‹ Contribution à l'Étude de l'Otoméningite AiguéChapitre 7 sur 19 · AG · texte numérisé non relu

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fréquente. On voit, d’autre part, signaler dans les recueils des faits où la méningite a succédé à diverses infections (typhique, rubéolique). Nous rapporterons plus loin (obs. x1). le récit détaillé d'une otoméningite grippale.

Chez l'enfant, l’otoméningite, comme son point de départ auriculaire, est presque toujours tuberculeuse; chez l'adulte, la nature des allérations otoméningées est plus variable.

Quels sont les symptômes de l’otoméningite ?

On sera peut-être étonné de nous voir traiter cette question d'une manière en quelque sorte accessoire, alors qu’on eût pu s'attendre à lire la symptomatologie dans un chapitre à part. C’est que l’otoméningite n’est pas une maladie spéciale : c’est un processus pathogénique constitué par la superposition de deux syndromes, par la combinaison de deux actes morbides, dont la symptomatologie isolée est banale et classique. Décrire en détail ses symptômes reviendrait à passer successivement en revue tous les caractères constitutifs: 1° de l’otite, 2° de la méningite. Nous préférons nous en tenir à une énumération rapide de ces signes, renvoyant pour le détail aux traités spéciaux d’otologie et de pathologie interne.

L'otite, par elle-même, donne naissance aux symptômes suivants : de la douleur, de l’agitation, de l’insomnie, une fièvre quelquefois très vive, des vertiges, des vomissements, des troubles nerveux. Souvent on constate les signes rationnels d’une perforation du tympan; l'écoulement présente une abondance variable, il est habituellement fétide. — La douleur est très vive quand l'inflammation se propage aux cellules mastoïdiennes ; elle s’accompagne alors de rougeur, de tuméfaction et d’empâtement dans la région rétro et sus-auriculaire.— Quand l'oreille interne et les canaux semi-circulaires sont envahis, on observe souvent les phénomènes giratoires et les symptômes caractéristiques de la maladie de Ménière,

AT (Pour ce qui concerne les phénomènes objectifs présentés par l'oreille dans les suppurations de l'oreille moyenne à issue funeste, déclare Politzer‘, on trouve fréquemment les symptômes décrits à propos de la carie, c’est-à-dire le rétrécissement du conduit auditif, l’obstruction de la lumière par des excroissances polypeuses et des granulations; dans les parties profondes, de l’exsudat fétide, de mauvaise couleur, quelquefois mélangé de sang, ou des masses visqueuses, caséeuses ; la membrane tympanique perforée, ainsi que la muqueuse de l'oreille moyenne, le plus souvent fortement hypertrophiée et exulcérée ; les parois osseuses du conduit auditif de la caisse en partie dénudées; le pourtour de l’oreille normal ou infiltré, traversé en un Ou plusieurs points par des canaux fistuleux. Rarement on ne trouve dans l'oreille que les modifications qui se présentent dans les simples suppurations de l’oreille sans complications. Gaehde a trouvé une fois la membrane du tympan intacte. »

La méningite otitique se traduit généralement par une céphalée, d’abord intermittente et partielle, puis généralisée et continue. Des vomissements biliaires ou muqueux en marquent également le début ; la constipation est habituelle. L’agitation et l’insomnie font rarement défaut ; les pupilles sont étroites; les troubles cérébraux offrent une variabilité très grande dans leur intensité et leur date d'apparition. La température n'offre rien de caractéristique ; la fièvre est souvent modérée dans les cas de méningite partielle ; elle est très vive dans la méningite de la convexité. Quant au pouls, il est presque toujours fréquent au début (Politzer), puis il se ralentit; enfin, il s'accélère de nouveau aux approches de la fièvre. Des contractures ou des paralysies siégeant en divers points se manifestent; souvent il se produit une névrite optique. Puis la respiration s’accélère et

2 Politzer; Traité des maladies de l'oreille, trad. franç., 1884, pag. 486.

AQU devient irrégulière ; la vessie et le rectum se paralysent; enfin la mort survient dans lé coma.

La marche de lotoméningite peut être lente ou rapide. La durée de l’évolution morbide est généralement courte lorsqu'il s’agit d'une suppuration aiguë de l'oreille moyenne; le processus n’est lent que dans un petit nombre de vieilles otorrhées.

La mort est l'issue la plus habituelle ; on peut même dire que la guérison constitue une exception fort rare. Cependant on a cité des cas d'amélioration persistante. ù

Politzer rapporte l'observation d’une jeune fille de 12 ans, souffrant d’une suppuration chronique de l'oreille moyenne droite, qui, au dire des parents, était depuis huit jours assoupie et sans connaissance, et qui fut guérie à la suite de lavages répétés de la caisse ; deux ans plus tard, elle succomba en six jours à une méningite.—Kippe signale trois cas analogues (Zeits. f. Ohrenheilk. Vol, VIIT. |

La guérison survient de préférence lorsqu'il s’agit d’une inflammation localisée des méninges, provoquée par la présence, dans le voisinage de ces membranes, d'une cause passagère d’irritation (séquestre, polype).

Quelles sont maintenantles affections avec lesquelles on pourrait confondre l’otoméningite aiguë généralisée ?

La simple rétention du pus, au cours d’une otite aiguë ou chronique, peut donner lieu à une partie de la symptomatologie qui caractérise l’inflammation des méninges ; on voitse produire, dans les cas de ce genre, de la céphalalgie, des vomissements, des convulsions, quelquefois même du coma ; les accidents cèdent comme par enchantement lorsqu'on à ouvert une voie aux produits de la suppuration. Le diagnostic se basera sur la brusquerie des phénomènes, l’absence de paralysies limitées, de troubles

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pupillaires et de névrite optique avec hyperémie veineuse du fond de l'œil.

Les abcès du cerveau ou du cervelet seront l’occasion d’un diagnostic différentiel plus compliqué. Ces abcès constituent, on le sait, l’une des complications fréquentes de l’otite et sont observés plus souvent que la méningite au cours des inflammations de l'oreille. D’après Lebert ‘, un quart des cas d’abcès du cerveau ne reconnaîtraient pas d'autre origine.

On retrouve dans cette complication la plupart des symptômes de la méningite, avec cette différence que la lésion cérébrale évolue souvent sans fièvre. De plus, la douleur céphalique et les phénomènes parétiques, qui manquent rarement, sont habituellement unilatéraux comme la lésion qui leur donne naissance. À part ces quelques signes différentiels, on constate, ici encore : des vertiges, de l’insomnie, des troubles intellectuels, des contractures et des paralysies pouvant porter sur les divers muscles des extrémités ou de la face, des accès éclamptiques, du strabisme, des troubles de la vue et du langage, du relâchement des sphincters. — Quand la fièvre existe, elle revêt la forme intermittente el s'accompagne de frissons.— La marche de ces lésions est souvent lente avec des rémissions. La mort peut se produire par suite de la rupture de l’abcès, ou par inflammation de voisinage, ou encore grâce aux progrès de la paralysie qui envahit le cœur et les muscles de la respiration. Quelques faits certains de guérison ont été publiés.

Les abcès du cervelet sont rarement isolés ; Desprès a cependant signalé un cas d’abcès initial. Hs traduisent leur présence, en sus des troubles précédents, par une céphalée siégeant de préférence à la région occipitale, et une prédominance du décubitus du côté de l’abcès.

S'il est difficile de distinguer les abcès cérébraux ou céré-

t Lebert ; Arch. de Virchow, tom. X.

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