mai. L’appareil est enlevé ; consolidation parfaite
sans cal appréciable. Les mouvements de supination et de pronation sont normaux, sans déformation dans 1 aspect du membre.
Ce fait en lui-même serait banal, si la mère n’avait pas attiré notre attention sur l’extrême facilité avec laquelle l’enfant est atteint de fractures.
Voici d’ailleurs son histoire.
Il est né à terme, accouchement normal, nourri au sein maternel pendant trois mois, puis au biberon.
Première dent à quatre mois a marché à douze mois. Maigre quelques troubles intestinaux, au moment de l’éruption de ses premières dents de quatre à six mois, l’enfant était, au dire de la mère, magnifique, très précoce même pour son âge. Il n eut
pas le ventre gros ; aucune trace de rachitisme au niveau des membres ; d’ailleurs son éruption dentaire précoce et ses premiers pas à douze mois n’impliquent guère cette idée. .
A cinq ans, il eut la rougeole qui dura une huitaine de jours sans complication.
A six ans, diphtérie bénigne.
Ce sont surtout les fractures, qui constituent le bilan de ses manifestations morbides antérieures.
Première fracture. — A l’âge de huit mois, assis sur une petite chaise, il fit une chute qui occasionna une fracture en bois vert de l’avant-bras droit. Elle guérit facilement avec pansement ouaté compressif.
Deuxième fracture. — A deux ans, l’enfant tombant de sa hauteur à la suite d’un faux pas, se fractura la cuisse droite, environ à la partie moyenne. Il fut conduit à l’hôpital Trousseau et admis dans une salle, où il reste un mois environ ; à sa sortie guérison complète.
Troisième fracture. — Quinze jours après, fracture de l’autre cuisse dans les mêmes conditions de chute. De nouveau il est hospitalisé à Trousseau, où il fait un séjour de deux mois ; guérison radicale au bout de ce temps.
Quatrième fracture. — A trois ans et demi, fait une chute dans la rue sur le bord du trottoir. Il en résulta une fracture de Textrémité supérieure de la jambe droite. L’enfant fut soigné à Trousseau à la consultation externe ; on mit un appareil plâtré.
Cinquième fracture. — A quatre ans et demi, nouvelle fracture sans déplacement de la jambe droite, à la suite d’une chute insignifiante. Il fut soigné cette fois encore à la consultation
externe de Trousseau, on ne lui appliqua aucun appareil. On se contenta de faire un pansement ouaté compressif.
Depuis cette époque, la mère raconte que l’enfant a été soigné plusieurs fois pour des entorses à l’hôpital Trousseau, survenant toujours à la suite de causes insignifiantes.
Sixième fracture. — La fracture en bois vert de l’avant-bras, pour laquelle il vient actuellement à la consultation de 1 hôpital.
L’enfant a bon aspect général, paraît assez bien développé pour son âge ; ses masses musculaires sont fermes ; l’appétit est excellent, les digestions bonnes.
Aucun signe de rachitisme, ni au niveau des membres, ni au niveau du sternum.
L’examen de ses diaphyses osseuses anciennement fracturées ne révèle l’existence d’aucun cal appréciable. Depuis plusieurs années, l’enfant prend de l’huile de foie de morue et du phosphate de chaux.
Antécédents héréditaires. — Père, quarante ans, bureaucrate de maison de commerce, a été six ans aux colonies, est atteint de paludisme, éthylique invétéré, amateur d’absinthe et d’amers. Est d’un tempérament très nerveux, mais sans crises ;pas de maladies nerveuses dans sa famille ; par suite d’un accident aux colonies, a eu trois fractures simultanées, qui ont très bien guéri.
Mère élevée au biberon, rachitique dans l’enfance, dit n’avoir pas été malade pendant sa jeunesse. Réglée à quatorze ans, et to,ujours régulièrement. A dix-huit ans, fièvre typhoïde très grave qui dura trois mois. Les phénomènes nerveux semblaient prédominer et pendant un mois elle eut, dit-elle, le délire.
Mariée à vingt ans, elle fut enceinte presque aussitôt. Gros—
sesse très pénible. Enceinte de trois mois elle fut prise de douleurs dans la colonne vertébrale et dans les reins. Elle était dans l’impossibilité de se tenir debout, et même assise dans son lit. Tout le tronc semblait ankylosé ; la tête était immobile sur le tronc ; et toute tentative de mouvement s’accompagnait de douleurs violentes le long de la colonne vertébrale. Celle-ci fut bientôt déviée en plusieurs endroits. Il n’y eut aucun phénomène au niveau des membres, ni aux sphincters. Le médecin traitant parla,de ramollissement osseux, qu’il attribuait, dit la malade, à la grossesse.
Elle se trouvait toujours dans le même état quand survint l’accouchement à neuf mois, accouchement difficile et long, car la malade était incapable de pousser ; application de forceps ; enfant superhe.
Au bout de quatre mois environ après l’accouchement, la* malade a pu se lever, mais elle ressentait une grande faiblesse de la colonne vertébrale ; les mouvements de flexion et d’extension étaient très difficiles et douloureux. Pendant toute cette maladie on fit prendre à la malade du phosphate ou du glycéro-phosphate de chaux, et de la teinture d’iode en potion.
Deuxième accouchement deux ans et demi après le premier ; grossesse bonne ; aucune douleur dans la colonne vertébrale ; accouchement normal. '
Depuis cette époqüe, bonne santé générale, mais femme très nerveuse, avec migraines fréquentes, douleurs irradiées dans les membres et dans le dos, sans localisation très précise ; jamais de crises nerveuses.
Au point de vue osseux, dans son enfance, elle a eu deux fractures de l’avant-bras, à la suite de chutes insignifiantes ;
il persiste un cal appréciable, une légère déformation au niveau du coude droit.
Actuellement elle présente une scoliose dorsale supérieure sans point douloureux ; et cette scoliose existe, dit-elle, depuis son ramollissement osseux.
Première enfant, petite fille qui a maintenant onze ans, a été élevée au biberon en nourrice. A huit mois gros ventre, nouures aux épiphyses, troubles gastro-intestinaux, est retirée de nourrice ; mais le rachitisme n’en continue pas moins ; a marché seulement à deux ans ; éruption dentaire assez bonne.
Aujourd’hui hon état général, l’enfant est grasse, a bon teint ; le sternum est légèrement bombé en carène ; les diaphyses fémorales sont incurvées en avant ; les tibias ne présentent plus de déformations ; la colonne vertébrale est normale.
* Au point de vue fracture, à six ans fracture de l’avant-bras à la suite d’une chute sur le parquet ; guérison sans appareil plâtré.
A sept ans, nouvelle fracture du même avant-bras dans les mêmes circonstances.
Actuellement, aucune trace de cal.