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CHAPITRE: VIIL- OBSERVATIONS I. Fractures ouvertes récentes

OgsservarioN [. — La Pitié, service du PT Lenor- MANT. |

Sem... Maurice, 38 ans.

Blessé ayant eu le 19 décembre 1929 l’avant-bras droit pris dans une courroie de transmission, À droite, brotement de l’avant-bras, avec plaie très contuse et destruction musculaire très étendue. À gauche, fracture fermée de l’extrémité inférieure du radius avec arrachement de la styloïde cubitale, D’urgence, on réduit la fracture fermée, et on la plâtre — et d’autre part, on épluche, nettoie et suture partiellement la plaie de l’avant-bras droit. Le surlendemain, la radiographie montrant une dislocation complète des fragments de l’avant-bras droit on décide l’intervention.

Intervention le-21 décembre 1929 (op : M. LeNormanT).

On rouvre la plaie, on se débride vers le haut pour se donner du jour. La réduction peut être obtenue facilement, mais au niveau du radius, il manque une esquille et les fragments ne se touchent que par leurs pointes. On les fixe par une plaque de Lambotte à 4 vis. La fracture cubitale

se trouve alors à peu près réduite et l’on y touche pas. Suture très partielle de la peau.

Suites. — Suppuration. Pansements rares.

La plaque est enlevée 1 mois et demi plus tard. À ce moment aucune consolidation.

Suppuration persistante avec issue spontanée de petites esquilles. l

Le blessé sort de l’hôpital le 2 février 1930. Plaie suintant encore un peu.

Pseudarthrose. Le blessé se refuse à toute réintervention.

La plaie cesse de couler en août 1930.

État actuel — mars 1933.

Pseudarthrose de lavant-bras au tiers supérieur, avec cubitus valgus très accentué et mobilité considérable. Plaie fermée. ;

Malgré ce mauvais résultat anatomique, le blessé déclare être très heureux d’avoir conservé son avant-bras et sa main. Celle-c1 lui sert de façon très notable ( il peut soulever des objets, même lourds, l’avant-bras étendu et abaissé. La préhension des objets usuels est possible. Enfin le blessé se sert utilement de sa main droite pour se tenir à bicyclette.

Ogservarion Il. — Hôpital Tenon, service du DT Roux-

BEercer.

Co... Michel, 27 ans.

Blessé le 8 avril 1931 par accident d’automobile, fracture ouverte de jambe, avec plaie importante de la face antero-externe, allant du mollet à la crête tibiale qu’elle dépasse, très souillée de terre. Petites plaies superficielles à la face interne. Très gros hématome du mollet.

Intervention immédiate (op : DaAvroup).

Excision de la plaie, nettoyage du foyer de fracture après débridement. La fracture est très oblique, haute, à la fonction diaphyso-épiphysaire. L’ostéosynthèse paraît indiquée à cause de l’impossibilité de maintenir correctement les fragments, qui sont très obliques, et de l’impossibilité d’appareiller utilement par plâtre à cause de l’importance de l’hématome.

On pose 2 lames de Parham. La réduction se maintient de façon satisfaisante. 2 catguts à la partie inférieure de lincision, 2 mèches vaselinées de part et d’autre du foyer de fracture. Pansement à plat. Gouttière métallique.

8 avril. Apyrexie. Pas de douleurs. Réduction parfaite à la radiographie.

27 avril. Plaie en bon état. Un puits avec un peu de rétention à la partie supéro-interne. Au-dessus des lames le

tibia est blanc. Petite mèche dans le puits. Pansement à plat.

28 mai (50€ jour), ablation des lames.

La réduction se maintient. Suppuration de moyenne abondance.

Sort de l'hôpital au 4€ mois, le 8 août 1931.

La jambe est solide. Mais la plaie suinte encore.

Elle cessera de suinter en juin 1932.

Le blessé a repris son métier de chauffeur de taxi en

mai 1932 (incapacité 13 mois).

La plaie n’a jamais suinté depuis lors.

État actuel — décembre 1932.

Marche bonne, sans boiterie.

Pas de raccourcissement. Pas d’atrophie musculaire appréciable. Axe correct dans les 2 sens. Pas d’œdème. Genou et tibio-tarsienne souples.‘

Résultat final : parfait.

EE OBservarTioN IIL — Hôpital Tenon, service du Dr

Roux-BERrGER.

Dr... Marcel, 19 ans.

Accident de motocyclette le 11 avril 1931. Polyblessé présentant :

Une fracture ouverte de la jambe droite :

Une fracture fermée de la diaphyse fémorale droite ;

Une large plaie contuse de la cuisse gauche :

Un état de shock de moyenne intensité.

Accident survenu à 17 heures. On traite le shock et on intervient à 23 heures.

Intervention (op : Moÿse).

Anesthésie générale (éther).

19 Jambe droite : il s’agit d’une fracture à la partie moyenne avec perte de substance, très grosse plaie cutanée et attrition musculaire considérable de toutes les loges de la jambe. Les vaisseaux tibiaux postérieurs sont intacts. Le fragment supérieur, oblique en bas et en avant fait issue par la plaie. Le fragment inférieur est irrégulier, oblique en bas et en arrière. Il existe en outre une grosse esquille postérieure de 5 centimètres de haut, très peu adhérente, comprenant presque toute l'épaisseur de la diaphyse.

Nettoyage de la plaie. Excision large de la peau, du tissu cellulaire et des muscles eontus. Ablation sous-périostée de l’esquille. Régularisation à la scie des 2 fragments, de manière à avoir 2 plans horizontaux en contact assez large, les 2 fragments ne prenant plus contact que par leurs pointes après l’esquillectomie. On fait passer 2 litres de sérum chaud dans la plaie. Les 2 fragments ne peuvent se maintenir. Ostéosynthèse avec une plaque de Sherman à 6 vis, sur la face interne du tibia. Réduction et contention parfaites.

Pierre Moyse 8

re, TES) due

Pansement à plat, 2 compresses vaselinées au contact du foyer. Gouttière métallique.

20 Cuisse gauche. Plaie contuse et souillée de la pointe du Scarpa. Broiement du couturier. Les vaisseaux fémo” raux sont découverts, mais intacts dans leur gaine, excision du couturier contus. Débridement. Pansement à plat.

20 avril (9 jour). La température ayant atteint 3805, on fait le pansement de la jambe droite. Pus, os blanc. Réduction parfaite.

24 avril, Plâtre de jambe. Extension par broche de la fracture du fémur.

11 mai. Pansement. Pus. Bourgeons pâles. La plaque tient, mais sur des os blancs, d'apparence nécrosée sur une étendue de 5 centimètres sur chaque fragment.

28 mai (47° jour). Ablation de la plaque. Os blanc. Pas de consolidation. La jambe est laissée dans la gouttière plâtrée et les fragments ne s’écartent pas.

31 août. Malgré l’ablation de la plaque, aucune consolidation. fragments en voie de séquestration.

3 septembre. Sous anesthésie générale, ablation de 2 séquestres lamellaires correspondant à la plaque. Ablation au ciseau d’un fragment d’os blanc en voie de nécrose, non séquestrée. Les parties molles bourgeonnent. Pansement à plat. Gouttière plâtrée.

Novembre 1931. Cicatrisation non encore obtenue. Plaie superficielle évidemment due à un foyer d’ostéite. Pseudarthrose.

11 février 1932. Réintervention pour ostéite. Il existe 2 plaies fistuleuses larges comblées par du tissu de bourgeonnement. Excision large du plan cutané. Découverte de l’os à la rugine Le foyer de pseudarthrose apparaît comme une bande blanchâtre qui ne semble pas être le

point de départ de la suppuration. Au-dessus et au-dessous de lui existent 2 petites cavités ostéitiques, étroites et profondes, contenant quelques débris noirâtres et correspondant manifestement au siège des vis de l’ostéosynthèse primitive. On met très largement à plat par une tranchée commune cette série de foyers ostéitiques sans tenter rien de direct contre la pseudarthrose elle-même. Mèches iodoformées.

23 avril 1932. Plaie bourgeonnante, nette, sans trajet vers l'os. Greffes de Davis. Plâtre (en raison de la pseu darthrose tibiale toujours existante).

Fin novembre 1932. Plaie fermée., consolidation effectuée, jambe solide. Marche sans plâtre et sans canne.

État aciuel — février 1933.

Jambe solide, marche sans canne, sans boiterie.

Axe : bon dans les 2 sens. Pas d’œdème, atrophie musculaire légère. Tibio-tarsienne souple, mais genou très enraidi en extension (mouvements possibles : 300 seulement).

Cuisse consolidée.

Cicatrice vaste et violacée. Une ulcération superficielle s’est produite au niveau des greffes, d'aspect atone.

Radiographie : gros cal, axe correct, vaste zone claire correspondant à l’évidement, à bords nets,

Résultat : bon.

OBservaTION IV.— Hôpital Tenon, service du Dr Roux- BERGER.

Boiï... Émile, 43 ans.

Entre d’urgence le 9 mai 1931, accident d’automobile. Broiement de l’avant-bras gauche. Large plaie trans-

versale de la face antérieure de l’avant-bras par où sortent tous les muscles de la face antérieure de l’avant-bras. Tendons déchirés. Esquilles nombreuses. Il n’est pas question de sauver les mouvements futurs de l’avant-bras. Mais, l’artère cubitale, le nerf cubital, et le nerf médian étant intacts, étant donné qu’il y a des mouvements des doigts, on tente un nettoyage du foyer de broiement pour tächer de conserver la main et les mouvements des doigts. Il s’agit du bras gauche, mais le blessé est entièrement gaucher. La plaie ne semble pas très souillée, mais le broiement est considérable.

Intervention le 9 mai 1931, à 17 heures (op. : Davroup).

19 Incisions verticales aux 2 extrémités de la plaie. Relèvement de 2 lambeaux cutanés. Ablation de nombreuses et grosses esquilles ; 2° nettoyage de la partie externe de la plaie : on lie la radiale. Régularisation des extrémités osseuses du radius. Le fléchisseur propre du pouce est broyé. Le grand palmaire est intact ; 39 nettoyage du foyer cubital : artère cubitale et le cubital sont

intacts. Nettoyage et résection des extrémités osseuses :

du cubitus. Ablation d’esquilles ; 4° nettoyage du fléchisseur commun partiellement broyé. Quelques points pour recouvrir le median ; 5° Ostéosynthèse par une petite plaque de Sherman à 4 vis sur la face antérieure du radius. Tamponnement. Une mèche vaselinée au contact de la plaque ; 60 Tamponnement du foyer de fracture cubital. Pas de synthèse sur le cubitus. Le tamponnement passe à travers le fléchisseur profond ce qui permet de recouvrir de quelques points le paquet cubital. Pansement à plat. Pas de plâtre |

Suites immédiates, très bonnes Température autour de 390 pendant quelques jours, manifestement en rapport avec un abcès de la cuisse développé au niveau d’une injection de sérum

éhtimiithontut: dom td de

La plaie est d’abord pansée tous les jours Pas de suppuration puis à partir du 62 jour, plâtre et pansements rares.

9 juin 1931. Suppuration très minime Le blessé sort de l’hôpital, toujours plâtré Traitement ambulatoire

Fin de juin Le blessé est chez lui Pas de fièvre Plaie en bon état bourgeonnante Plaque à peu près complètement recouverte

10 août 1931. Ablation de la plaque

Octobre 1931. Petite suppuration Pas d’élimination de séquestre, consolidation osseuse bonne du radius

Pseudarthrose cubitale. mouvements de pro-supination très appréciables.

Janvier 82, Plaie fermée Revu le 27 décembre 1932,

Consolidation parfaite du radius. qui est un peu plus incurvé que normalement. Cicatrice adhérente au radius (n’a jamais suinté depuis janvier).

Pseudarthrose providentielle du cubitus, permettant une pro-supination presque complète. Mouvements de préhension et des doigts bons, sauf pour le pouce. Pas d’œdème, poignet raide. Diminution de la sensibilité dans le domaine du radial.

Le blessé de gaucher est devenu droitier. Il a repris, sans aucune gène, son métier de mécanicien de la marine marchande.

Résultat final : Bon.

OgsEervaTion V. — La Pitié, service du PT. LENORMANT.

Tr... Emile, 35 ans.

Renversé par une auto le 21 mai 1931. Entre à la Pitié 1 heure après. Fracture ouverte de la jambe droite à

l’union du tiers moyen et du tiers inférieur, avec plaie postéro-interne, et issue des fragments.

Intervention 1 h. 1 /2 après l'accident (op. : M. Wizmoru).

Excision des bords de la plaie. Nettoyage à la curette des fragments qui sont assez souillés (poils). Ablation du tissu cellulaire et des fibres musculaires dilacérées. Il y a un gros fragment intermédiaire losangique qui a basculé complètement, mais qui reste adhérent par son périoste. Toute réduction est instable à cause de la disposition des fragments. On solidarise d’abord le fragment intermédiaire avec le supérieur par une lame de Parham. Cela fait, on peut accrocher le fragment inférieur et maintenir la réduction de façon satisfaisante par une autre lame de Parham. Une 3€ lame est placée par sécurité entre les 2 autres. Pansement à plat. Atelle de Bæckel.

Suites opératoires, simples. Apyrexie. Pansements rares. Plâtre.

19 juin 1931, Ablation des lames. L’os est découvert sur 4 centimètres et 2 lames sont seulement visibles. Tout autour la plaie bourgeonne bien et ne suppure pas. Seule la lame supérieure est recouverte par de l’os périostique. Pansement à plat, sort de la Pitié le 23 août 1931 : suppuration persistante mais consolidation effectuée. On laisse, par sécurité un appareil de Delbet une quinzaine de jours.

Marche sans plâtre à partir de septembre 1931.

Pendant un an : marche bonne, jambe solide, mais suppuration persistante, issue spontanée de petites esquilles.

Pour essayer de mettre fin à cette ostéite persistante, on réintervient sur le foyer le 5 décembre 1932 : petit abcès sous-cutané de la face interne de la jambe qui s’est ouvert spontanément et a donné issue à un séquestre. Tibia solide, hyperostosé. Une radiographie montre une géode en pleine diaphyse. Excision de l’orifice fistuleux. Il existe un tunnel à la face interne du tibia rempli de fongosités. La voûte du

tunnel est enlevée à la pince gouge, les fongosités à la curette. On régularise les parois. Mèche iodoformée.

État actuel, 25 janvier 1933.

Marche bonne, sans boiterie. Consolidation bonne.

Un peu d’æœdème vespéral.

Raccourcissement nul. Axe parfait.

Genou et tibio-tarsienne souples.

Plaie bourgeonnante de 3 centimètres sur 1 centimètre, sans trajet osseux, suppuration presque tarie.

Résultat : Bon.

OsservarTion VI. — Hôpital Tenon, service du D? Roux-BERGER.

Lev... Eugène, 51 ans.

Fracture ouverte de jambe au quart inférieur, par accident de motocyclette, entré d'urgence le 23 mai 1931.

Broiement considérable avec très large plaie antéro-interne très étendue en hauteur, très contuse. Broiement de toute la loge antéro-externe et d’une partie de la loge postérieure.

État de shock notable. On remonte le blessé et on opère

à la 5€ heure.

Intervention (op. : Moyse).

Rachianesthésie. Régularisation de la vaste brèche cutanée. Débridement en dedans et en dehors. Les masses musculaires antérieures doivent être excisées complètement sur 8 centimètres de haut.

Excision d’une partie de la loge postérieure.

On enlève une esquille de 4 centimètres, comprenant toute l'épaisseur de la diaphyse tibiale, et qui est complètement détachée.

Les lésions sont telles que se pose la question de l’ampu-

tation immédiate. Mais, les vaisseaux tibiaux postérieurs étants intacts, on tente la conservation.

Régularisation des muscles et des extrémités osseuses, qui restent séparées par plusieurs centimètres. On parvient cependant à rapprocher les fragments et on les fixe par une plaque de Sherman. On ne peut mettre qu’une petite plaque à 4 vis, étant donnée la situation très basse, supramalléolaire de la fracture.

: Pansement à plat, 2 mèches vaselinées au contact du foyer. Gouttière métallique.

31 mai. 17 pansement le 8e jour. Pas de douleurs. La température n’a pas atteint 380, On fait le pansement sous rachianesthésie et on pose une gouttière plâtrée.

10 juillet (48e jour). Le blessé n’a eu aucun pansement depuis la pose du plâtre (40 jours). L'évolution a été constamment apyrétique. |

Pansement : suppuration moyennement abondante, mais au-dessous bourgeonnement des parties molles qui recouvrent en partie la plaque. Ablation de la plaque. 2 vis tiennent, 2 vis foirent un peu. Le cal paraît très mou. On change le plâtre.

18 juillet. Radiographie : pas de cal apparent.

3 août. On enlève le plâtre. Pas de consolidation, Suppuration persistante, mais moindre.

25 août. Plaie en très bon état. Suppuration presque tarie. Consolidation incomplète.

Novembre. Consolidation partielle, Décembre. Marche avec un appareil de Delbet.

Î8 janvier 1932, Consolidation.

Plaie fermée fin avril 1932.

Sorti de l'hôpital le 7 mai 1932, marchant sans plâtre, après avoir subi en avril une greffe italienne (peau prélevée

sur l’autre jambe). Résultat très bon de la greffe. Peau de bonne qualité, n’ayant jamais suinté depuis lors. Reprise du travail en septembre 1932.

Revu le 9 janvier 1933. Marche bonne, sans boiterie appréciable, grâce à une chaussure orthopédique, que compense un raccourcissement de 4 centimètres. Un peu d’œdème vesperal. Consolidation bonne. Axe : bon de profil. De face, la partie inférieure de la jambe est légèrement en varus. Genou et tibio-tarsienne souples.

Résultat final : Bon.

OssEervarTion VII. — Hôpital Tenon, service du D' Roux- BEerGer.

Mlle Go... Jeannette, 30 ans.

Le 23 mai 1931, à 14 heures, chute d’une grande hauteur (15 mètres). La blessée, vue à 16 heures, présente des lésions multiples :

19 Plaie large contuse du genou gauche, non articulaire. On l’explorera complètement au cours de l'intervention, on la régularisera, et on la suturera après drainage filiforme.

29 Fracture sus-condylienne, fermée, de la cuisse gauche,

30 Fracture ouverte de la jambe droite. Fracture basse avec issue du tibia hors d’une plaie contuse de la face interne de la jambe, de 5 centimètres de diamètre. En outre, à 4 centimètres au-dessus, autre petite plaie contuse. Aucun shock.

Intervention à la 4 heure (op. : Moyse).

Anesthésie générale. Débridement des 2 plaies que l’on réunit par une même incision. Nettoyage soigneux du foyer, Excision des muscles contus (peu importante). Lavage au sérum et à l’éther. La fracture tibiale est en biseau très oblique, à trait oblique en bas et en dedans et c’est la

pointe du fragment supérieur qui faisait saillie hors de la plaie. La réduction ne se maintenant pas, on place pour maintenir les fragments 2 lames de Parham. Réduction satisfaisante. Pansement à plat, sans aucune suture. Une mèche vaselinée au contact du foyer. Gouttière plâtrée.

Suites immédiates. Très bonnes. La température ne dépasse pas 380. Pas de douleurs. On installe la cuisse gauche dans un appareil de Rouvillois, en flexion et abduction moyenne.

La fracture ouverte de jambe est laissée sans pansement pendant 22 jours.

1eT pansement le 14 juin : Bon état local, suintement séro-purulent très minime.

Puis pansements espacés de 8 à 10 jours.

29 juillet (67€ jour). Ablation des 2 lames de Parham, qui sont entièrement recouvertes, mais les tissus superficiels sont friables. On enlève l'appareil de Rouvillois à gauche. La fracture de cuisse est consolidée, mais avec un cal en crosse antérieure légère.

6 septembre, sort de l’hôpital, marchant avec une canne. jambe solide. Plaie fermée.

Revue le 27 décembre 1932.

La plaie n’a jamais suinté de nouveau depuis la sortie de l’hôpital.

La blessée ne peut marcher qu'avec une canne, mais elle localise nettement sa gène au membre inférieur gauche (côté de la fracture fermée de cuisse) qui, raccourci, la force à boiter et la fatigue très rapidement.

À gauche : cal solide, volumineux. Raccourcissement de 6 centimètres; à droite : pas de raccourcissement.

Axe : bon de face, de profil légère angulation ouverte en avant.

Cicatrice adhérente.

Genou souple. Tibio-tarsienne un peu enraidie.

Résultat : Bon

Ogservarion VIII. — Hôpital Lariboisière, service du Dr Wirarr.

Man... Marcel, 34 ans.

Accident de motocyclette le 11 janvier 1932. Fracture ouverte de jambe au tiers inférieur. 3 orifices cutanés : 2 punctiformes au ras du bord postérieur du tibia. Un plus large à la face externe de la jambe, par où sort du muscle déchiré.

Intervention à la 2° heure (op. : Moÿse).

Rachianesthésie. Débridement de la plaie antéro-externe en rejoignant l’orifice interne inférieur. Régularisation des bords. Excision du muscle déchiré ou contus. Il y a ouverture de la loge postérieure et légère attrition musculaire, mais les vaisseaux tibiaux postérieurs sont intacts. La fracture est transversale, irrégulière. Ablation de 2 petites esquilles libres. La fracture ne se maintenant pas réduite malgré l’engrènement relativement bon des fragments, et le foyer de fracture étant largement exposé par l’excision musculaire pratiquée, on place une plaque métallique à 6 vis (plaque de Wiart), mais on ne place pas la vis la plus proche du trait de part et d’autre de celui-ci (4 vis en tout). Pansement à plat. Une mèche vaselinée au contact du foyer. Gouttière plâtrée

Suites. Pas de fièvre. Pas de douleurs.

Pansements rares.

1e pansement : le 152 jour.

2e pansement : le 50€ jour. Le 1€ mars 1932, sous rachianesthésie. |

Ablation de la plaque. Celle-ci est recouverte aux troisquarts par des bourgeons charnus. Une seule vis foire un peu. Consolidation partielle. Plâtre.

à avril. Ablation d’un petit séquestre lamellaire de 3 centimètres de hauteur, 10 mai. Consolidation effectuée (en 4 mois) en bonne position. | On place un appareil de Delbet et on autorise la marche Août 32. Suppression du plâtre, marche sans boiterie, Léger suintement de la plaie.

Plaie totalement et définitivement fermée en octobre1932 Reprise du travail en novembre 1932. Incapacité : 10 mois.

Revu le 24 janvier 1933.

Marche bonne, sans canne. sans boiterie, sans fatigue.

Pas d’œdème. Cicatrice adhérente.

Axe : parfait dans les 2 sens,

Raccourcissement : 1 centimètre,

Genou souple. Tibio-tarsienne un peu douloureuse et enraidie. ;

Résultat : Très bon.

OsservarTion IX. — Hôpital Tenon. Service du Dr Roux-Bercer.

Mne Ber..., 38 ans.

Entre d’urgence le 8 mars 1932, avec une fracture ouverte basse de la jambe gauche. Plaie punctiforme, non souillée.

Intervention à la 2€ heure (op. : Jourpan).

Rachianesthésie. Excision de la plaie. Agrandissement

LR >

pour avoir une incision de 10 centimètres environ. Nettoyage. Épluchage. Il s’agit d’une fracture oblique, avec fissure partant du sommet du V. Réduction facile mais contention impossible. On met en place une plaque de Sherman à 6 vis.

Coaptation bonne. Ostéosynthèse facile, peu traumatisante. 3

La plaie est laissée ouverte, avec des crins en atlente.

11 mars. Suture primitive retardée au 3€ jour. La plaie a bon aspect, ne présente aucun point suspect. Les crins sont modérément serrés.

26 mars. Légère fièvre. On vérifie le pansement. La partie moyenne de la plaie est désunie et suppure légèrement. Ablation des crins.

Écartement des lèvres de la plaie. Nettoyage au Dakin. La plaque est à nu à sa partie moyenne.

La plaque en enlevée le 50€ jour.

Cicatrisation lente de la plaie, avec 2 petites zones d’ostéite sous jacente, sans élimination de séquestre.

Consolidation très lente. Effectuée en septembre.

15 octobre. Suppuration minime, mais persistante.

Évidement osseux au ciseau : il existe des zones d’ostéite très localisées au niveau des 6 trous de vis (d’ailleurs visibles à la radiographie).

A partir de cet évidement, cicatrisation rapide. La plaie est fermée deux mois plus tard.

Le 24 décembre 1932 sort de l'hôpital.

Marche mal. Ce résultat fonctionnel assez mauvais est un rapport en partie avec un psychisme déficient et une impossibilité de rééducation.

Plaie fermée. Cicatrice adhérente. Un peu d’œdème.

Axe : correct. Raccourcissement nul.

Légère raideur du genou et du cou-de-pied.

Résultat : assez bon.

OBsErvATION X. — Hôpital Lariboisière. Service du Dr Sauvé.

Lan... Julien, 43 ans,

Entre à Lariboisière le 24 avril 1932, ayant reçu un violent coup de pied sur la jambe 2 heures auparavant. Fracture ouverte de jambe à l’union du tiers moyen et du tiers inférieur. Plaie oblique, assez nette de 3 centimètres environ, par où pointe le fragment supérieur.

Intervention (op. : Moÿse)..

Rachianesthésie, Débridement de la plaie à ses 2 angles, mettant facilement à découvert le foyer. Nettoyage, régularisation. Les muscles sont peu contus. On est cependant forcé de réséquer un peu des muscles postérieurs. Les vaisseaux tibiaux sont intacts. Il s’agit d’une fracture oblique, habituelle. Après réduction facile, les fragments ne se maintenant pas, on les fixe par une lame de Parham. Maintien correct de la réduction. Une compresse vaselinée au contact du foyer. Pansement à plat. Gouttière plâtrée.

Suites. Sans aucun incident. La température atteint au maximum 38,1 puis descend franchement à 37. Pas de douleurs.

Radiographie le 27 avril : Réduction correcte.

Le 5 mai (112 jour). 1er pansement. Suppuration très minime. La lame n’est plus visible recouverte par des bourgeons charnus. Pansements rares. On pratique seulement 2 pansements (5 mai, 26 mai) jusqu’à l’ablation de la lame.

10 juin (49° jour). Lame entièrement recouverte par des bourgeons charnus et rouges de bon aspect. Pas de suppuration.

À la rugine, on dégage l’os très facilement (sans anesthésie) et on enlève la lame qui tient très solidement dans la profondeur. On laisse la gouttière plâtrée.

24 juin (60€ jour). Consolidation complète.

30 juin, sort de l'hôpital, marchant avec un appareil de Delbet.

État actuel 16 décembre 1932. (8 mois après).

La plaie est restée totalement fermée.

Marche bonne. Cependant fatigabilité plus rapide du côté blessé.

Œdème dur, persistant.

Axe bon. De face et de profil.

Cal solide. volumineux.

Genou et tibio-tarsienne : fonctionnent normalement.

Résultat final : très bon.

OgservaTION XI. — La Pitié. Service du D' CHevrier.

Gar.. Alfred. 36 ans.

Blessé entrant à la Pitié le 28 mai 1932, présentant à la fois :

19 Une très grosse contusion cérébrale sans signes de localisation et sans signes immédiatement alarmants.

20 Des plaies de la face, que l’on suturera à la fin de l'intervention.

30 Une fracture ouverte de la jambe gauche, avec issue du fragment supérieur sur 6 à 7 centimètres. Plaie transversale à l’union du tiers moyen et du tiers inférieur.

Intervention à la 32 heure (op. : DARFEUILLE).

Anesthésie générale. Nettoyage. Excision des bords de la plaie.

Débridement vers le haut et vers le bas. L’attrition intéresse seulement les muscles de la loge antérieure. d’ailleurs peu mâchurés. Le décollement cutané est peu étendu. On excise les débris sous-cutanés et les fragments musculaires

Lu, 3 AUS 0

jusqu’en muscle sain. La fracture est en biseau en V court; le V rentrant sur le fragment inférieur.

La surface médullaire est essuyée à la compresse montée imbibée de sérum chaud. On retire 2 petites esquilles insignifiantes.

La réduction, facile à obtenir, ne peut être maintenue.

On place (à défaut d’un fixateur externe qui aurait eu là une indication certaine) une plaque de Sherman à 6 vis. On borde le tibia, de part et d’autre, avec de la gaze iodoformée. La peau n’est pas rapprochée. Compresses et bandes vaselinées. Plâtre.

Suites. Agitation extrême du blessé. Mouvements de trombone de la jambe dans le plâtre, et bien qu’on ait resserré celui-ci avec des bandes de diachylon, le blessé fait sauter les 3 vis du fragment inférieur et les 2 os chevauchent à nouveau (7€ au 10€ jour). Du 1er au 10€ jour, fièvre, suintement de la plaie prenant rapidement un caractère purulent. Mèches au Dakin.

Le 10 jour, sous anesthésie générale, on visse à nouveau la plaque dans les mêmes trous, et on serre rapidement sur elle 2 fils de bronze. On applique un pansement très occlusif en bandes vaselinées. On place ensuite un plâtre à anses latérales, dégageant entièrement le pansement, prenant tout le pied et remontant jusqu’en haut de la cuisse. Aussitôt le plâtre pris, la bande vaselinée est déroulée et tout le matériel métallique en place est retiré. La coaptation des fragments se maintient très bien.

Pansements journaliers, irrigations au Dakin.

L'os est noir au contact de la plaque et il sourd du pus par les orifices des vis.

Curettage superficiel sous anesthésie pour enlever tous les dépôts métalliques noirâtres.

Peu à peu, mais fort lentement, la plaie se déterge,

En août, ablation d’une esquille superficielle ayant la

forme de la plaque. À ce moment les 2 fragments ont joué lun sur l’autre sans perdre cependant tout contact et l’axe est parfait.

Fin septembre, plaie complètement fermée,

Janvier 1933. La plaie ne coule pratiquement plus. Mais lors d’un pansement, on retire 2 petites esquilles insignifiantes.

Le blessé marche avec un appareil de Delbet,

Plâtre enlevé définitivement le 25 février 1933.

État actuel, fin mars 1933.

Marche sans plâtre, mais boîte, et jambe facilement fatiguée. |

Raccourcissement : 1 em, 1 /2. Œdème malléolaire, Axe : assez bon de profil. De face, déviation légère en dedans du pied. Plaie fermée. Cicatrice rose de bon aspect.

Résultat : assez bon.

IT. Fractures ouvertes anciennes infectées

Osservarion XII. — La Pitié, Service du professeur LENORMANT.

Bel... Jean, 44 ans.

Le 24 août 1928, tombe d’un tramway en marche. Entre d'urgence à la Pitié. Fracture ouverte de la jambe gauche avec plaie antéro-externe de la partie moyenne de la jambe.

Opéré à la 112 heure. Suture partielle après désinfection, débridement et nettoyage chirurgical du foyer. Drainage filiforme. Plâtre. Dans les jours qui suivent, suppuration.

On réintervient au 22 mois, parce qu’il n’y a pas trace de consolidation et qu’il éxiste une fistule conduisant sur le foyer tibial. La radiographie montre un chevauchement des

Pierre Moyse 9

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