfant; mais pour tous ceux qui ont lexpérience de la tuberculose chez l’adulte, il est certain que les facteurs qui conditionnent sinon l’éclosion du moins certainement l’évolution de la maladie, sont singulièrement plus divers, plus complexes, plus en rapport avec les conditions de vie de chaque individu.
Ce n’est pas dans ce travail que rous pouvons nous étendre sur ce point : qu’il nous suffise de signaler et de faire remarquer que même chez l’adulte, les conseils d'hygiène seront toujours utiles à l'individu et qu’ils auront, s’ils sont suivis, le rôle important de protéger l’enfant si particulièrement exposé.
Seul le dispensaire qui doit travailler uniquement dans le but de la prophylaxie est armé et outillé pour dépister les malades, pour les examiner avec toute la discrétion possible et établir le diagnostic précis de la façon la plus précoce. Seul par conséquent il est à même de donner les conseils nécessaires de prophylaxie, soit qu’il agisse par lui-même, soit qu’il communique les résultats de ses investigations aux médecins traitants qui doivent en fin de compte en arriver à cette conception que le dispensaire ne soignant pas leur client est pour eux un moyen précieux et toujours correct d’information rigoureuse. Le dispensaire en peu de temps a changé la menta- Hité du public; à tous il a appris les dangers de la contagion et les meilleurs moyens de l’éviter; aux classes travailleuses, modestes ou nécessiteuses, il a démontré tous les avantages de l’observation des règles élémentaires de l’hygiène; aux classes aisées et riches, il doit maintenant prouver, ce qui est l’évidence même, qu’il travaille dans leur propre intérêt, puisque la tuberculose les frappe aussi durement que les autres et souvent d’une façon plus tragique. Or, la tuberculose étant une maladie qui se contracte par contagion et dans l’immense majorité des cas, par pénétration des matières bacillifères {crachats) dans les voies respiratoires ou digestives, c’est lorsqu'il est impossible d’éloigner le sujet contagieux, en l’instruisant sur la facon de tousser et de cracher, etc que l’on diminuera les chances d'infection. Le dispensaire intéresse à égal titre toutes les classes sociales et chacun. doit dans son intérêt propre l'aider dans la mesure de ses moyens à remplir toute sa tâche.
Lutter contre la contagion, lutter contre le crachat, lutter contre tous les facteurs favorisant l’évolution’ de la maladie, voilà le but qu’il faut avant tout viser, Lutter contre la maladie serait mieux mais nous n’en avons malheureusement pas encore les moyens.
Pour instituer cette lutte de prophylaxie et d'hygiène sociale, il ne suffit pas comme on l’a fait depuis des siècles de s’inté-
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resser au malade seul : l'hôpital est l’abri qui conduit plus ou / moins doucement au port funèbre; il ne guérit pas le malade; il ne connaît pas la famille, il ne peut la protéger, il ne peut l'empêcher, si l'infection est déjà réalisée, de prendre la voie sans espérance qu'a suivie son malade.
Il faut, une fois la tuberculose constatée et certaine, non pas certes négliger le malade, mais s'intéresser surtout et avant tout. à ses enfants et à sa famille.
C’est cette notion fondamentale qui a imposé, comme une nécessité, le dispensaire de prophylaxie et d'hygiène sociale avec. tout son armement, conception absolument originale et, quoiqu’on en puisse penser, véritablement nouvelle.
Certes, les consultations pour tuberculeux existent depuis longtemps : nous ne parlons bien entendu que de celles poursuivant en toute honnêteté un but utile (il faudrait mieux ne pas parler des autres, s’il n’en existait pas encore de trop nombreuses dont le moindre souci est assurément la lutte so-. ciale désintéressée contre la tuberculose). Même les meilleures n'avaient à leur disposition que les secours, les bonnes paroles et trop souvent hélas les médications 1illusoires quand elles n'étaient ni nuisibles ni funestes.
Il n’y a guère que trente ans qu'en Ecosse, un médecin, R. Philip proclama et prouva la nécessité de faire suivre et faire visiter à domicile les tuberculeux et leur famille par des. infirmières ayant suivi des cours spéciaux et diplômées après avoir fourni la preuve de leurs aptitudes et de leurs connaissances.
Pour R. Philip, le dispensaire auquel appartenaient ces infirmieres-visiteuses n'était que le « quartier général des opérations ».
Cela ne suffisait pas encore, il fallait lutter avec force. Au début on ne comprenait pas ou l’on comprenait mal. Il fallait lutter avec persévérance. Ceci juge la valeur de la conception et celle de ses artisans. Il fallait pour tout dire démontrer que le dispensaire n'avait que faire des médicaments, que le traitement n’était qu'un moyen de soulager certains symptomes trop pénibles ou douloureux, que le travail d'hygiène et de prophylaxie dépassait de beaucoup cette conception, charitable peut-être, mais inefficace. Sa tâche essentielle, primordiale, sa raison même d’être une organisation antituberculeuse, c’est, en ce qui concerne les malades, de rechercher ceux qui sont susceptibles d'amélioration sinon de guérison, et, plus particulièrement, en ce qui concerne leur famille, leurs enfants surtout, leurs commensaux, leurs camarades de travail. d'éviter la contagion.
Ce programme est assez beau, assez large, pour être encore aujourd’hui d’actualité.
Les noms de Calmette, qui dirigeait alors l’Institut Pasteur de Lille et de Melvoz de Liège doivent être mis à ce point de vue à la place d’honneur.
« Depuis l'ouverture des dispepsaires antituberculeux de « Liège en juillet 1900, et de Lille par Calmette le 1” fé- « vrier 1901, et à part peut-être l’office Siegfried-Albert Robin, «conçu un peu différemment quant à ses moyens d’action, je «ne crois pas qu’une modification quelconque ait été appor- «tée dans les principes fondamentaux et le programme des « dispensaires posés en 1899 par le Professeur Albert Cal- «mette devant la commission extra-parlementaire de la « Tuberculose instituée par Waldeck-Rousseau et présidée «par Brouardel.
« Tous ceux qui ont créé ou créent les dispensaires, comme «tous ceux qui en ont écrit, ont adopté la même formule et «les mêmes règles. Malgré quelques variantes ou déviations «(certaines n’ont pas toujours été très heureuses), la formule «française du dispensaire est restée la même. Ceux qui chez «nous et au delà de nos frontières l'ont adoptée, après s’être «rendu compte de sa haute valeur et des excellents résultats «qu’elle donne, ne lui ont rien ajouté et je ne pense pas com- «mettre une erreur en redisant ici que tel qu’il est sorti des «mains de son fondateur, le dispensaire antituberculeux type « Calmette a tout ce qu’il faut pour satisfaire entièrement à «ses fins et au rôle prophylactique qui, dès l’origine autant « qu'aujourd'hui, a été son principal objet.
«On a pu apporter certaines modifications aux modes de «fonctionnement, à la facon d’enquêter, au système d’écritu- «res et d’imprimés et de fiches servant à la constitution du « dossier des malades; on a pu discuter et l’on discute encore «sur le point de savoir si le dispensaire doit soigner les ma- «lades et faire de lassistance, s’il peut distribuer les médi- <eaments ainsi que des secours en nature ou en argent, etc…..; «mais on a rien changé à la conception première de Calmette «qui, avant tout, a voulu faire de son dispensaire un organisme de prophylaxie sociale, de préservation de l’enfance, « de’ propagande et d'éducation populaire antituberculeuses.
«Par conséquent, la mission du Dispensaire étant toute de «prophylaxie sociale, son organisation technique n’a rien « d’autre à prévoir que les moyens directs ou indirects qui « doivent lui permettre de la remplir le plus complètement pos- « sible et c’est de ces principes que nous nous sommes inspirés «dans la création du Dispensaire d'Hygiène sociale auquel «nous avons donné le nom d’Albert Calmette, en affectueux
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< hommage au Savant qui le premier il y a vingt ans, a doté «les défenses sociales contre la tuberculose d’uné arme tout «à la fois simple, pratique et des plus efficaces» (1).
Dans un travail publié en 1912 (2), le Professeur Calmette :
prenait acte de la création de dispensaires d'hygiène sociale suivant la formule établie par lui et qu’il « voyait se multiplier «partout sauf en France, ou nous en aurions le plus besoin «et où il n’en existe encore qu’un trop petit nombre ».
C’est lui qui a choisi de préférence à tout autre le nom que portent aujourd’hui les établissements de lutte antituberculeuse : Dispensaire d'Hygiène Sociale «pour bien indiquer à «ceux qui s’y présentent qu’ils peuvent en franchir le seuil «sans l’appréhension que leur inspire lPhôpital ou le sana- «torium. Cette dénomination définit par elle-même le but de « l'œuvre ». (A. Calmette).
L'exposition de ce but : rechercher, attirer, retenir, convaincre tous les sujets, toutes les familles déjà atteintes dans un de leurs membres ou simplement menacées, c’est la tâche à laquelle nous nous sommes attachés dans ce travail inaugural.
Les premiers dispensaires de Lyon (3) furent fondés par Jules Courmont et S. Arloing en 1905 et ils ne tardèrent pas, grâce au dévouement de leurs fondateurs, à couvrir Lyon d’un réseau prophylactique contre la tuberculose : dispensaires, visiteuses d’hygiène, système très complet de fiches individuelles et familiales, fichier central, désinfection du hnge, liaison avec les autres œuvres antituberculeuses, placement à la campagne, tout fut prévu et tout fut mis en pratique démontrant d’une façon évidente que le dispensaire antituberculeux est la formule la plus souple, la plus économique
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et en même temps la plus efficace de la lutte antituberculeuse.
Nous devions cet hommage aux ouvriers de la première heure. Ils ont osé : ce furent des iniliateurs; ils ont persévéré : ce furent des exemples; ils ont réussi à faire reconnaître la justesse de leurs conceptions, les résultats bienfaisants qu'ils en ont obtenus et ceux plus grands encore qu’il est légitime d’en attendre : ils ont été des réalisateurs.
(1) L. Guinard. — Le dispensaire Albert Calmette du 13° arrondissement de Paris. Revue d’hyg. et de Police sanitaire, t. XLL2N°#5;%Mai 1919, p. 434.
(2) A. Calmette. — La lutte sociale contre la tuberculose par les préventoriums ou dispensaires d'hygiène sociale. Presse Médicale, 19 Novembre 1912. Voir aussi Congrès International de la tuberculose, Londres 1901.
(3) D" Pierre Boudot. — Les dispensaires antituberculeux de l’Institut Bactériologique de Lyon en 1920.
On a dit que c’est la Grande Guerre qui a donné naissance à toute l'Œuvre de prophylaxie antituberculeuse et d'hygiène sociale.
C’est une grande erreur et une profonde injustice pour les pionniers que nous venons de citer; c’est aussi lignorance absolue de l’histoire de cette lutte sociale, qu’il nous serait facile, si la place ne nous était limitée, de faire remonter jusqu’à l’école française de Piorrv. Sans aller aussi loin, parmi les nombre des œuvres privées mentionnons l’œuvre des tuberculeux adultes fondée en 1900, et dirigée par Mlle Chaptal; l'Office antituberculeux Siegfried-Robin, créé en 1905 à lhôpital Baujon; l’Œuvre Grancher fondée en 1903, l'Association Léonce Séailles du 17° arrondissement; le dispensaire antituberculeux de la place Lachambeaudie (1°, fondé par MM. Jean Maurin et Garcherv.
Et il ne faut pas oublier de mentionner tous les efforts bien antérieurs de l’Assistance Publique à Paris, créant des sanatoriums maritimes pour les tuberculoses dites chirurgicales et des sanatoriums de plein air pour les tuberculeux pulmonaires, les préventoriums pour enfants et les placements familiaux (Forges, Hendaye, etc...).
Il importe encore de ne pas oublier que Léon Bourgeois présenta le 25 juillet 1913 à la tribune du Sénat son projet de loi tendant à la création de « dispensaires d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse ».
Ce projet de loi était précédé d'un rapport « constituant une « véritable charte de lorganisation hospitalière de la défense «contre la tuberculose; ïil y était établi tout un vaste plan « d’action prévoyant la création de dispensaires de quartiers, «< d'hôpitaux, de sanatoriums pour tuberculeux ». (H. Sellier et H. Rousselle).
Ce qu’il à fallu d'efforts à ce projet de loi pour arriver en discussion, seul le rapporteur M. Paul Strauss qui déposa ce rapport le 8 juillet 1914, pourrait nous le dire.
Il est juste de reconnaître que la Guerre a ouvert des veux auparavant fermés.
Il est donc bien établi que ce n’est pas de la Guerre qu'est née, toute armée, l’idée des dispensaires pas plus que l'appui généreux et véritablement philanthropique apporté par nos amis d'Amérique qui, plus rapides que nous à utiliser nos découvertes et à en tirer toutes les conséquences, ont sur ce terrain comme sur d’autres assez de titre à notre reconnaissance.
Et pour être complet, cette reconnaissance doit s'étendre non seulement à leurs efforts financiers, mais à la meilleure adaptation à la vie courante des conceptions françaises, à la notion précieuse de la nécessité de l'exemple et de la ALES gande.
La Guerre avec toutes ses conséquences sociales a révélé la nécessité, l’urgence même d’entreprendre résolument la lutte. La mission Rockefeller avec son admirable organisa-| tion, avec les fonds considérables mis à sa disposition, a heureusement favorisé la constitution de l'organisme de défense que représentent les Offices Publics d'Hygiène Sociale.
Dans la première année de la Guerre, on réformait n° 2, les tuberculeux et on les renvoyait, sans pension ni gratification aucune, dans leurs foyers semer la contagion.
Landouzy en appela de suite à la «commission permanente «de la préservation contre la Tuberculose» et son cri d’alarme fut entendu par le Parlement.
Dès le 2 avril 1915, le Parlement votait une résolution invitant le Gouvernement à donner aux tuberculeux militaires les soins nécessaires et l’éducation qui leur permettrait de continuer leur cure avant de les renvoyer dans leurs foyers.
Ce fut le point de départ : création de stations sanitaires. (loi du 18 octobre 1915) — création des comités départementaux (circulaire ministérielle du 21 mars 1916) — organismes temporaires limités à la durée de la Guerre, mais dont le rôle était celui d’un dispensaire avant la lettre, comme le faisait à cette époque remarquer le Professeur Léon Bernard et déjà dans la pensée des organisateurs avisés de cette œuvre éphémère, «germait l’idée de la transformation ultérieure de ces « organismes de Guerre qui devaient être la souche de l'Œuvre de Paix ». (H. Sellier et H. Rousselle).
L'organisation comprenait des infirmières-visiteuses, des consultations, des fiches, etc Dans le dix-huitième arrondissement, elle fonctionna à l’hôpital Bichat sous la direction de mon Père, disposant de 3 infirmières-visiteuses.
Enfin, la loi Léon Bourgeois votée après un remarquable rapport de M. À. Honorat parut dans le Journal Officiel du 15 avril 1916.
En ce qui concerne plus particulièrement Paris et le département dela Seine, il n’est que juste de rappeler l’admirable esprit d'initiative et les longs efforts, d’ailleurs couronnés d'un légitime succès, de MM. Henri Sellier et Henri Rousselle, qui, passant outre aux omissions ou aux prescriptions trop ctroites de la loi, réussirent à faire adopter par le Conseil Général les bases de JO. P. H.S. dont ils peuvent, à juste titre, revendiquer la plus large part de paternité.
Le nom d'Henri Sellier restera attaché à la création et au développement de l’O.P.H.S. du département de la Seine, modèle de tous les offices départementaux qui a placé d’emblée la France paisible et résignée, quelquefois attardée, à l'avant-garde des Nations, sur le terrain de la lutte contre le fléau tuberculeux.
C’est sur les conseils de mon Père que je me suis décidé à entreprendre ce travail.
S'intéressant depuis plus de quarante ans à la lutte contre la tuberculose, il s’offrit dès les premiers jours au Comité Départemental de la Seine d’Assistance aux Anciens Militaires tuberculeux pour recevoir les malades du secteur Nord de Paris (17, 18 arrondissements de Paris, St-Ouen, St-Denis, Epinay, etc.) à la consultation de l’hôpital Bichat. De là, il passa au dispensaire de la rue du Simplon (18), puis au dispensaire créé en 1920 rue Marcadet et qu’il dirigea comme médecin-Chef jusqu’à fin 1925, soit pendant environ six ans.
C’est très simplement l’histoire de ce dispensaire que nous nous proposons de relater.
I nous a semblé tout d’abord que la tâche allait être facile et qu'il nous suffirait de collationner les fiches et de résumer les statistiques.
Nous devons reconnaître maintenant, après de longs mois de travail, que nous n’aurions pu aboutir sans les conseils du médecin-chef, mon Père, et sans l’aide précieuse de Mlle Perrochaud, Infirmière-Chef du dispensaire Marcadet. Nous savons qu’elle a passé en dehors de son service bien des heures pour nous aider à réunir des chiffres ou à consulter non seulement les fiches, mais aussi ses statistiques mensuelles et son grand livre. Qu'elle nous permette de lui adresser ici lexpression de toute notre gratitude.
Nous devons aussi des remerciements à toutes les infirmieres-visiteuses du dispensaire Marcadet et plus particulièrement à Mile Bodson qui, devenue Infirmière-chef au dispensaire des Cloys après avoir été pendant six ans infirmière-visiteuse au dispensaire Marcadet, a mis à notre disposition les documents et les fiches transférés du dispensaire Marcadet à son nouveau dispensaire et nous a donné tous les renseignements qu’elle pouvait nous fournir.
Malgré les concours que nous avons rencontrés, malgré le temps passé, nous n’avons pas la prétention d’apporter des conclusions définitives, ni même absolument complètes. En tout cas, elles auront le mérite d’être précises, basées sur l'étude minutieuse de toutes les fiches médicales et sociales et de tous les autres documents conservés au dispensaire.
Cette thèse sera la très modeste pierre que nous apporterons pour le « Grand Œuvre >» que représente la lutte engagée contre le fléau tuberculeux.