TRAITEMENT
Que faut-il faire en présence d’un cas d’ostéome des adducteurs, quelle doit être la conduite à tenir ? On n’a pas toujours été d’accord sur ce point, mais la question se résume en somme à ceci, doit-on ou ne doit-on pas intervenir chirurgicalement ?
Tous les cliniciens, qui ont observé des ostéomes, ont
commencé à essayer de les traiter par le massage, cela vient assez naturellement à l’idée. Les résultats ont été plutôt médiocres, M. Delorme a bien vu un cas où cette thérapeutique a amené une diminution de volume de la tumeur, mais ce fait est exceptionnel et le massage, en général n’arrête même pas Tostéome dans son développement ; on pourra cependant toujours l’essayer.
Quand la tumeur est peu volumineuse, peu gênante, sans tendance à augmenter, on sera autorisé à la respecter dans certains cas. La profession du malade guidera alors notre ligne de conduite ; s’il exerce un métier peu fatigant, s’il ne doit ni montera cheval, ni faire de longues marches, ni se livrer à de pénibles travaux, il est peutêtre préférable d’éviter une opération, qui ne va jamais sans quelque aléa.
Dans un autre ordre d’idées, si l’ostéome est d’un vo-
lurne considérable et a envahi plusieurs muscles, l’opération amènerait un tel délabrement delà région qu’elle serait sans utilité. C’est au chirurgien d’intervenir avant que la tumeur ait acquis un pareil volume.
Mais, il faut bien le dire, l’intervention chirurgicale est le seul moyen de débarrasser le malade de son ostéome. Cette intervention n’a pas toujours été exempte de dangers et sans compter les opérations faites avant l’âge de l’antisepsie, il y a eu plusieurs cas mortels par septicémie ou intoxication iodoformée. « Cela tient sans doute, dit M. Reynier à ce qu’en touchant aux cellules périostées, nous nous trouvons là dans un milieu particulièrement absorbant; il faut donc redoubler de précautions aseptiques et éviter de se servir d’antiseptiques pour lesquels on ait à craindre des phénomènes d’intoxication ».
La technique opératoire varie suivant le siège de l’ostéome, on est donc autorisé à agir un peu suivant les circonstances. Nous ferons seulement remarquer qu’il faut avoir soin de ne laisser aucune lamelle du tissu de l’ostéome adhérente à l’os sous peine de récidive.
En somme, l’ablation de la tumeur, faite le plus tôt possible, avec toutes les précautions nécessaires en pareil cas, sera le plus souvent suivie d’un très heureux résultat. Dans nombre de cas, le malade a pu remonter achevai et se livrer aux mêmes exercices qu’auparavant.