‹ Contribution à l'étude de l'ouverture pariétale des cholécystites suppuréesChapitre 4 sur 29 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La première observation de phlegmon biliaire suivi de fistule nous a été léguée par Borrichius,en 1676.

Dans le courant du xvirr° siècle, nons trouvons un certain nombre de médecins qui ont rapporté des cas de fistules biliaires externes, parmi lesquels il convient de citer Jean-Louis Petit qui, en 1743, en publia six cas. Mais, à l'exception de ce dernier, il n’en est aucun qui se soit occupé de rechercher sérieusement les conditions dans lesquelles évoluait la maladie, et le remède à y apporter. L’affection était tout simplement considérée comme une rareté et une curiosité chirurgicales,

Dans la première partie du xix° siècle, nous trouvons encore quelques observations dues à Lespine (1810), Robert (1836), de Meersman (1840), Grandclaude, etc.

Cruveilher, qui en rapporte deux cas, commence timidement à s’occuper de l’anatomie pathologique, et propose même une division des fistules biliaires internes.

Jusqu'à cette époque, il n’est signalé aucun travail sur l'ouverture pariétale des cholécystites. Mais, avec les travaux de la dernière moitié du siècle, nous voyons apparaître une nouvelle préoccupation, celle de la nature

étiologique. C’est ainsi que Fauconneau-Dufresne, à qui

. revient l’honneur et le mérite d’avoir donné la première description des fistules biliaires, dans son Zraïté de l’affection calculeuse du foie,qui parut en 1851, insiste sur le rôle prépondérant des calculs dans leur production.

Murchison, en 1868, avec ses Leçons cliniques sur les maladies de foie ; MM. Barth et Besnier, dans leur Dictionnaire encyclopédique ; la thèse d’agrégation de Mossé (1880) ; les travaux de Cour voisier, apportent de nouveaux faits, et confirment les idées de Fauconneau-Dufresne.

Il faut arriver à ces dernières années pour voir naître des méthodes de traitement rationnelles et efficaces: La chirurgie hépatique, rendue possible par les progrès de l’antisepsie, reçoit une éclatante application dans les opérations de cholécystectomie, qui sont faites avec le succès le plus grand un peu de tous les côtés, notamment par Michaux, dans les fistules biliaires externes.

Nous avons eu l’occasion d'observer un cas d’une affection assez rare, et nous avons voulu la rapporter, en la comparant à quelques autres plus anciennes que nous avons pu réunir, de manière à dégager la physionomie clinique de la maladie. Les indications thérapeutiques, telles que les comporte la chirurgie moderne, feront

lcbjet du dernier chapitre de ce modeste travail.

ÉTIOLOGIE

Nous nous occuperons successivement de la fréquence de la maladie et des conditions de terrain qui favorisent son apparition,

Fréquence. — On peut dire que l’ouverture pariétale des cholécystites est une affection rare, et qui tend à le devenir de plus en plus, grâce aux progrès récents de la chirurgie du foie. Il est, en effet, évident, qu’à l’époque actuelle, une cholécystite observée à temps a beaucoup moins de chance qu’aux époques antérieures d'arriver à la fistulisation cutanée,quand on prévient cette dernière éventualité par d’énergiques moyens. De plus, la médecine, notamment la médecine hydro-minérale, perfectionne chaque jour ses armes de combat contre les affections hépatiques, et en particulier contre la lithiase.

Fauconxeau-DurREsNE avait déjà, en 1851, collectionné 26 observations de fistules biliaires externes.

MM. Barra et Besnier, dans leur Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales (1868), en réunissent 30 cas.

MuroisoN, qui avait eu l’occasion d’en observer trois cas, rapporte que dans ses recherches il fut amené à en

découvrir 86 autres,

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Mossé, dans sa thèse d’aggrégation de 1880, cite les 89 cas réunis par Murchison, et déclare pouvoir ajouter à la statistique de cet auteur 32 cas nouveaux.

Enfin, Courvoisier a pu en réunir jusqu’à 184.

Ce qu’il serait intéressant de connaître, c’est la fréquence relative des fistules biliaires cutanées comparée à celle des fistules biliaires internes. Si nous consultons à cet égard l'intéressante statistique de Mossé, nous voyons que, pour 421 cas de fistules cutanées, l’auteur rapporte seulement 85 cas de fistules internes.

Les fistules cutanées sont donc les plus nombreuses, comparées aux fistules internes. Il est vrai de dire qu’un grand nombre de perforations de la vésicule à l’intérieur ont dû passer inaperçues, et prises pour d’autres affections, le diagnostic étant infiniment plus facile pour les fistules cutanées.

Conditions de terrain. — Les fistules biliaires cutanées se montrent en général chez les lithiasiques. La grande majorité des observations fait voir en général la sortie d’un ou plusieurs calculs à la suite de l’ouverture spontanée ou chirurgicale de l’abcès pariétal. C’est même grâce à la présence de calculs dans les replis des trajets fistuleux que ces fistules persistent indéfiniment,

Il arrive quelquefois que l’on n’observe la sortie d’aucun calcul pendant le cours de l’affection, mais que, une terminaison fatale survenant, l’autopsie révèle la nature calculeuse de la cholécystite.

C’est ainsi que sur les 184 cas réunis par Courvoisier, dans 180 d’entre eux, on observe la sortie des calculs ;

dans les 4 autres, on les retrouve à l’autopsie.

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