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toïde et son genou, qui avait repris son volume normal,
regonîle. Ces phénomènes douloureux avec gonflement se produisent tous les quatre mois et la crise dure environ quinze jours. Chaque fois le volume redevient normal, cependant l’article est moins solide qu’autrefois.
En 1921, pas de crises; mais quelque temps après, à f’occasion d’une pêche, pendant laquelle le malade souffre du froid et de l'humidité, nouvelle crise de douleur et gonfiement. Application de teinture d’iode, le gonflement disparaît.
En juillet 1922, le malade est pris subitement de douleur brusque avec bloquage du genou en demi-flexion à 150° environ. Le genou est ponctionné : 80 centimètres cubes de liquide d’hydarthrose sont retirés. Le genou reste bloqué jusqu’au moment de l'intervention.
Avant cet accident, M... a senti quelquefois des corps étrangers se promenant dans son articulation, autour de sa rotule et au-dessus d’elle. Il y a eu plusieurs bloquages douloureux qu’il a réduits lui-même. Une petite douleur persistait pendant quelques jours; pas d’hydarthrose. Pour ces accidents, il portait une gouttière.
Intervention le 26 octobre 1922, sous rachi-anesthésie à la syncaïne : 8 centigrammes. Longue arthrotomie externe. Au niveau du cul-de-sac de réflexion de la synoviale, sur le condyle externe, on trouve une petite grappe de corps étrangers en deux amas; les plus volurfnineux sont comme un grain de maïs; ils sont durs, blanchâtres. D'un coup de ciseaux on les extirpe; il en résulte une petite perte de substance. Soulevant la rotule on aperçoit deux corps étrangers articulaires volumineux qui res-: semblent à des pralines, à surface irrégulière, mamelonnée, d’aspect blanchâtre, durs, revêtus d’une couche qui paraît plus fibreuse que cartilagineuse. L'un se trouve sous le figament rotulien, l’autre dans le cul-de-sac latéral interne. Sur le bord interne de la tubérosité interne
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du tibia, on trouve une ecchondrose sessile, du volume
d’un grain de maïs, que l’on enlève facilement. Enfin
__ Passant en revue tous les culs-de-sac de la synoviale et
en terminant cet examen par la rainure intercondylienne, on aperçoit, sur la face externe du condyle
- interne, une surface osseuse, d’aspect anormal, et cir-
conscrite par un sillon circulaire: dans celui-ci, en glissant l'extrémité d’une spatule, on enlève ainsi
un bloc osseux de forme conique, aplati. La base est lisse;
la surface qui était incluse est au contraire rugueuse, osseuse; aucun processus fongueux. La cavité osseuse dans ‘laquelle était contenu ce bloc qui s’y emboîtait exactement, est également à peu près lisse, formée de tissu osseux qui ne saigne pas. Il s’agit là d’une véritable nécrose aseptique.
L’articulation est largement lavée à l’éther; suture de la synoviale au catgut; surjet sur le plan capsuloaponévrotique. Un drain est placé dans Particulation (il sera enlevé au bout de 48 heures).
Les suites opératoires sont normales. Le malade quitte la maison de santé au bout de quinze jours.
Au huitième jour on constate un peu d’'hémarthrose. La ponction ne peut enlever le sang qui est coagulé. La mobilisation de Vlarticulation est instituée dès le dixième jour, La marche est permise à partir du vingtième. Un traitement thermothérapique a été suivi et a permis la libération rapide de l'articulation. |
Après l'intervention le malade n’a plus aucun accident de bloquage: il ne ressent nulle douleur et l’amplitude des mouvements est presque complète, limitée seulement pour la flexion extrême, le talon ne pouvant arriver au contact de lPischion. Pas de mobilité latérale; l’opéré marche à genou libre.
En résumé, résultat anatomique et fonctionnel par-
fait.
L'examen radiographique du genou a été pratiqué avant et après l'intervention. Avant, on constate plusieurs ombres osseuses dans l’intérieur de l’article, et on | aperçoit notamment la synovite chondrifiante dans le cul-de-sac latéral externe de l'articulation. Après, l’articulation paraît libre de tout corps étranger. Il existe une zone moins opaque au niveau de la rainure intercondylienne qui correspond à la perte de substance produite par l’extirpation du bloc osseux, caractérisant l’ostéochondrite disséquante. : É La radiographie séparée des corps nets ele laires montre tout d’abord leur structure osseuse complètement transformée, méconnaissable; on ne retrouve plus le dessin de la travée osseuse. La surface du corps étranger présente un aspect irrégulier, en choux-fleur. L'un de ces corps étrangers qui correspond au bloc d’ostéo-chondrite disséquante de Kœænig, présente une surface plus régulière, et vu de profil, par sa taille, a l’aspect d’un gros diamant. Quant à la synovite chondrifiante, elle est constituée par une agglomération de sphérules de tissu osseux, variant de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’un gros grain de millet. Le tissu osseux de cette synovite donne une impression de struc- ‘ture et de vie, tandis que les autres corps étrangers articulaires semblent constitués par du tissu osseux nécrosé et compact, complètement bouleversé dans son architecture.
Corps étrangers des deux genoux
Par M. L. BAZERT, die des Hôpitaux.
QUE (Malade présenté à la Société anatomique. Dana à .. Séance de juillet 1924.)