‹ Contribution à l'étude de l'ostéite des nacriersChapitre 6 sur 22 · SAC TE · texte numérisé non relu

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fut assez aimable pour nous permettre d’en utiliser l’observation. Ce praticien nous fit remarquer en outre que les cas étaient moins fréquents à Méru qu'ils ne le sont à Vienne, probablement à cause d’une hygiène mieux comprise ou à des conditions climatériques différentes.

Enfin, il serait possible qu'un jour ou l’autre les médecins japonais nous apportassent une contribution importante à l'étude de l’ostéite des nacriers, étant donné le développement récent de cette industrie dans ces contrées ; actuellement, il n’y a pas eu encore, à notre connaissance, de publication à ce sujet.

ÉTIOLOGIE *

Comme dans toute description nosographique, nous aurons à considérer successivement la cause capitale et à envisager ensuite les conditions étiologiques accessoires, qui président à l’éclosion de la maladie.

La cause primordiale est ici la poussière de nacre. Nous aurons donc à étudier plus longuement en quels lieux s’est développée l’industrie de la nacre, comment elle se présente, en quoi elle consiste, quels matériaux elle emploie, ce qui nous permettra plus facilement, dan la suite, de comprendre le mécanisme et l’action des poussières de nacre.

Centres de l’industrie de la nacre

La nacre est travaillée en Moravie et en Bohême (Brünn, Grasslitz) : nous avons vu qu'elle avait déjà autrefois été incriminée d’insalubrité ; cette accusation ne paraît pas avoir porté de résultats nuisant à son développement.

Les centres européens les plus importants sont, d’une part, en Autriche, à Vienne dans les quartiers suburbains, et d'autre part en France, à Méru (Oise).

Parmi les autres points du monde où l’on travaille la nacre, il nous faut citer en premier lieu le Japon dont la concurrence actuelle est très considérable et commence à se faire sentir, là comme dans une série d’autres industries.

Au Tonkin, le travail de la nacre estégalement assez répandu (Toussaint) ; les insulaires de Minikoy sont célèbres pour leurs travaux d’incrustations ; les ouvriers tonkinoïis font peu de poussière, ils concassent la surface miroitante de la coquilleet par l’assemblage de ces irisations, obtiennent des variétés de coloration extrémement riches ; somme toute, c’est là un travail très différent de celui des tourneurs.

En Palestine, à Jérusalem, et en particulier à Bethléem, des négociants indigènes travaillent également la nacre pour en faire des boutons, des pièces de chapelet et une foule de souvenirs que les pèlerins rapportent des endroits appelés lieux saints. Cette industrie est du reste toute primitive, et les ouvriers se servent d’une petite roue dentée avec laquelle ils découpent, percent, pointillent et sculptent la nacre.

Le centre de Vienne aurait, paraît-il, diminué d’importance ces dernières années ; tandis que les agglomérations de Méru (Esches, Fosseuse, Bornel, La Villeneuve, Amblainville, etc..), forment un groupe industriel très important.

On calcule en effet qu’il s’y fait bon an, mal an, en- Deturck 2

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viron 40 millions d'affaires. La fabrication porte surtout sur la confection des boutons de nacre, depuis les plus beaux spécimens jusqu'aux petits boutons usuels, à bas prix. Le nombre d'ouvriers employés est évalué à plus de trois mille qui sont composés en partie d’adultes, en partie d'adolescents pris à l’âge de treize, quatorze ans, au sortir de l’école primaire. Les uns travaillent dans des ateliers disposés à cet effet, d’autres tournent la nacre dans leur maison mème; il est intéressant de voir qu’à Méru, il n’y a pas précisément une usine ; mais des ateliers plus ou moins importants qui se sont groupés, par location de bâtiments, autour de distributeurs de force motrice, de telle sorte que, pour l'entrepreneur en nacre, il y a diminution des frais généraux, augmentation de rendement, et également l'immense avantage de posséder des moyens de travail et des résultats plus parfaits.

Nous avons visité à La Villeneuve, une petite usine très bien installée, dans d’aussi bonnes conditions hygiéniques que possible ; nous reviendrons du reste sur

cette question.

Le mot « nacre », vient de l’arabe nakar qui veut dire coquille. La nacre provient un peu de toutes les parties du monde: il y a, en effet, une série de mollusques nacrigènes. Tout en possédant des différences d’épaisseur, de solidité, d'éclat, etc..; points de vue purement industriels, elle est, au point de vue anatomique, assez analogue à elle-même. On sait qu’elle est produite par

l'épithéliam externe du manteau, qui chez le mollus-

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que, est en contact avec la coquille, à l'exception du bourrelet palléal ; elle est formée d’assises parallèlement superposées, de lamelles membraneuses et de lamelles calcaires. La surface calcaire est couverte de sillons très fins répondant à l’ondulation des couches. Réduite en poussière, la nacre se présente sous forme de petits fragments à arêtes vives, à bords coupants et déchiquetés, à angles aigus, en fibrilles contournées à la façon d'une vrille, adhérant fortement aux surfaces sur lesquelles ces poussières agissent mécaniquement, et d'une façon'‘irritante à la manière de microscopiques instruments piquants et coupants.

Il nous a paru intéressant de faire une enquête conchyologique sur la provenance et la race des différents gastéropodes employés. Voici, d’après les renseignements que nous avons puisés chez les industriels euxmêmes, quelques détails à ce sujet.

Le mollusque type de la production de la nacre est l’huître perlière (Weleagrina Margaritifera) des océans Indien et Pacifique, et celle de Ceylan (Avicula fucata). Ces mollusques sont encore connus sous le nom de Pintadines ou moules margaratifères. Outre leur revêtement de nacre coquillier, elles donnent naissance à des concrétions libres qui sont la perle fine, si estimée par les conventions sociales. Ces gastéropodes fournissent la plus belle nacre, la nacre franche que l’on trouve aussi chez les Muleites ou Anodontes (Anodonta Plicata, mulette perlière) ; la Trigonia Peclinata d’'Australie, (pêchée à Sharks-Bay); très belle coquille, mais

petite, utilisée pour les plus jolis boutons de con-

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