DIAGNOSTIC
DIAGNOSTIC POSITIF : Pour faire un diagnostic d'ostécmyélite subaigue du corps vertébral, il faut s’aider de la clinique, de l’évolution, de la radiographie et aussi du concours bactériologique. Nous avons vu au cours de cette étude les caractères cliniques et évolutifs de cette ostéomyélite et nous n’en rappellerons que très brièvement les traits essentiels.
Il s’agit de lésions vertébrales se développant soUvent après un épisode aigu local ou général, évoluant de manière subaigue vers la constitution d’une cyvhose ou d'un abcès.
A la radiographie, on trouve une association variable de deux processus : destructif au niveau du corps vertébral et constructif pour les tissus périvertébraux.
Mais la preuve formelle de l’ostéomyélite vertébrale n'est donnée que par le contrôle bactériologique: Il est facile lorsqu'il y a abcès accessible de prélever un peu de pus, de lexaminer baciériologiquement. Le plus souvent il s’agit de staphylocoque doré sur le caractère morphologique duquel nous n'insisterons
pas.
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Lorsque l’abcès est profond ou lorsqu'il manque, cette preuve peut faire défaut. S'il existe encore un autre foyer suppurant, on peut y trouver le staphylocoque, sinon la recherche bactériologique ne peut être faite.
Dans un de nos cas, nous avons fait une intra-dermo-réaction au vaccin antistaphylococcique qui nous a donné une réponse fortement positive, ce que nous considérons comme un argument adjuvant au diagnostic.
Lorsque {'abcès est fistulisé, la présence de sta-
phylocoque n’a évidemment aucune valeur.
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL : 1° Ostéomyélite subaigue du corps: avec abcès (forme commune).
Tout d’abord, il faut, en présence d’un abcès rattacher sen origine à une lésion rachidienne. Lorsque celle-ci n'est pas évidente, on pourra être amené à discuter le diagnostic de phlegmon périnéphrétique ou d’abcès profond d'autant plus facilement que dans ces deux affections on. peut trouver la même éliolcgie. Le psoitis peut également se discuter, mais naus n'insisterons pas sur son diagnostic, car l'abcès iliaque ne tarde pas à la suivre. Il ne reste pratique: ment à discuter qu'un seul diagnostid : celui du mal de Pott. ee
Classiquement leurs signes cliniques s'opposent. Outre sa plus grande fréquence chez le jeune, le mal
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de Pott à presque toujours une évolution progressive. On trouve une contracture nette, de la douleur spontanée et à la pression des apophvses épineuses, des troubles radiculo-médullaires,des lésions radiographiques intéressant le disque, caractérisée par son pincement ou sa destruction, puis des lésions destructives intéressant plusieurs vertèbres, ensuite li mage de l’abcès en fuseau.
Mais en fait, dans des cas fréquents, il n'en est pas toujours ainsi. Il s’agit en effet de poser un diagnostic chez l'adulte et le mal de Pott à cet âge revêt des formes toutes particulières.
La douleur spontanée manque souvent ; Lance a publié des observations de malades atteints de maux de Pot! qui menèrent une vie active jusqu'à l’apparition d'un abcès froid. Localement le trépied classique, signes rachidiens, abcès, troubles nerveux ne se retrouvent pas comme chez l'enfant. « Les pottiques adultes conservent le plus souvent une souplesse étcnnante » (Lance).
La douleur à pression des apophyses épineuses ne constitue chez l'adulte qu'une forte présomplion de mal de Pott, mais son absence ne signifie rien.
-I1 n’en iest pas de même pour la radiographie qui donne des signes opposés à l’ostéomyélite et au mai de Pott.On admet toutefois à l'heure actuelle que le -mal de Pott puisse s'accompagner de productions ostéophytiques et nous ne voulons pas signaler ici les
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cas de Pott fistulisés, chez lesquels apparaissent des productions ostéophytiques sous l'influence d'une infection secondaire. Sorrel, Jean et Coureaud, Duguet et Clavelin, Basset, Leuwers ont apporté à la Société de Chirurgie quelques observations de maux de Pott s’accompagnant de bec de Perroquet. Ces faits semblent ‘ester relativement rares. Inversement nous avons vu que l’ostéomyélite vertébrale pouvait amener des destructions osseuses, et notre observation IT en est un exemple. : °
Il faudra denc user de grande prudence pour affirmer le diagnostic d’ostéomyélite vertébrale sur la clinique et la radiclogie. Cliniquement on ne le posera que devant une étiologie évidente, mais puisque son diagnostic commande une intervention, il devra toujours être confirmé par la ponction de l’abcès et l'examen du pus. Inversement on pourra infirmer un diagnostic de mal de Pott sur l'absence de bacilles.
20 « Ostéomyélile vertébrale sans abcès » : Le diagnostic en est encore plus difficile,car il s’agit de formes intermédiaires entre l’ostéomyélite du corps avec abcès et les spondylites et spondyloses d'origine infectieuse. ;
Cliniquement, il peut donc être posé avec toutes les affections chroniques, douloureuses, localisées de la colonne vertébrale. Tout d’abord, il y a des cas où dans les antécédents, on retrouve un traumatisme
(Schmidt, de Bonne a insisté sur les rapports qui
pouvaient exister entre le traumatisme et les spondylites infectieuses).
[faut savoir dans ces cas qu’un traumatisme,léger en apparence de la colonne vertébrale peut s'accompagner de troubles tardifs avec lésions radiographiques lentes et progressives de destruction et de tassement, mais il y a prolifération de l'os.
Signalons la cyphose hérédo-traumatique de Betcherew, où la cyphose d'apparition tardive s’accompagne de néoformation osseuse consécutive à un décollement du grand ligament verlébral commun antérieur.
Nous ne reprenons pas le diagnostic du mal de Pott qui peut également se poser dans cette forme mais dont les éléments sont identiques à ceux que nous avons déjà mentionnés.
Pratiquement, cn discute selon l'intensité de lépisode infectieux initial, soit le diagnostic d’une autre spondylite infectieuse, soit celui d’une spondylose.
Les spondylites infectieuses (mise à part la spondylite typhique dont l’évolution est très nette et dont l’histoire clinique aigue est tout à fait différente) peuvent être conditionnées par le typhus exanthématitique, la grippe, la blennorragie, la syphilis. Pratiquement, ces diagnostics ne se discutent pas.
La spondylite syphilitique est plus hyperostosante que creusante, elle est surtout cervicale, et «toute
lésion ostéo-articulaire avec ostéophyte implique la