II. — Théorie hématique
D’après cette théorie, un hématome préexiste à l’ostéome, il y a transformation osseuse d’un foyer hématique. La partie liquide du sang se résorbe, les caillots s’organisent et dans cette trame fibreuse organisée, il se développe du tissu osseux.
Seydeler, Charvot au congrès de chirurgie de 1892, Demmler ont soutenu cette opinion, Nimier incline aussi à la considérer comme la plus vraisemblable, et Ramonet en 1893 publiait une observation qui paraissait très probante. Dans cette observation que nous citons plus loin, Ramonet aurait enlevé un hématome en voie de transformation osseuse.
Mante en 1895 se déclarait partisan convaincu de cette théorie. «La rupture vasculaire entraîne de toute nécessité un épanchement sanguin plus ou moins volumineux, plus ou moins diffus et qui pour le cas actuel serait pour ainsi dire encapsulé. Tandis que, dans beaucoup de cas, l’hématome s’organise pour ainsi dire dans le sens fibreux, absolument à la façon d un caillot emboli-
que ou thrombosique, dans les cas où l’ostéome doit s’ensuivre, il y aurait néoformation de tissu osseux. Pourquoi ? c’est un mécanisme qui nous échappe et. à propos duquel nous ne pourrions que répéter des hypothèses plus ou moins plausibles. Quoiqu’il en soit, la clinique nous montre que, toutes les fois qu il y a eu ostéome, il s’est d’abord produit contusion et épanchement sanguin. Nous sommes donc en droit de conclure dans le sens que nous venons de dire avec autant de raisons que les autres auteurs qui ont admis d’autres étiologies ».
Il est bien certain que l’observation de Ramonet est le principal argument en faveur de cette théorie car, comme le dit justement Berthier, elle est contraire aux principes de l’histogénèse.
Nous savons depuis les mémorables expériences du professeur Ollier que l’irritation simple du tissu conjonctif n’aboutit pas à la formation de tissu osseux. Il est indispensable pour que cette ossification se produise que le tissu conjonctif soit en rapport avec le périoste.
On peut se demander aussi pourquoi les hématomes, qui atteignent tous les muscles ne se transformeraient en ostéomes que dans un petit nombre d’entre eux.
Dans les cas où, comme dans celui de Ramonet, il paraît y avoir hématostéome, il est probable que le traumatisme produit simultanément les deux lésions, l’ostéome n’étant pas pour cela la conséquence de l’hématome.
En outre, comment cette théorie expliquerait-elle les
ostéomes développés insidieusement, sans traumatisme.