‹ Contribution à l'étude de l'ostéosynthèse ouverteChapitre 11 sur 56 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

Le terme d’ostéosynthèse ouverte est assez couramment utilisé à l’heure actuelle. Il est bref, imagé, sinon parfaitement correct, du point de vue linguistique.

Pour désigner les faits dont nous allons nous occuper dans ce travail, le Professeur Lenormant avait, en 1926, à la Société de Chirurgie de Paris, employé l’expression « Ostéosynthèse à plaie ouverte», ce qui est évidemment à peine plus long et beaucoupplus correct. Depuis lors, on a employé un certain nombre d’expressions synonymes : « Ostéosynthèse sans suture des téguments », € Ostéosynthèse avec prothèse à nu », « Ostéosynthèse à foyer ouvert » — Cela n’a, de toute évidence, qu’une importance minime, et nous n’avons employé le terme d’« Ostéosynthèse ouverte » que pour son «raccourci » extrême, sinon très pur.

Ces 2 mots se définissent presque d'eux-mêmes. Précisons toutefois : « mise en place d’une prothèse — métallique le plus souvent — au contact d’un foyer de fracture dans un but de contention, etabandon sans suture des parties molles du foyer

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ainsi traité ». Cela est évident et ne semble pas prêter. à discussion.

Cependant — s’il faut en principe qu'une Ostéosynthèse soit ouverte ou fermée — il est des cas intermédiaires — les cas fermés et drainés — dont

l'interprétation peut être délicate.

Il y aurait intérêt, à notre sens, à considérer les choses grossièrement, sans inutile subtilité :

—— pour ranger dans le cadre des ostéosynthèses fermées celles où l’on a seulement placé sous la peau un drainage filiforme ou un drain minuscule.

__ et d’autre part, pour appeler ostéosynthèses ouvertes celles où la plaie n’a été suturée que partiellement, à ses angles par exemple, laissant en tout cas à découvert le foyer de fracture opéré. Il y a là une-simple question de bon sens et la classification des faits devrait être facile. Une Ostéosynthèse est ouverte ou fermée. Et cependant, à lire ces trop brèves observations qui sont si fréquentes dans les statistiques de fractures ouvertes, que de fois il est difficile de conclure avec quelque certi-

tude.

D’autres faits doivent être également précisés ici, pour qu’au cours de ce travail nous puissions parler librement, sans confusion. Une ostéosynthèse est laissée ouverte, mais des fils d'attente sont placés, que l’on réunit 2 ou 3 Jours plus tard si l’état de la plaie parait satisfaisant. Si tout évolue favorablement, et si quelques jours plus

tard la plaie est réunie, c’est évidemment une ostéosynthèse fermée. Mais si cette « suture primitive retardée » comme certains l’ont appelée, échoue, si l’on est obligé de désunir la suture et de laisser désormais les téguments ouverts, il est entendu que c’est là une ostéosynthèse ouverte. |

Enfin, une ostéosynthèse est pratiquée, qu'il s’agisse d’une fracture fermée ou d’une fracture ouverte. Pour une cause quelconque, il y a précocément suppuration, et l’on est obligé, de toute urgence, de faire sauter les sutures que l’on avait cru pouvoir faire. L’Ostéosynthèse est devenue ostéosynthèse ouverte. En trouvant des cas semblables au hasard des statistiques, nous nous attacherons à voir comment ont dès lors évolué ces synthèses, plus qu’à discuter de la réalité des indications de suture primitive dans ces cas malheureux.

Un dernier problème, le plus difficile à classer et à juger :

La prothèse métallique réunissant les fragments osseux a pu être recouverte par des plans musculoaponévrotiques que l’on a ou non suturés, mais la peau a été laissée ouverte — soit systématiquement de parti pris, soit par nécessité, parce qu’on manque d’étoffe. Mais le matériel de synthèse est recouvert, et non à nu. Nous n’avons pas d'opinion et nous posons le problème. Il nous semble toutefois que ces cas rentrent aussi dans le cadre de l’ostéosynthèse ouverte. La majorité des observations rapportées

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(15 sur 19) sont des fractures de jambe. Or, à la

jambe, le problème n'existe pas. Il n’y a pas de

muscles à utiliser et la plaque posée à la face interne du tibia ne peut être recouverte. Peut-être — certains le font — devrait-on mettre la plaque à la face externe du tibia. Mais en matière de fractures ouvertes, il y aurait là, en dehors des cas « tout préparés » par des déchirures du jambier antérieur — des manœuvres inutilement traumatisantes quant au périoste et aux muscles. Il vaut mieux par conséquent s’en abstenir. | Nous avons limité notre sujet à l’étude des fractures diaphysaires des os longs des membres. Les

fractures épiphysaires sont des fractures articu-

laires, et quand elles sont ouvertes, ce sont autant des plaies articulaires que des fractures. C’est sous cet angle qu'il faut les considérer avant tout.

Enfin nous n’aurons en vue que des prothèses métalliques, prothèses internes, au contact même du foyer de fracture.

Nous n'avons pas l'expérience des prothèses métalliques dites « externes » (type du fixateur externe de Lambotte ou de ses dérivés). C’est une méthode logique, séduisante, semblant avoir les avantages des prothèses internes sans en avoir les inconvénients. Mais nous parlerons seulement de ce que nous avons vu.

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