RADIOGRAPHIE
Les lésions radiographiques de lostéomyélite chronique du corps vertébral, sont connues, mais mal précisées. Montagné en dit « On trouve soit de larges pertes de substances, soit des zônes de prolifération périostique intenses, soit enfin, une association de ces deux processus destructeurs et réparateurs. Mais bien souvent, les lésions demeurent imprécises, alvpiques, rappelant de loin les lésions pottiques ».
I1 nous faut préciser quelles sont ces lésions, quelle est leur importance, et dans quelle proportion elles
s'associent.
19 — LESIONS DE DESTRUCTIOM : Ces lésions portent tantôl sur un, tantôt sur deux corps vertébraux. A l’extrème, on peut ne trouver qu'une décalcification partielle de la vertèbre, avec perte de substance limitée.
Dans un degré plus intense, il y a ‘un véritable foyer ; il peut siéger au contact du cartilage, et à son niveau le corps vertébral est encoché irrégulièrement.
A un stade plus marqué, il y a‘une destruction plus
étendue d’un ou des deux corps vertébraux avec ef-
en)
fondrement d’un corps vertébral. Dans ce cas, il peut y avoir aspect cunéiforme, ou simple diminution de hauteur du corps vertébral.
Il semble exceptionnel qu'on. puisse constater un séquestre au centre d’une géode destructive.
20 — LESIONS DE PROLIFERATION' : Elles sont d'une interprétation beaucoup plus délicate que les lésions de destruction, car il s’agit d’un processus de périspendylite banal réactionnel de n'importe quelle infeclicn.
Les lésicns observées le plus souvent sont les images en bec de perroquet ou les ponts osseux. Ges deux images sont d’ailleurs des degrés différents, plus cu moins accentués, de néoformation ostéophylique. Elles sont banales, souvent observées et nous ne les décrirons pas.
Paraissent plus caractéristiques les proliférations moins cendensées el Elus irrégulières. Ces opacificaliens en toile d’araignée, siègent sur la face antérieure du ccrps vertébral. Latéralement on a signalé, quoique rarement, des productions irrégulières qui partent des flancs des vertèbres lésées.
Signalcns également la possibilité de zônes de condensation sur les corps vertébraux.
Par contre, nous n'avons jamais observé de fuscaux, même dans les cas où les abcès étaient volumineux, caractère différentiel important avec les ima-
ges des abcès en fuseau du mal de Pott.
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39 — DÉFORMATIONS : Elles sont conditionnées par l'importance des lésions destructives. On peut en voir plusieurs {vpes : tantôt simple effondrement d’une vertèbre qui tardivement se fusionne avec la vertèbre sous-jacente. Tantôt la déformation en coin d’une vertèbre et sen recul conditionnent la gibbosité et entrainent une cyphose médiane angulaire.
Dans d’autres cas il y a simple inflexicn latérale d'une vertèbre ; au minimum ces inflexions latérales peuvent à première vue simuler le pincement d’un disque. Du reste quand il y a lésions étendues le disque disparait en totalité. |
40 — ASSOCIATION DE CES DIFFERENTES LESIONS : En règle, ces lésions sont associées, mais *avec une impcrtance variable.
Ce double aspect de destruction et de profitération est caractéristique de l’ostéomyélite verté- brale chronique et rend plus facile le diagnostic :
Il n'en est malheureusement pas toujours ainsi. Dans un certain nombre de cas où la preuve de Postéomyélite fut faite par un contrôle bactériologique, la radicgraphie ne montrait que des lésions de destructicn. Notre obs. II, rentre nettement dans ce cas. Des radicgraphies semblables ont été publiées par Œhlecker.
Notons de suite que ces formes s’accompagnant toujcurs d’abcès, il pouvait être facile de rectifier une
erreur de diagnostic avec le mal de Pott.
de
Il n’en est plus du tout de même dans le cas inverse,où à première vue n’apparaissent que des proliférations juxta-vertébrales. Ces lésions que nous avons rencontrées dans des cas où il n'y avait pas abcès sont bien difficiles à interpréter, et il faut s’attacher, sur des radiographies de profil surtout, à retrouver un foyer osseux de destruction.
Notons également la possibilité d’avoir par la radiographie deux autres ordres de renseignements le lipiodol intra-rachidien peut montrer un arrêt ; d'autre part l'injection de lipiodol dans un abcès fistulisé peut permettre de retrouver le foyer originel.
Il est très important chez ces malades dont l'histoire clinique sera longue, de comparer les clichés successifs faits à plusieurs mois ou plusieurs années de distance. Ainsi on peut noter la persistance, l'arrêt ou l'évolution du processus destructeur en même temps qu’un dévelcppement progressif de néoforma-
tion ostéophytique.