OBSERVATION N° I
Er . Madame B.… Jeanne, soixante-cinq ans, est hospitalisée le 2 juin 1942 pour algies vertébrales persistantes.
Les douleurs ont commencé pendant l'hiver 1941-1942. Elles étaient au début fort supportables, siégeant au niveau de la
__ colonne lombo-dorsale, irradiaient peu, étaient strictement déclenchées par les efforts, les mouvements violents, la fatigue. La posi- - tion couchée les faisaient rapidement disparaître.
Peu à peu elles ont augmenté d'intensité et de fréquence. Elles
sont maintenant continues, toujours maxima le long de la colonne È ? É vertébrale, irradient également dans le bassin. Elles sont suffisamment intenses pour que la malade éprouve de la difficulté à - 5 . se mouvoir. Depuis un mois, par ailleurs, elle a remarqué que ses + | jambes la portaient avec moins de sûreté et elle s’aide d’une | canne.
On ne note rien de spécial dans ses antécédents. Elle a eu deux enfants qui sont décédés. Son mari a succombé à une cardiopathie à l’âge de soixante-six ans. Depuis 1940, la malade, # isolée en ville, souffre durement des restrictions alimentaires. Seules les denrées rationnées couvrent ses besoins. ; A l'entrée à l'hôpital, on pratique une radiographie vertébrale | qui montre une ostéose vertébrale diffuse : toutes les vertèbres 4 | sont anormalement claires, mais on ne constate point de tassement, soit en masse, soit antérieur. Il n'y a point de déforma-
tions de la colonne.
SA L'examen dinique révèle en outre une sensibilit Es sion des apophyses épineuses et un certain degré de contra des muscles paravertébraux.
Les clichés font penser, à priori, à une néoplasie vertéb È EX ASS | métastatique, mais l'examen clinique et radiologique du tube d tif, celui de la thyroïde et des organes génitaux ne permet pas. de trouver de tumeur originelle. D'autre part, l'absence de traumatisme ancien ne permet pas de penser qu'il s’agit de maladie de Kümmel Verneuil. D'ailleurs, la grande extension de r'tialnte
vertébrale s'accorde mal avec un tel diagnostic.
: point de signes
Le reste de l'examen somatique est normal neurologiques. \
Es
: L'aorte n’est pas particulièrement visible à la radio. La tension artérielle est de 15-9. Les cartilages costaux ne sont point ossifiés.
La calcémie est de 106 milligrammes par litre.
On met la malade au repos mais la position allongée/ pe calme plus les douleurs. 2 gr. d'aspirine sont également sans effet. En juillet 1942, on fait dix-huit injections de gluconate de calcium intra-veineux; de la radiothérapie rachidienne (vingt et une séances en juillet et août). On n'enregistre qu'un succès limité,
Le 2 août 1942, on donne une ampoule de 15 milligrammes de vitamine ne per os. On fait les 10, 17 et 25 août, une injection intraveineuse du même produit. En même temps, on continue le gluconate de calcium intraveineux.
De suite, les résultats sont favorables. Les douleurs diminuent puis disparaissent, la marche redevient possible, et le 29 août, la malade sort très améliorée. Malheureusement, pour des raisons indépendantes de notre volonté, on ne put prendre de cliché de contrôle.
Ainsi, voici une malade souffrant durement des restrictions alimentaires depuis de longs mois, donc carencée. Elle présente des algies vertébrales qui ont été progressivement croissantes, gênant énormément son activité. L'examen clinique et radiologique des rachis
|“permettentäe one ces Re à une Dee rachi- dienne, de carence caractérisée par une décalcification marquée des vertèbres. La thérapeutique calcium-vitamine DS à hautes doses, amène une amélioration très Hardiée de la malade. A noter que cette malade que ke calcémie était normale.
OBSERVATION Ne II
M. M... Charles, soixante-douze ans, entre à l'hôpital le 7 septembre 1942 avec le diagnostic probable de cancer vertébral.
Depuis plusieurs mois, en effet, il souffre de douleurs vertébrales
- progressivement croissantes. Légères au début, survenant à l'effort 3e ou-à l'occasion de mouvements, celles<i sont maintenant continues, clouent le malade aw lit. De nombreux traitements antialgi- : ne ques per os et par voie parentérale ont 6t6 employés en vain. | Des injections loco-dolenti n'ont pas eu un effet plus heureux. 4 d
A son entrée à l'hôpital, les douleurs siègent le long de la colonne lombaire, irradient peu vers la colonne dorsale. Elles
Ne sont assez localisées au niveau des premières vertèbres lombaires. Elles sont d'une violence extrême. La marche est absolument impossible et le malade a été transporté en brancard. ti En outre, il a maigri intensément (0 kg. depuis sept mois). Cet élément, ajouté à l’âge et aux douleurs, évoque évidemment VE le néoplasme.
Pourtant, on ne trouve aucun signe clinique ou radiologique
de néoplasme primitif.
EE . A l'examen radiologique de face et de profil du rachis, on
constate : une hyperelarté des corps vertébraux de la colonne
lombaire et des dernières vertèbres dorsales, En outre, il existe
une déformation cunéiforme avec tassement antérieur de 14 et
un affaissement de FE, en totalité Les disques sont intacts.
La calcémie est à 98 milligrammes, l’'urée à 0 gr. 23, le B. W.
est négatif.
Comme l’on ne trouve aucun néoplasme primitif, comme d’au-
on pense à une ostéopathie pe carence 4 et on le traite comr
Du 16 au 28 septembre, il reçoit de Ja radiothérapie répar en six séances. PRE . | Du 16 septembre au 25 octobre, il reçoit tous les jours “une . Het intra-veineuse de gluconate de calcium. Les 16, 23 Tete 30 septembre, il prend per os 15 milligrammes de vitamine D, Puis GRR ampoules injectables de vitamine D, en quinze re
RAdiutet le poids est stationnaire, A5 kg. 5 à : l'entrée ; 46 kg. HSNEX sortie.
Mais le 10 octobre, premier lever sans douleurs. Le 20 octobre, promenade dans le jardin. Le 25 octobre, le malade rentre: chez
lui et fait un kilomètre à pied. à Dans la suite, une petite rechute survient, due à la cessation trop complète de tout traitement. Aussi prend-il régulièrement per os des ampoules de 15 milligrammes de vitamine D, eLAUUN CAS cium. Il peut circuler dans son appartement, n’éprouve qu'un peu de gêne pour se redresser, fait quelques courses autour de chez lui. |