‹ Contribution a l'étude de l'ostéite des nacriesChapitre 13 sur 22 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

A première vue, en visitant un de ces ateliers quenous avons décrits plus haut, et, dans lesquels, les ouvriers vivent et respirent dans une atmosphère saturée de poussières, il était tout naturel pour les premiers observateurs de l’ostéite des nacriers, d'établir un lien direct entre l’affection et les débris pulvérulenis. Cependant tout le monde n’a pas été d'accord sur le mécanisme qui préside à l’évolution pathogénique de la maladie.

Pourquoi, en effet, parmi tant de professions, dans lesquelles les ouvriers travaillent au milieu de poussiè-

res(meuniers, tailleurs de pierre, ouvriers enlimes, etc.) :

n’observe-t-on que des lésions de sclérose pulmonaire ou des dermatokonioses ?

Pouvait-on donc, à juste titre, invoquer comme cause directe l’action des poussières brutes entraînées dans le torrent circulatoire, après avoir traversé l’endothélium pulmonaire ? Dans ces conditions, la poussière de nacre aurait agi comme un véritable embolus de VircHow allant provoquer une thrombose des vaisseaux sanguins irriguant les os.

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Mais pourquoi observait-on seulement des localisations osseuses ? Pourquoi ne pas retrouver ces mêmes lésions dans les autres organes et les autres viscères ? Enezisou, il est vrai, attribuait une certaine valeur à l'immersion des mains dans l’eau froide. GüsSENBAUER plus tard, à son tour, croyait pouvoir avancer que les manifestations de l’ostéite des nacriers étaient exactement liées à la situation des segments osseux plus particulièrement en rapport avec le travail de l’ouvrier :

‘par la voie buccale, les os de la face étaient atteints fa-

cilement, soit par suite de lésions dentaires ou d’une lésion antérieure du maxillaire. L’ouvrier étant debout devant son travail, les métacarpiens et les métatarsiens, les os de l’avant-bras, fréquemment heurtés, fatigués au niveau des articulations, auraient été de véritables loci minoris resistentiæ ; mais nous ne nous arrêterons pas à ces opinion 15 auxquelles leurs auteurs

eux-mêmes n'ont pas attaché grande importance. Il est

évident que toutes les causes précédentes étaient très

insuffisantes à expliquer les faits, d'autant que d’autres poussières industrielles inertes, végétales ou animales, donnaient aussi lieu à des accidents, mais jamais à de l’ostéite.

D'autre part, ce qui a frappé le plus, c’est la constance des localisations et la progression de la tuméfaction de l’extrémité de l’os vers son centre. C’est donc dans ce double ordre defaits : composition de la nacre et contitution des tissus entrant dans la formation de la diaphyse, qu’il fallait rechercher la pathogénèse des acci-

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De la Nacre

Nous avons vu à propos de l’étiologie et de l’histoire de l’industrie de la nacre, la provenance des différents mollusques qui fournissent la matière première. Nous avons vu aussi que, sauf certaines qualités de brillant, d'épaisseur, de solidité, la nacre est un produit animal presque toujours analogue à lui-même.

A Vienne, les couches internes de la nacre étaient en 1875, seules travaillées, non seulement à cause de leur plus grande épaisseur, mais aussi à cause de leur éclat particulier. Les couches supérieure et inférieure étaient enlevées par exfoliation, tandis que la partie interne était soumise au toùr. Les poussières de l'atelier étaient donc constituées exclusivement de particules infimes provenant de cette couche interne.

De quoi se compose cette couche interne ? D’après analyse chimique de coquilles bivalves, elle serait constituée de 90 à 95 0/0 de CO*CaO, de 2 à 3 0/0 de matières organiques et à peu près autant de divers autres sels. On pourra consulter à ce sujet les travaux de SCHLOSSBERGER sur la constitution chimique des mollusques (Die Chemie der Gewebe des gesammien Tierreiches. Leipzig et Heidelberg, 1856).

KLAUSER, assistant de l’Institut de chimie pathologi-

que de Vienne, a fait une analyse chimique qualitative

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