‹ Contribution à l'étude de l'ostéome des cavaliersChapitre 5 sur 17 · I. — Théorie de la Myosite ossifiante · texte numérisé non relu

I. — Théorie de la Myosite ossifiante

Cette théorie est la plus ancienne, c’est aussi la plus simple. Déjà soutenue par Virchow dans son traité des tumeurs, elle considère les ostéomes musculaires comme le résultat d’une myosite ossifiante circonscrite.

Par un processus encore inconnu, le tissu musculaire se transformerait en tissu osseux, absolument comme dans cette curieuse affection, dite myosite ossifiante progressive, et dans laquelle tous les muscles de l’économie s’ossifient tour à tour. Seulement, la maladie resterait localisée au lieu d’être générale. Les traumatismes, soit brusques et violents, soit très faibles et répétés, seraient la cause occasionnelle.

Favier et Schmitt se sont ralliés à cette opinion qui

a été aussi soutenue depuis par MM. Le Dentu, Picqué, etc.

Il est certain, comme le dit M. Le Dentu, que l’ossification primitive des muscles ne saurait être niée et M. Delorme reconnaît lui-même que l’ossification directe des muscles traumatisés, primitive ou secondaire, paraît admissible jusqu’à plus ample informé.

Cependant il est facile de comprendre que cette opinion n’a pas eu le don de séduire tous les auteurs. Pourquoi les muscles atteints sont-ils toujours les mêmes, adducteurs, brachial antérieur, deltoïde ? Pourquoi les autres muscles, aussi souvent traumatisés, ne sont-ils qu’exceptionnellement le siège d’ostéomes ?

Autant de questions que la théorie ne peut résoudre. On l’a acceptée souvent comme pis-aller en l’absence d’autres explications.

Ses partisans devaient nécessairement admettre une prédisposition spéciale de l’individu, un terrain préparé. On a émis l’avis quefostéome préexisterait à l’accident, se serait lentement et graduellement développé ; après une longue phase d’indolence, il deviendrait subitement douloureux à la suite d’un traumatisme.

M. Bard admet l’existence de noyaux osseux préexistants. « Il nous paraît probable, dit-il, qu’il s’agit en pareil cas d’une hypertrophie irritative née sous l’influence directe de l’action traumatique et portant sur les os sésamoides aberrants qui ne sont pas aussi rares qu on pourrait le croire au voisinage des insertions musculaires ».

Cette fréquence d’os sésamoides est loin d’être démon-

irée ; en tout cas, comme ils n’existeraient qu’au voisinage des insertions osseuses, ce seraient les ostéomes siégeant en plein muscle qui deviendraient inexplicables.

Il est possible que la myosite ossifiante circonscrite existe, mais elle doit être exceptionnelle, et la plupart des cas d’ostéomes des adducteurs doivent avoir une autre pathogénie.

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