‹ Contribution à l'étude de l'ostéochondrite disséquanteChapitre 15 sur 17 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Le malade, âgé de 45 ans, maçon, à été évacué des x armées en 1915, pour une forte contusion du genou | gauche, avec hydarthrose et plaie superficielle : de la face externe du condyle fémoral. a Il vient dans le service de M: le Professeur Duval, le 17 juin, pour une gêne fonctionnelle du genou gauche. : ‘3 L'examen ne montre pas, à ce moment, de diminution appréciable dans l'amplitude des mouvements articulaires, mais révèle une hydarthrose peu abondante, une amyotrophie très nette du quadriceps fémoral; corps étranger est perçu dans le cul-de-sac supérieur, gros comme une grosse amande, lisse, mobile, très nettement visible sur les radiographies. ,

Le malade n’a jamais eu de « blocage », le volume de larthrophyte étant un obstacle à son engagement entre les surfaces articulaires.

Opération le 23 juin 1924 : Une arthrotomie externe

est pratiquée. Par la brèche on examine la synoviale

dans laquelle flottent, comme des algues, des franges

4 rougeâtres, épaissies, de la séreuse. Le liquide est évacué,

le corps étranger est extrait, entièrement libre, formé de

__ tissu osseux entouré d’une mince couche de cartilage. Suture. Guérison.

Le genou droit n’a jamais été le siège de douleurs,

® ni d’hydarthrose. On découvre cependant, dans le cul-de-

sac sous-quadricipital, un arthrophyte semblable à celui

cas observé, la cavité centrale n’existait pas.

Loges

du côté gauche. Mais le malade ne consent pas à l'extrac- rie tion de ce corps étranger,

Les radiographies montrent, d’ailleurs, la différence dans l’interligne des deux genoux : du côté gauche on aperçoit dans l’interligne articulaire l'intensité du processus de l’arthrite chronique, les saillies sont nombreuses sur les surfaces fémorale et tibiale. Du côté droit, au contraire, les ombres sont presque normales.

Chez ce malade il semble donc prouvé que les corps étrangers articulaires doivent leur origine à une arthrite déformante.

De plus, il faut noter que la structure de lV'arthro-

phyte enlevée n’est pas celle qui est décrite le plus sou-

vent. En effet, la plupart de ces corps étrangers présentent une coque fibro-osseuse formée de deux portions, une enveloppe externe du tissu fibroïde dense, doublée au-dessous d’une bande osseuse. A l’intérieur se trouve une cavité traversée par de minces trabécules. Dans le

Corps étranger ostéocartilagineux du coude

Par M. le Docteur CH. DuyJARIER.

(Malade présentée à la Société nationale de Chirurgie. Séance du 29 avril 1925.)

OBSER V ATION

Le malade, âgé de 17 ans, est'entré à Boucicaut le 11 mars 1925.

Un mois plus tôt, en soulevant un paquet de linge pesant environ dix kilos, il ressent une vive douleur dans le coude droit, avec, autant qu’on peut le préciser, un certain degré de blocage articulaire,

‘Par: l'interrogatoire on décèle Fe les mois précédents plusieurs ébauches du même phénomène. Mais aucun traumatisme, aucun accident pouvant expliquer la production d’un corps étranger. .

À la suite de son blocage articulaire, le malade peut terminer sa journée de travail: mais le lendemain il se plaint de son coude, constate de la limitation des mouvements de flexion et d'extension et va consulter à lhôpital Ambroise-Paré, à Boulogne.

On le soigna par des massages, de Pair chaud, puis, voyant que la situation ne s’améliorait pas, ce malade est adressé à M. PUOUUE dans le service duquel il entre. :

Comme symptôme on note une ééère tuméfaction avec douleur à la pression dans la gouttière olécrânienne externe. Les mouvements de flexion et d'extension sont légèrement limités; les mouvements de rotation sont normaux. ;

La radiographie montre une légère perte de substance au niveau du condyle huméral.

Le malade est opéré le 21 mars 1925. L’articulation est ouverte par une incision verticale située entre l’olécrane et le condyle, et sous la lèvre interne de la synoviale on voit pointer le corps étranger : à l’état frais il avait le volume d’un demi-haricot, avec une surface cartilagineuse articulaire bien nette. Sur la face supérieure on notait quelques particules osseuses. Ce corps étranger correspond très exactement à la perte de substance que la radiographie décèle au niveau du condyle.

I s’agit très probablement d’un cas d’ostéochondrite disséquante dont il est impossible de préciser l’origine.

Comme résultat fonctionnel, le malade est très amélioré, il n’a plus présenté de douleurs brusques dans le. coude, mais les mouvements de flexion et d’extension sont encore un peu limités et on détermine encore une

légère douleur à la pression du condyle et de la gouttière condylo-olécranienne. Il subsiste également une légère atrophie musculaire du membre, «

OBSERVATION (inédite)

(Prise dans le service de M. le Docteur DUJARIER.)

Mb. #16/ans:

Entre dans le service de M. Dujarier, à 6 mai 1925, peur corps étranger articulaire du coude droit.

En 1922, le malade, employé comme dessinateur à lPusine Blériot, fait une chute sur le carrelage de l’usine, au cours d’un travail exécuté dans la coque d’un avion suspendue à 2 m. 50 du sol.

Le coude droit étant fléchi au maximum, le traumatisme semble localisé à la région olécranienne, le coude glisse après avoir pris contact avec le sol él supporte tout le poids du corps. : ;

Une vive douleur est ressentie, le malade se he et constate que les mouvements de flexion et d’extension du côté traumatisé peuvent être exécutés assez facilement, sans craquement, sans ressaut, mais il ressent seulement une vive douleur par la mobilisation active.

Des massages sont faits chaque jour à l’infirmerie de

l'usine pendant la semaine qui suit la chute; le malade continue de travailler, l’impotence fonctionnelle se dissipe peu à peu et en 15 jours tout cs revenu à la normale. | ed Deux mois après, cet ouvrier dont le bras droit fonctionne parfaitement, quitte l’usine et devient garçon de

café; il porte, sans aucune gêne, à l’aide du bras droit des plateaux chargés.

C’est un an environ après la chute à l'usine qu’appa-

raissent brusquement de nouveaux accidents. Le malade, qui est toujours garçon de café, prend de la main droite un plateau chargé au comptoir; son avant-bras est alors fléchi à angle droit sur le bras, pour emporter sa charge

il exécute un mouvement d’extension, il perçoit une sen- sation d’arrêt dans l’articulation du coude, accompagnée |

d’un bruit de craquement et d’une douleur vive localisée

à la pointe de l’olécrane.

Ce ressaut se produit quand l’avant-bras est : fléchi à

60° environ sur le bras; mais le mouvement d’extension

peut néanmoins continuer et atteindre le maximum. Depuis ce jour et sans aucun changement jusqu’à

l'opération nous retrouvons le même phénomène : sen-

sation nette de ressaut accompagnée de douleur olécra-

nienne et d’un léger craquement qui se reproduit chaque

fois que le malade exécute un mouvement d’extension de son membre supérieur droit. Le malade peut continuer sa profession; il est obligé, toutefois, de conserver le coude fléchi à angle droit pour porter les plateaux. Plus tard il devient dessinateur sur robes et continue d’éprouver une gêne réelle dans certains travaux qui nécessitent l'extension et la flexion successives de l’avant-bras droit.

Il vient consulter le 6 mars 1925 à Boucicaut, reste huit jours en observation et on décide une intervention.

Résolu à se faire opérer, il entre dans le service le 3 mai 1925.

L'examen du coude droit, à cette époque, nous montre un aspect extérieur normal. À la palpation on provoque une douleur de la gouttière épicondylo-olécranienne et l’on perçoit un gonflement au même niveau.

Les mouvements de flexion et d'extension sont lége-

rement limités. Le ressaut et le petit craquement signa-

lés plus haut sont très nets, moins marqués si l’avantbras reste en pronation au cours de ces mouvements, plus marqués au contraire s’il est en supination ou si le bras est en élévation ; on perçoit même plusieurs craquements dans cette dernière position. 7

La radiographie montre très nettement une encoche

sur la partie inférieure du condyle de l’humérus. L'opération a lieu le 7 mai 1925.

Jncision entre l’olécrane et le condyle, ouverture de

l'articulation.

Par le jour étroit ainsi obtenu on ne voit pas de corps étranger. On agrandit le jour, on désinsère les

tendons de l’épicondyle et on arrive ainsi à voir sur la P

surface cartilagineuse du condyle une zone boursouflée recouverte de cartilage normal, sans solution de continüité sur les bords; mais par pression avec l’extrémité d’une pince on voit qu’il y a un décollement du cartilage

avec formation d’un corps étranger qui ultérieurement se serait libéré. C’est un stade d’ostéochondrite dissé-

quante en rapport avec le traumatisme. CR Avec la curette on brise le cartilage à la périphérie

de la zone décollée et on enlève le corps étranger constitué par du cartilage légèrement incrusté d’os à la face

profonde.

Fermeture de l’articulation et suture de la peau. Les suites opératoires sont normales.

Le résultat fonctionnel est excellent,

IN

NN

de

Page 1