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INTRODUCTION

4. Il n’est pas question d'étudier ici le traitement des fractures ouvertes. Nous voulons avant tout éviter cette confusion. À propos de 19 observations d’ostéosynthèse ouverte, nous voulons simplement faire l’étude clinique de celle-ci, sans aucunement la présenter comme la méthode-type de traitement des fractures ouvertes. Il n’y a pas, à notre sens, de traitement unique, « standard », des fractures ouvertes. Le problème est autrement complexe. Pas plus que la simple mise à plat ou la suture primitive systématique, pas plus que l'ostéosynthèse fermée, l’ostéosynthèse ouverte ne peut prétendre convenir à tous les cas. Mais, à notre avis, elle est souvent très utile. Elle nous a paru injustement redoutée et calomniée, et en somme trop peu employée à l’heure actuelle. Peut-être même, comme nous le verrons, n’est-elle pas une méthode thérapeutique strictement limitée au domaine des fractures ouvertes.

“DL Ostéosynthèse ouverte a été très anciennement utilisée. Au siècle dernier — nous reviendrons sur ce point — les premières tentatives d’ostéo-

Pierre Moyse : 1

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synthèse furent faites pour des fractures ouvertes — alors que tout essai de ce genre paraissait interdit pour une fracture fermée — et très souvent, par nécessité, par impossibilité de réunion des parties | molles, ce furent des ostéosynthèses ouvertes. Depuis l’avènement de l’asepsie chirurgicale, l’ostéosynthèse ouverte semble passée au second plan. On tente avec une croissance constante, et avec succès, des Ostéosynthèses pour fracture fermée. La nécessité évidente d’une fermeture complète après l'intervention, — la non-infection du foyer étant une condition majeure de succès — apparaît à tous et se maintient comme un dogme formel. Les accidents et les échecs que l’on éprouve cruellement quand il y a infection, déclenchent vis-à-vis des fractures ouvertes 2 réactions qui se succèdent. D'abord, on abandonne la vreille pratique de l’ostéosynthèse dans les fractures ouvertes. Puis on y revient progressivement, mais le dogme fondamental de la fermeture de la plaie après ostéosynthèse pour fracture fermée s’étend aux fractures ouvertes. On pratique des ostéosynthèses pour fractures ouvertes, mais 1l paraît indispensable de les fermer. Lourde erreur, à notre sens, et dont viennent témoigner de temps en temps quelques désastres : amputation ou mort. Cependant l’ostéosynthèse ouverte continue d’être employée. Pendant la guerre 1914-18 elle rend service à beaucoup de chirurgiens — et à beaucoup de blessés. Depuis lors, les observations n’en sont pas rares, rencontrées au hasard

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des statistiques publiées. Enfin en 1931, le rapport de Roux et Sénèque au Congrès de Chirurgie, la thèse de Darfeuille classent le traitement des fractures ouvertes en 4 chapitres, division d'une clarté certaine et d’une logique pratique évidente : mise à plat, suture primitive, ostéosynthèse fermée, ostéosynthèse ouverte. |

En dehors de ces travaux, l’ostéosynthèse ouverte ne semble pas avoir été étudiée de façon isolée. Nous avons retrouvé dans les statistiques d’assez nombreux cas, très intéressants en eux-mêmes, mais non groupés en une étude d’ensemble. Nous avons lu beaucoup de travaux concernant l’ostéosynthèse et les fractures ouvertes. Nous n’avons jamais trouvé cette étude isolée, dont nous présentons ici un essai —— sans en méconnaître les lacunes ni les imperfections.

3. Notre étude est purement clinique. Il y aurait peut-être eu intérêt à expérimenter sur l’animal. Réaliser une fracture ouverte, la souiller plus ou moins, puis se placer dans les conditions opératoires __ et laisser ouvert : étudier les réactions de l'os en variant plusieurs des conditions opératoires et notamment le type de prothèse employée.

Une telle étude serait certainement intéressante __ et ne ferait probablement pas double emploi avec le beau travail de Franrz (l’Ostéosynthèse métallique — Thèse — Paris 1929), mais 1l nous a semblé que nous pouvions — en dehors d’elle —pré-

senter des conclusions cliniques non dépourvues d'intérêt. |

4. Notre étude porte sur 49 observations. On pourrait nous objecter que c’est peu. C’est cependant ce que nous avons voulu — et nous n’avons pas cherché à réunir le plus grand nombre possible de faits concernant l’ostéosynthèse ouverte, ce qui eut été facile.

Nous n'avons pas cherché quel est le meilleur traitement des fractures ouvertes. Encore les statistiques géantes n’y arrivent-elles point. Nous avons voulu savoir ce que valait l’ostéosynthèse ouverte. [l nous fallait des observations que nous pouvions contrôler soigneusement, venant d’un petit nombre de sources, auxquelles nous pouvions facilement remonter pour y puiser les renseignements que nous désirions. Le

Parmi nos observations, la plupart viennent du service de M. Roux-Berger, qui nous a conseillé ce travail. Nous avons pu suivre personnellement beaucoup de blessés, lors de leur hospitalisation, pendant les 2 années d’internat que nous avons passées dans son service de Tenon ; 2 autres ont. été opérés par nous à Lariboisière, et suivis de bout en bout. Les autres observations appartiennent à notre maitre le Professeur Lenormant — et nous avons pu retrouver dans son service tous les détails que nous désirions.

Nous avons d’ailleurs personnellement revu presque

tous ; les Diese (7 sur 49). pour juger du résultat éloigné. Nous n’aurions pu le faire très probablement avec le même soin pour un très grand nombre de blessés. | > Au total, il nous a ble que ces 19 observations | étudiées dans le même esprit critique pouvaient j aboutir à à des conclusions, que nous nous eHorcerons de dégager impartialement.

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