‹ Contribution à l'Étude de l'Otoméningite AiguéChapitre 8 sur 19 · DE EE · texte numérisé non relu

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belleux de la méningite, il devient presque impossible de diagnostiquer l’associalion, d’ailleurs assez fréquente, des deux ordres de lésions.

La thrombose ou la phlébite des sinus ‘ fournit aussi un élé ment au diagnostie différentiel.

« Le diagnostic de la thrombose du sinus latéral est probable, dit Politzer?, s’il survient des frissons à plusieurs reprises, suivis d’une température fébrile élevée, surtout s’il y a en même temps des métastases dans d’autres organes. Le diagnostic certain ne s'établit que par la constatation de la présence d’un thrombus résistant dans la veine jugulaire..... Tandis que, dans la méningite et l’abcès du cerveau, il n’y a jamais des frissons aussi intenses et des températures de fièvre aussi élevées que dans lathrombose des sinus ; les troubles cérébraux dans celle-ci sont peu marqués, et la connaissance n’est souvent pas altérée jusqu'aux derniers moments. ».

Telles sont les complications cérébrales de l’otite auxquelles on pourrait fréquemment confondre l’otoméningite. Mais ces maladies locales ne sont pas les seules avec lesquelles une confusion puisse avoir lieu. L'otoméningite revêt quelquefois le masque d’une affection générale.

Voici, par exemple, un cas dans lequel le diagnostic avec une fièvre typhoïde a donné lieu à quelques difficultés ; la discussion qui suivra l'exposé de ce fait résumera les caractères différentiels :

OBSERVATION I1 (personnelle).

Méningite suppurée consécutive à une otite grippale. — Mort, — Autopsie. Déj..., 24 ans, soldat depuis quelques mois au 122° de ligne,

4 Sentex ; Thèse de Paris, 1865, n° 130.

3 Politzer; loc. cit., pag. 495.

io entre, le 17 avril 1890, dans le service de M. le professeur Grasset, où il occupe le n° 2 de la salle Tisson. -

On ne retrouve, dans ses antécédents héréditaires, aucune affection diathésique. Il possède une excellente constitution et n’a jamais été malade jusqu’à la fin de l’année dernière ; dans son enfance, il n’a contracté aucune des fièvres éruptives.

En décembre 1889, il fut atteint de la grippe et présenta comme complication une otite double, qui a provoqué pendant quelques jours une surdité à peu près complète. Bientôt rétabli, le malade est allé en convalescence, puis a repris son service, sans présenter d’autres phénomènes pathologiques qu’un certain degré de surdité.

Dans les premiers jours d’avril, des douleurs d’oreille surviennent et un écoulement purulent reparaît en même temps que la surdité s’accentue. La suppuration commence par l'oreille gauche; bientôt l'oreille droite suppure à son tour.

Vers le 10 avril, le malade est pris d’une violente céphalalgie, de fièvre et de vomissements ; l’appétit est nul; il existe de la constipation. Au bout de peu de jours, les vomissements

cessent ; mais la céphalalgie et la fièvre persistent, la constipa-

tion se maintient ; l'intensité de la céphalalgie provoque une agitation habituelle, à laquelle succèdent de la torpeur et de l'abattement durant les rémissions de la céphalée ; enfin, des épistaxis répétées se produisent.

Déj.. est envoyé dans le service médical le 17 avril, avec le diagnostic de fièvre typhoïde. Le thermomètre est monté, la veille au soir, à 39°,7, etle matin du même jour, à 38°,6.

Le jour de son entrée (septième jour de la maladie), à la visite de l'après-midi, la température est à 39°,2 ; on compte 60 pulsations.

La céphalalgie constitue le phénomène dominant ; la douleur est insupportable, elle occupe toute la surface crânienne et imprime à la physionomie du malade un aspect de souffrance et

op

d'angoisse qui frappe dès l’abord; les traits contractés, la face pâlie, il pousse des cris au moindre mouvement. Il s’agite pourtant et change à tout instant de place; depuis plusieurs nuits, il n’a pu fermer l'œil.

Le pouls, rare comme il a été dit, mais plein et régulier, contraste avec l'élévation de la température; la peau est sèche et brûlante.

La langue est blanche dans toute son étendue ; elle ne présente de rougeur ni à la pointe ni sur les bords ; pas de rougeur de l’arrière-sorge. Le ventre présente un aspect normal ; il ne se produit ni douleur ni gargouillement à la pression de lä fosse iliaque droite ; enfin, on ne conslate pas de taches rosées à la surface de l'abdomen.

Par contre, certains troubles vaso-moteurs sont bien marqués et l’on provoque avec la plus grande facilité la raie dite méningitique par le procédé habituel : une pression légère fait aussitôt apparaître une raie blanchâtre, encadrée par deux raies rouges, qui sont elles-mêmes entourées de zones d’anémie. Une fois apparue, la tache persiste plusieurs minutes.

Les deux oreilles sont le siège d’un écoulement purulent peu abondant; la pression des régions péri-auriculaires n’est pas douloureuse; il n’existe pas de signes de perforation du tympan.

Les pupilles sont égales, modérément dilatées et très contractiles.

Les organes thoraciques ne présentent rien d’anormal; on note simplement un peu de rudesse respiratoire aux deux bases.

En présence de ce complexus symptomatique, le diagnostic de fièvre typhoide est rejeté et l’on conclut à l'existence d’une méningite aiguë consécutive à une otite. Ge diagnostic est basé sur l'intensité de la céphalalgie, les vomissements du début, la constipation, le ralentissement du pouls et le trouble des fonctions vaso-motrices. La méningite étant ainsi affirmée, il est

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