‹ Contribution a l'étude de l'ostéite des nacriesChapitre 14 sur 22 · ARR · texte numérisé non relu

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et quantitative de la nacre. Décrivant et étudiant l'écaiile provenant de l’Avicula Margaratifera qui fournit la perle précieuse, il lui trouve comme chez les autres bivalves, comme chez l’huitre commune, trois parties caractérisées d’une façon différente, anatomiquement et chimiquement.

Il distingue :

1° Une couche supérieure (schuppenschicht), couche écailleuse, écaille brune, etc.

2° Une couche crétacée (kreideartigeschicht), couche terne, crayeuse, friable. |

3° La couche perlière (perlmutterschicht), la plus interne, nacrée et résistante.

Voici l’analyse comparative de ces différentes cou-

ches :

Première couche :

10,22 de matières organiques ; 0,55 de HO ;

89,23 de CO*CaO;

Traces de MgO et d’alcalins.

Deuxième couche:

10,15 de matières organiques :

0,32 de HO ;

89,49 de CO*Ca0 ;

Traces de MgO ét d’alcalins.

Troisième couche :

5,57 de matières organiques insolubles dans l’eau; 0,11 de matières organiques solubles dans l’eau; 93,555 de Co?CaO ;

0,295 d’alcalins ;

(CL, et SO‘ en combinaisons).

L'analyse de la substance organique a permis de reconnaître qu’elle contenait en moyenne 16,7 0/0 d’Az. On n’a pas décelé la présence de P. ou de S. Les substances organiques insolubles dans H°O étaient également insolubles dans les alcalis et acides étendus, tandis que les alcalis et les acides concentrés les dissolvaient si l’on poussait plus longtemps leur action pendant l’analyse. On a remarqué l'existence de deux formes de substances organiques. Il est probable que la seconde, soluble dans l’eau, et que l’on retrouve chez un grand nombre de mollusques à teneur élevée en Az, est absolument analogue à celle à laquelle Frémy a donné lenom de conchyoline. Nous verrons plus loin Le rôle qu’il faut faire jouer à cette substance organique qui, abandonnant au niveau du poumon ses sels calcaires, à la faveur de CO* dissous, resterait alors seule, et, entraînée dans letorrent circulatoire, parviendrait ainsi aux différentes parties du corps, et spécialement dans les ramifications des artères nourricières des os, en y provoquant des lésions de thrombose.

GÜSSENBAUER a essayé de reproduire sur des chiens ces lésions osseuses afin de pouvoir vérifier expérimentalement les faits cliniques.

En mai 1872 il prit des chiens adultes et les mit dans une cage de tôle ; puis, à l’aide d’un ventilateur, il leur fit respirer de la poussière de nacre mélangée avec de l'air dans des proportions plus ou moins considérables. Pour faire cette expérience, il avait recueilli dans une fabrique, environ 60 livres de cette poussière (60 Pfund — 1 Pfund = 1/2 kilogr.).

Mais il réfléchit ensuite qu'il vaudrait peut-être mieux employer des individus en voie de croissance, étant donné qu’il n’y avait pas eu d'observation signalée après une croissance définitive. Mais dans l’un et l’autre cas, malgré quatre mois et demi d’inhalations continues, les chiens ne présentèrent aucune lésion osseuse, et après avoir sacrifié ces animaux, il constata que leur parenchyme pulmonaire, leur muqueuse bronchique, étaient farcis de noyaux inflammatoires et suppurés, formés, à leur centre, par un conglomérat de poussière de nacre, véritables lésions banales de pneumokonioseulcérative.

GüssENBAUER ne tenta pas l'injection directe dans le système circulatoire, soit de poussière de nacre, soit

d'extraits de sa substance organique.

On sait que jusqu’à un certain âge, les extrémités osseuses, chez l’homme, ne sont pas encore complètement

ossifiées. La soudure des points épiphysaires se produit

SES Ne pour chaque os à une époque déterminée de la croissance. Quelques-uns même, ne présentent leur ossification définitive que vers la trentième année. Cependant ces derniers cas sont très isolés, et l’on peut dire d’une façon générale que, vers 25 ans, la croissance d’un individu normal bien constitué est terminée.

La période de plus grande activité des extrémités osseuses est entre 14 et 18 ans et c’est, sauf un cas qui nous est personnel, entre ces âges que les accidents de l’ostéite des nacriers éclatent toujours. |

En effet, toute cette région diaphyso-épiphysaire est extrêmement riche en vaisseaux, et ces vaisseaux dont la disposition est très remarquable, ont été décrits par Neumanx. D'abord assez larges, ils se rétrécissent en entonnoir de telle sorte que le sang, avant de passer dans,les veinules, est obligé de subir un véritable ralen-

tissement dans les capillaires ; il se produit un état de

Stase, tout particulièrement favorable à la production

d’une thrombose. Rappelons-nous, en effet, la vieille phrase de LANGEREAUX : « .… Les thromboses marastiques se produisent toujours au niveau des points où le liquide sanguin a le plus tendance à la stase.. »

Évidemment, dans le cas présent, il ne s’agit pas de thrombose marastique ; mais il nous a paru intéressant de rapprocher du fait qui nous occupe, l’idée contenue dans cette phrase de LANCEREAUX.

D'un autre côté, la stase, seule, ne suffit pas à expliquer la formation de la plupart des thromboses.

BRÜCKER, ZAHN, GLÉNARD, etc., les premiers, ont

bien montré qu'il était nécessaire qu'il s’y adjoignît un

or HO en

élément, d'importance capitale : l’infection microbienne. Depuis, on sait que les toxines peuvent altérer la crase sanguine et provoquer le processus thrombosique.

Dans l’ostéite des nacriers, on ne relève pas d’infection microbienne ; son processus est aseptique ; à défaut de micro-organismes pathogènes, on peut admettre l’action d’une substance toxique qui jouerait le même rôle que les toxines et les ptomaïnes (1).

D’où peut venir la toxine qui agirait d’une façon analogue dans l’ostéite des nacriers ? Évidemment, c’est une substance organique. Nous avons vu plus haut en effet, la présence de cette substance dans la composition de la nacre. Mais, d'autre part, il y a des poussières animales comme la corne, qui, elles aussi, contiennent des matières organiques insolubles et dont les poussières ne provoquent pas d'accidents osseux. Il faut donc que ce soit cette substance soluble dans l’eau, riche en Az comme toutes les ptomaïnes, sans molécules phosphorées ni sulfurées, cette conchyoline en un mot, qui représente l’agent toxique nécessaire à la production thrombosique, production favorisée par la constitution spéciale des vaisseaux osseux ?

Elle pourrait iouer en outre, cette conchyoline, un

1. S'il n’y a pas infection microbienne, on peut se demander pourquoi il y a de la fièvre ? Gincorpue et Courmonr (Archives de médecine expérimentale, 1891, page 504) ont montré qu’une oblitération artérielle, sans présence de microbes, pouvait s’accompagner d’une élévation de température, due à la résorption de produits solubles pyrétogènes secrétés par les tissus en voie de nécrobiose. Cette explication peut vraisemblablement s’ap-

pliquer au cas actuel,

= 60 = rôle plus complexe en s’accumulant tout simplement

par elle-même dans les cônes des capillaires.

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